Numéro 127 - novembre - décembre 2004

 
 

Autorité de ce énième cessez-le feu ?
 

Le MLS attaque parfois les convois humanitaires. Eux aussi ont besoin de nourriture et de médicaments. Ils gardent les travailleurs humanitaires en otages quelque temps en prétendant que ces travailleurs soudanais sont des espions. Tel qu’on connaît le gouvernement on ne serait pas surpris qu’il leur fasse du chantage pour obtenir des renseignements. A l’initiative, apparemment, d’un commandant rendu furieux par un pillage, le SLM avait pris contrôle au Nord Darfour de la ville de Tafila, après des combats contre, semble-t-il, des milices, tuant près de 30 officiers de police. Selon des civils et des travailleurs humanitaires fuyant la région, le gouvernement a répondu par des bombardements qui lui ont permis de reprendre la ville. Attaque du SLM aussi sur Masteiri, attirant une contre-attaque gouvernementale avec 18 mortiers dans le village. Le MJE a pris la ville de Gereida, avant de se retirer. Dans un camp de déplacés au Sud-Darfour, « des » rebelles ont attaqué un poste de police adjoignant un camp de déplacés. A Zalingei, on fit descendre de force plusieurs jeunes arabes d’un autobus. Le résultat fut l’Etat d’urgence dans tout le Nord Darfour (ce qui est surprenant, il existe déjà dans tout le Soudan) et l’interdiction de circuler, donc pour les NU d’apporter nourriture, couvertures de plastique, vaccins contre la polio. etc. Questions : les combattants MLS ne savent-ils pas qu’un cessez-le feu a été signé ? Le MLS peut-il arrêter ses nouvelles recrues, survivants de villages brûlés, massacrés, pillés, aux femmes violées, aux puits empoisonnés ? Cherche-t-il à être dans une meilleure position stratégique pour la suite des pourparlers ? Profite-t-il simplement de la fin de la saison des pluies ? Par contre, les attaques janjawid ont repris et des citoyens africains furent détenus plusieurs heures par les milices arabes.

Les Nations-Unies accusent tant le gouvernement que les rebelles de ne tenir aucun compte du cessez-le-feu et les tiennent pour responsables de la détérioration marquée de la situation sécuritaire. Les NU et l’UA disent que les exactions commises par les rebelles le sont éventuellement parfois par le Mouvement pour la Réforme et le Développement et par le nouveau groupe kordofani. Le gouvernement nie l’utilisation de son aviation, attestée par l’Union africaine.
Les janjawid se plaignent que le MLS razzie leurs chameaux, ce que ce dernier se croit, à tort, autorisé à faire étant donné l’usage qu’ils en ont fait.
 

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