Numéro 128 - janvier - décembre 2005

 
 

DARFOUR
 

Pourparlers de paix
La paix au Darfour n’a fait aucun progrès. Dans la seconde moitié de décembre, au cours des pourparlers, Khartoum a lancé une grande offensive, utilisant ses forces aériennes et s’alliant à nouveau avec les janjawid. De nouvelles forces rebelles émergent.. Sous les pressions internationales, Khartoum avait finalement suspendu l’offensive avant de la reprendre à un moindre rythme. Les mouvements de libération enfin ne s’entendent pas sur leurs demandes, le MJE étant  islamiste, le MLS  laïc 
Le gouvernement se targue beaucoup de ses pourparlers de paix séparés et positifs avec le nouveau mouvement rebelle NMRD, il dit que les déplacés dus au NMRD rentrent. Les observateurs internationaux n’ont vu personne rentrer, au contraire de nouveaux déplacés affluent. Même cet accord bat de l’aile car Khartoum ne respecte pas le cessez-le feu

Pronk, le représentant des NU au Soudan, juge que la communauté internationale a commis des erreurs. Les sanctions doivent être utilisées avec plus de précautions, non pas comme mesure punitive mais comme moyen de faire changer les acteurs de comportement. Comment ? Il ne l’a pas dit. Pronk a rejoint l’analyse de beaucoup, dont Vigilance Soudan, en ajoutant diverses erreurs : la crise du Darfour a été considérée par les NU comme spécifique et non comme élément inhérent de l’équation politique soudanaise sans la résolution de laquelle il n’y aura pas d’accord de paix possible pour l’ensemble du Soudan ; il faudrait inclure les leaders tribaux dans les pourparlers ainsi que toutes les forces politiques et militaires. [Les janjawid pourraient même y être inclus. En tant qu’habitants du Darfour, un partage plus juste du pouvoir et des richesses serait aussi dans leur intérêt. Le MLS souligne qu’il agit contre Khartoum et non contre les tribus arabes]. Les parties, ajoute Pronk, doivent être convaincues que la paix est dans leur intérêt.

Dans l’enthousiasme de son retour du Sud, Béchir parla d’organiser un partage du pouvoir et des richesses avec le Darfour. Plus de nouvelles.
Garang a déclaré que quand il sera  premier vice-président, le gouvernement ne combattra plus le Darfour. Il négociera dans les conflits du pays « pour que le Sud bénéficie pleinement de la paix ». Taha dit aussi qu’il va s’occuper des pourparlers.  Retrouvera-t-on Garang et Taha côte à côte aux négociations du Darfour après avoir été face à face au Sud ?
Pour l’instant les rebelles refusent de reprendre les pourparlers ; ils veulent qu’ils aient lieu sous l’égide des Nations Unies ; ils prétendent que l’Union Africaine soutient Khartoum.

Combats
Les armes affluent de tous les côtés, le banditisme augmente, le conflit s’étend hors du Darfour. Des rebelles non identifiés ont attaqué des installations pétrolières au Darfour où il y a un petit triangle pétrolier au sud-est. Après la grande offensive gouvernementale de mi-décembre, qui a comporté des attaques aériennes de villages (100 tués dans l’un d’entre eux), les tribus arabes, janjawid, continuent à attaquer, violer, enlever, piller brûler. Les forces de surveillance de l’Union Africaine ne dépassent pas beaucoup un millier d’hommes alors que 3500 étaient prévus. Elles se contentent toujours d’enregistrer les violations du cessez-le feu – 46 du 24 novembre au 17 décembre – et n’ont pas autorité pour  faire plus et protéger les populations civiles. Notons qu’un officier français est vice-président de la commission d’observation du cessez-le feu.
Le Soudan vient d’annoncer qu’il retire ses bombardiers du Darfour, mais ni les hélicoptères, aussi meurtriers, ni les avions de reconnaissance.
 
  

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