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Numéro 127 - novembre - décembre
2004
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Conseil de Sécurité
« Le Soudan poursuit ses massacres,
l’Occident promet une aide et l’allégement
de la dette »
| Le 19 novembre, le Conseil de Sécurité s’est réuni
à Nairobi, à la demande de John Danforth, ancien envoyé
spécial de Bush au Soudan, ambassadeur des Etats-Unis auprès
des Nations-Unies, pour marquer l’importance accordée au Soudan.
Les Etats-Unis présidaient le Conseil de Sécurité.
Le même jour, le gouvernement soudanais et l’ALPS s’engageaient par
écrit à signer la paix au plus tard le 31 décembre
2004.
Après des hésitations britanniques dues à la fureur de Jack Straw qui avait vu le film de la BBC montrant l’attaque par le Soudan d’un camp de ses déplacés au Darfour, l’Occident a fait valoir que des pressions sur Khartoum concernant le millier de morts quotidiens dans ce même Darfour, perturberaient les pourparlers du Sud ; il craindrait aussi que ces pressions fassent tomber Béchir, entraînant la désintégration du Soudan, ce qui montre que la communauté internationale a bien assimilé la propagande soudanaise. Les précédentes résolutions avaient menacé le Soudan de sanctions s’il n’obtempérait pas au Darfour. Dans celle-ci, adoptée à l’unanimité, il n’en est plus question. Au contraire, il s’agit d’allégement de la dette et d’aide au développement dès la paix signée avec un commencement d’application. On se demande comment on empêchera Khartoum d’utiliser cet argent frais pour des achats d’armes à utiliser au Darfour. Kofi Annan et Danforth se sont hautement félicités de cette résolution. Selon Human Rights Watch, Khartoum la considérera comme un blanc-seing pour la poursuite des atrocités. Oxfam et des réfugiés soudanais ont tenu des propos semblables. Les trois principaux partis britanniques ont demandé à Blair d’oeuvrer pour des actions punitives. Deux bémols toutefois dans la Résolution, l’expression « comprenant que [si ?] les parties remplissent tous leurs engagements d’Abuja et de Ndjamena » - ceci concerne le Darfour. Le texte « envisage » aussi l’établissement d’une force de maintien de la paix des Nations-Unies, au Sud, - qui s’élèverait à 7000 hommes selon le Représentant des N-U au Soudan. Nul n’a parlé d’accord du Soudan. Cela n’a pas beaucoup plu à Khartoum qui peut se consoler : ce n’est pas encore fait et aucune mention n’a été faite, ni de la démocratie, ni des droits de l’homme. La réunion a au lieu en présence de Kofi Annan, du Président de l’Union africaine, des pays de l’IGAD et de l’Egypte, mais pas des rebelles du Darfour, leur présence étant « inappropriée » selon l’ambassadeur américain. Danforth, revenu de son euphorie première, s’est interrogé sur l’utilité du Conseil de Sécurité - bon pour formuler les problèmes, incapable d’y faire face -, et de l’Assemblée Générale des Nations-Unies après que celle-ci ait négligé de critiquer Khartoum pour sa politique des Droits de l’homme au Darfour, comme l’avait suggéré l’Union Européenne. Il est vrai que des pays comme l’Algérie et le Pakistan, qui souffrent des islamistes dans leurs pays, les ménagent à l’étranger, et que l’Union africaine a soupçonné l’Union Européenne d’avoir deux poids, deux mesures. Danforth a donné sa démission, « pour raisons familiales ». |