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Democracy Now. Silverstein, sénateur
Payne,Booker,
(Traduit et résumé par VS)
Dans sa proposition de résolution sur le Soudan du 9 mai
2005, le Parlement Européen « demande instamment aux États-unis,
à la suite de ses réunions sur le terrorisme global avec le
responsable du gouvernement du Soudan pour la sécurité et les
services de renseignements qui est soupçonné de figurer sur
la liste des 51 noms de suspects de crimes de guerre, de ne pas réduire
ses engagements en vue de résoudre le conflit et de mettre un terme
à l’impunité au Darfour ».
Comme nous l’avons souvent rapporté, l’administration Clinton avait
déjà crée des liens avec les services de renseignement
soudanais, bien que le Soudan fût sous sanctions des Nations Unies
pour la tentative d’assassinat de Moubarak et sur la liste américaine
des États qui soutenaient le terrorisme. A partir du 11 septembre
la CIA se souvint qu’Usama ben Laden avait habité au Soudan, que le
Soudan devait savoir des choses sur les terroristes ; le Soudan, de son côté,
craignait être le prochain sur la liste d’attaques américaines
après l’Afghanistan et fut prêt à aider la CIA, lui donnant
énormément d’informations y compris financières.
La lutte contre le terrorisme sur le territoire américain est la première
priorité des Américains. Les droits de l’homme des Soudanais
se trouvent en fin de liste. La CIA avait supprimé il y a 10 ou 12
ans presque tous ses postes d’Afrique. Maintenant elle dépend pour
ses informations du gouvernement soudanais. Récemment les liens semblent
s’être renforcés. Dans un geste très symbolique, un avion
de la CIA s’est rendu à Khartoum pour amener à Washington le
chef des renseignements soudanais Salah Abdallah Gosh pour une rencontre
de trois jours. Salah Abdallah est soupçonné d’être sur
la liste des 51 suspects de la Cour Pénale Internationale. Khartoum
s’est beaucoup vanté de cette visite. Les États-unis s’étaient
déjà abstenus de voter le maintien des sanctions pour la tentative
d’assassinat de Moubarak, permettant ainsi leur levée.
L’administration américaine veut normaliser les liens avec Khartoum.
Aussi s’est-elle concentrée sur la paix du Sud et a obtenu un accord
de paix, ce qui devait lui permettre d’enlever le Soudan de la liste des
États soutenant le terrorisme et accessoirement d’autoriser les pétroliers
américains à œuvrer au Soudan. Sur ce, l’affaire du Darfour
est arrivée. Poussée par l’opinion publique, l’administration
a dû en faire un peu. Elle en fit le moins possible. Elle envoya
le Secrétaire d’État assistant Robert Zoellick rencontrer le
vice président Taha le 14 avril, sans qu’on ait connu la teneur de
leurs entretiens. Mais interrogé par la presse, Zoellick dit que le
nombre de morts au Darfour se situait entre 60 000 et 160000 personnes,
un chiffre extraordinairement bas, destiné sans doute à minimiser
la crise. Cette déclaration suscita un tollé aux États-unis.
Le Congrès a voté à l’unanimité : «
les évènements du Darfour relèvent du génocide
». Colin Powell l’a dit plusieurs mois plus tard. Le Congrès
s’intéresse toujours à cette région. Par exemple il
a préparé une liste d’officiels de haut rang soudanais dont
il dit qu’ils sont impliqués dans les crimes de guerre et crimes contre
l’humanité, et a demandé sa propre liste à l’administration
– qui ne l’a pas donnée. Le Congrès a aussi demandé,
conformément à la résolution du Conseil de Sécurité,
des sanctions d’interdiction de voyage et de gel de comptes contre les personnes
responsables de ces crimes. L’administration n’a rien fait. Il a demandé
à l’administration de prendre des mesures pour un embargo sur les
armes contre le Soudan. Toujours rien.
Pour que les Nations Unies élargissent d’autorité, selon l’article
7, le mandat de l’Union Africaine, l’autorisant à protéger
les civils et à s’interposer entre les combattants, il faudrait que
les États-unis pressent la Russie et surtout la Chine. L’administration
s’en est bien gardée. Elle s’est même lavée les mains
du mandat réduit actuel, en disant les problèmes africains
aux Africains, sachant que l’Union Africaine, qu’elle se garde d’aider malgré
le vœu du Congrès, n’a ni la logistique ni le financement pour
une telle action. Maintenant le Congrès demande un Darfour Accountability
Act sur lequel Bush n’a toujours pas pris position. Condolezza Rice
a même refusé l’invitation de la Commission des Affaires Étrangères
du Congrès, pour parler du Soudan devant elle.
Un leader du Sénat a demandé un visa pour aller au Soudan qui
lui a été refusé. Comment peut-on avoir des liens
avec un pays qui dit que votre leader du Sénat n’est pas le bienvenu
?
(Depuis les États-unis ont prévenu le Soudan que les fonds
promis ne seraient pas donnés avant la paix au Darfour, ils ont aussi
promis 50 millions de dollars d’aide à l’Union Africaine pour son
action militaire au Soudan. Bien peu. De nombreuses associations américaines
ont écrit à la Maison-Blanche en demandant une action plus
énergique au Darfour, tandis qu’un sondage montrait que 86% des Américains
pensaient que leur administration ne devait pas rester passive devant un
génocide et que les pressions internationales s’intensifient. VS).
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