Numéro 130 - mai - juin 2005

 
 

FRONT EST

Khartoum mobilise ses réserves
Il est urgent d’empêcher l’aggravation de la situation dans l’Est. La communauté internationale a déjà sur les bras au Soudan, la solution de la crise au Darfour et la difficile mise en œuvre de la paix au Sud. Nul n’est besoin d’une troisième crise majeure. Khartoum devrait être poussé à négocier avec le Front Est au lieu de poursuivre ses manœuvres dilatoires ou de bavarder avec des groupes non représentatifs. L’enjeu stratégique que représente Port-Soudan, son port pétrolier,  l’oléoduc qui traverse tout l’Est pour atteindre ce port, et la route Khartoum Port-Soudan, est plus important que celui du Darfour. Le MLPS pourrait avoir une bonne influence sur ces pourparlers.
Parmi les manœuvres dilatoires, citons une conférence organisée par le gouvernement sur le développement de l’Est avec la participation des leaders traditionnels, mais sans les rebelles. Il a promis 88 millions de dollars en 3 ans pour le développement et la restauration de l’infrastructure. Cela n’a même pas satisfait les présents qui ne veulent pas que tout soit décidé de Khartoum. Toutefois ils étaient contents d’avoir pu parler librement. Les rebelles, auxquels s’est adjoint le Mouvement pour la Justice et l’Égalité (rebelle islamiste du Darfour), ont tué 15 personnes dont des fonctionnaires et kidnappé trois parlementaires à leur retour de la conférence. L’association de droits de l’Homme soudanaise SOAT fait remarquer que l’assassinat et l’enlèvement de civils sont des atteintes au droit humanitaire international et que de plus MJE rompt son accord de cessez-le feu. Les kidnappés seraient en Érythrée.
Pour le régime, cela annonce une attaque contre les cibles stratégiques désormais survolées par des hélicoptères de l’armée ; il a rappelé ses réservistes de l’Est, mais heureusement ne semble pas vouloir former des milices, ce dont nous le félicitons.
Une série d’incendies dont la cause est inconnue a eu lieu dans l’Est, l’État de Gedaref, brûlant des villages et un marché. La police enquête depuis le 13 mai et l’on n’a aucune nouvelle, ce qui pourrait sembler suspect.
Amnesty International a lancé un appel pour la libération ou l’inculpation des 16 membres du Congrès Béja qui furent arrêtés lors d’une manifestation pacifique à Port-Soudan en janvier (voir VS janv. fév.).


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