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Khartoum mobilise ses réserves
Il est urgent d’empêcher l’aggravation de la situation dans l’Est.
La communauté internationale a déjà sur les bras au
Soudan, la solution de la crise au Darfour et la difficile mise en œuvre
de la paix au Sud. Nul n’est besoin d’une troisième crise majeure.
Khartoum devrait être poussé à négocier avec le
Front Est au lieu de poursuivre ses manœuvres dilatoires ou de bavarder avec
des groupes non représentatifs. L’enjeu stratégique que représente
Port-Soudan, son port pétrolier, l’oléoduc qui traverse
tout l’Est pour atteindre ce port, et la route Khartoum Port-Soudan, est
plus important que celui du Darfour. Le MLPS pourrait avoir une bonne influence
sur ces pourparlers.
Parmi les manœuvres dilatoires, citons une conférence organisée
par le gouvernement sur le développement de l’Est avec la participation
des leaders traditionnels, mais sans les rebelles. Il a promis 88 millions
de dollars en 3 ans pour le développement et la restauration de l’infrastructure.
Cela n’a même pas satisfait les présents qui ne veulent pas
que tout soit décidé de Khartoum. Toutefois ils étaient
contents d’avoir pu parler librement. Les rebelles, auxquels s’est adjoint
le Mouvement pour la Justice et l’Égalité (rebelle islamiste
du Darfour), ont tué 15 personnes dont des fonctionnaires et kidnappé
trois parlementaires à leur retour de la conférence. L’association
de droits de l’Homme soudanaise SOAT fait remarquer que l’assassinat et l’enlèvement
de civils sont des atteintes au droit humanitaire international et que de
plus MJE rompt son accord de cessez-le feu. Les kidnappés seraient
en Érythrée.
Pour le régime, cela annonce une attaque contre les cibles stratégiques
désormais survolées par des hélicoptères de l’armée
; il a rappelé ses réservistes de l’Est, mais heureusement
ne semble pas vouloir former des milices, ce dont nous le félicitons.
Une série d’incendies dont la cause est inconnue a eu lieu dans l’Est,
l’État de Gedaref, brûlant des villages et un marché.
La police enquête depuis le 13 mai et l’on n’a aucune nouvelle, ce
qui pourrait sembler suspect.
Amnesty International a lancé un appel pour la libération ou
l’inculpation des 16 membres du Congrès Béja qui furent arrêtés
lors d’une manifestation pacifique à Port-Soudan en janvier (voir
VS janv. fév.).
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