Numéro 126 - septembre - octobre 2004

 

Droits de l’Homme
 

Ces articles ne comprennent pas les violations infinies commises contre les « fauteurs de coup d’Etat», contre les habitants du Darfour, ou ceux du Sud.

La célèbre fondation allemande de droits de l’Homme Friedrich Ebert a décerné son prix annuel à Abel Alier qui négocia les pourparlers qui conduisirent à la paix de 1973. Il est membre du tribunal international de la Haye, ce qui lui donne à l’égard des forces de sécurité une certaine latitude pour critiquer le régime. L’autre récipiendaire du prix est le journaliste soudanais Mohamed Mahjoub Salih. Le discours a été fait par la ministre allemande de l’économie et de la coopération, Heide-Marie Wiescork Zeul, en présence de nombreux ambassadeurs, membres du Parlement, journalistes, représentants des ONG, et du public. La récompense leur a été attribuée pour leur courage exceptionnel et persistant et leur engagement pour la paix et les droits de l’Homme, « ils sont des symboles nationaux bien reconnus dans leur pays ».

Le rapport du Département d’Etat américain de 2004 sur les libertés religieuses, a maintenu le Soudan sur sa liste de pays où les gouvernements sont particulièrement engagés « dans des violations des libertés religieuses insignes, systématiques et continuelles ».

Le Sida devient un problème sérieux pour le Soudan (Al Anbaa 20 09).

Nord 
Le Journal Al Sahafa a été confisqué, sa première page a dû être changée et son éditeur a été arrêté. On ignore le contenu de l’article. On note que c’était au moment où le CNP avait accusé les autorités de fabriquer des accusations contre leur parti, ce que les autres journaux s’étaient abstenus d’imprimer. Béchir a supprimé toute censure sur les journaux en 2003 (UPI 12 09).

Depuis mi-2003, dans la banlieue d’Omdurman, un camp de déplacés appelé la paix, el salam par le gouvernement, Jabarona - mot à mot ils nous ont jetés là, - par les intéressés, comptant 120 000 déplacés, et un autre camp appelé Wad Beshir, comptant 74 000 déplacés, ont été détruits par le gouvernement avec leurs maisons, leurs écoles, leurs cliniques, leurs latrines qui laissent des trous putrides. Le prétexte est de créer un nouveau quartier avec eau et électricité qui tardent à venir. A Jabarona, où peu à peu les gens s’étaient construits des maisons en terre, 25 000 familles ont demandé une des nouvelles parcelles. Parmi elles seules 11 000 avaient les documents (acte de naissance etc.) et les 45 $ nécessaires. La grande majorité est laissée sans rien. Tous habitent maintenant des maisons en carton (IRIN 13 10).

Intermède à la tentative de coup d’Etat de septembre, 36 inculpés se retrouvaient devant la justice pour avoir, en mars cette fois, fait une tentative de coup d’Etat. Les accusés incluent-ils ces aviateurs Four qui ayant refusé de bombarder le Darfour se sont vus incriminer de tentative de coup d’Etat ? Tourabi, qui fait une grève de la faim depuis longtemps avec des entr’actes à l’hôpital, pour être emprisonné sans jugement, n’était pas au rang des accusés. Pourquoi ? Le régime veut-il prononcer des condamnations à mort et hésite-t-il à appliquer cette peine à Tourabi ? Redoute-t-il le talent de ce dernier devant le prétoire ? Son aura devant les juges ? Ou est-ce absence de preuves ? Béchir s’étant engagé à autoriser à nouveau le CNP s’il dénonçait Tourabi, il est à penser que, même sous la torture, ses membres ne l’ont pas accusé. Toutefois emporté par son élan Béchir a déclaré qu’il pouvait émettre un décret présidentiel et couper la tête de Tourabi sans être tourmenté par sa conscience. «  Mais nous avons établi des institutions et nous les laisserons faire leur travail ». Les inculpés nièrent les accusations et les 50 avocats de la défense protestèrent parce que 20 d’entre eux ainsi que les membres des familles n’étaient pas autorisés à entrer dans le prétoire « faute de place ». Ils demandant du temps parce que la défense devait être réorganisée, de nombreux avocats appartenant au CNP se trouvant désormais en prison (AFP 29 09, AP 30 09).

Sud
Cent mille déplacés sont déjà rentrés cette année et cent mille autres rentreront vraisemblablement d’ici la fin 2004 ; si la paix était signée, ce chiffre s’élèverait à 500 000 ; les déplacés penseraient que les premiers arrivés peuvent s’assurer des meilleures terres. Toutefois les Nations-unies ne sont pas du tout prêtes pour cela d’autant que les donateurs se sont orientés vers le secours au Darfour (AFP 30 08 / AP 11 09).

Le Civilian Protection Monitoring Team (CPMT) a accusé des groupes armés incluant l’armée, les renseignements militaires et des milices, de piller les biens de citoyens, de les intimider et de les harceler dans le royaume Shilluk (IRIN 07 10).
 
 

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