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Numéro 127 - novembre - décembre
2004
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Autres oppositions armées
| Des relations ambivalentes
S’ajoutant aux négociations par le gouvernement à Naivasha, Kenya, avec Garang et son MLPS, celles d’Abuja, Nigeria, avec les rebelles du Darfour, d’autres ont lieu au Caire, Egypte, avec l’Alliance Nationale Démocratique (AND), présidée par Osman el Mirghani qui préside aussi le parti Unioniste Démocratique. Cette alliance regroupe tous les anciens partis interdits par Khartoum, dont le MLPS et l’ALS [un des rebelles du Darfour], mais exceptant l’Umma qui s’en est séparée. Les négociations s’étaient interrompues quand l’AND avait admis en son sein l’ALS. C’est apparemment pardonné. Ces pourparlers font suite à l’accord cadre que le régime a signé avec Garang, chef du MLPS. Il prévoit, après la signature de la paix avec le Sud, un retour à la vie démocratique, avec un accord entre tous les partis pendant la période pré-intérimaire de six mois, et des élections libres trois ans après. Pour ce dernier point il existe toutefois dans l’accord cadre de paix des conditions suspensives peu claires. Comme les anciens partis du Nord quand ils étaient aux affaires, le gouvernement a concentré pouvoir et richesses dans les régions centrales qui se veulent arabes, le centre Nord autour de Khartoum et le long du Nil, délaissant les régions dites périphériques. Le défi à la puissance du gouvernement vient non pas tellement du Sud - le gouvernement compterait le manoeuvrer pour retourner à la situation antérieure, - mais des régions africaines. Le Soudan comporte 39 % d’arabes et 61% d’africains. Or le Darfour est rebelle, l’Est et le Kordofan, africains eux aussi, commencent à se soulever. Selon un analyste bien informé, les tractations auraient un autre but. Au Caire, il s’agirait plutôt pour Khartoum, tout en parlant de responsabilité nationale, d’arriver à une union des Soudanais arabes contre les Soudanais africains. Il conforterait ainsi son régime. Ce serait pour l’AND une molle acceptation de l’inacceptable. Comment l’opposition apprécie-t-elle l’extradition depuis les Emirats Arabes Unis, du chef de sa branche armée, actif sur la frontière érythréenne, le général Abd el Aziz Khalid , qui bien que n’étant plus membre de la direction de l’AND, conserve des liens avec elle ? Le Soudan avait demandé son extradition par Interpol pour avoir fait sauter des oléoducs,- que le général, dont le voeu le plus cher était de renverser le régime, pouvait considérer des cibles militaires légitimes. Nous sommes désagréablement surpris par l’action d’Interpol. Bien que le Soudan ait dit que le général serait amnistié selon la loi de 2000, on n’en a eu aucune nouvelle. A l’évidence, comme l’a dit Human Rights Watch, Abd el Aziz risque non seulement sa liberté d’expression, d’association et de mouvement, mais aussi la torture. Kordofan
Erythrée et Est
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