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Numéro 126 - septembre - octobre
2004
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Tentative de coup d’Etat ?
Une histoire extravagante
| On se souvient que Béchir avait limogé son ancien
mentor Hassan el Tourabi, en l’accusant, de tous les excès du régime
à l’étranger et dont il est plus que douteux que Béchir
n’ait pas été impliqué. Après quoi Tourabi,
qui avait fondé le parti au pouvoir, le parti du congrès
National (CN), institua dans l’opposition le Parti du Congrès National
Populaire (CNP). Il fut emprisonné pour avoir signé
avec Garang un mémorandum d’entente. Finalement relâché
il fut réemprisonné ainsi que certains membres du CNP, pour
avoir critiqué la politique gouvernementale au Darfour, et le CNP,
suspendu. En mars, les autorités soudanaises accusaient Tourabi
de soutenir l’un des mouvements rebelles du Darfour, le Mouvement pour
la Justice et l’Egalité (MJE), dont le chef, Khalil Ibrahim, qui
a reçu l’asile politique en France, fut un des disciples.
Certains membres emprisonnés du (CNP) avaient été
relâchés en juillet.
Le 8 septembre les autorités arrêtèrent 33 membres
du CNP. Peu après, selon ce parti, le nombre s’élevait à
70, puis à 189. Parmi eux des gens originaires du Darfour appartenant
aux tribus rebelles, surtout au MJE, des commerçants des marchands
de voitures d’occasion etc. Selon des officiels du parti et de sources
des forces de sécurité, c’était pour avoir conspiré
des sabotages avec « un pays voisin », finalement l’Erythrée,
importé et distribué des armes afin d’établir le chaos
dans la capitale et faire penser au peuple que le gouvernement avait «
lâché les rênes du pouvoir ». Depuis, la police,
les soldats et les forces de sécurité ont pris position un
peu partout dans Khartoum, fouillant les véhicules, les maisons,
les piétons, questionnant les gens sous le regard impassible de
la population.. Des tranchées furent creusées où s’étendirent
des soldats, l’arme au poing.
Après, dit-il, 6 jours d’incarcération, un membre du département juridique du CNP, Mohamed-Al-Hassan Al Amin, déclara « volontairement » le 24 septembre que le parti préparait un coup d’Etat pour ce même jour, à 2 heures de l’après-midi un vendredi, alors que tous les officiels sortiraient de la prière. Police, sécurité et armée bloquèrent toutes les voies menant à la résidence de Béchir, aux Forces Armées et aux bâtiments officiels. Le CNP nie avoir planifié un coup d’Etat et dit que Mohammed Al Hassan a été « forcé » de faire ces déclarations. Selon le ministre de l’intérieur le chef du complot est Al-Haj Adam Youssuf, ancien ministre de l’agriculture, en fuite ; la population était avisée que, ne pas donner des informations à son propos, est un crime punissable par la loi. Finalement le CNP affirma l’avoir exfiltré à l’étranger pour éviter à ses membres le harcèlement des forces de sécurité. Le ministère a indiqué que les personnes arrêtés avaient livré « des aveux détaillés », les projets d’assassiner 38 leaders du régime et de faire sauter des sites importants de Khartoum, centrale électrique, ministères et autres. Cette affaire paraît pour le moins bizarre. Les arrestations du
8 septembre semblent liées à un projet de mémorandum
sur la situation au Darfour et les pourparlers du Sud, qu’une cinquantaine
de membres et sympathisants du CNP ainsi que Ghazi Salah ed Dine, ancien
conseiller pour la paix du Président, se proposaient de remettre
à Béchir.
Tant de résultats positifs pour Béchir font vraiment douter
de la réalité de la tentative de coup d’Etat. C’est l’opinion
de l’homme de la rue et du MLPS. Mais, comme l’écrit Africa Confidential,
quel talent pour retourner à son avantage une situation particulièrement
difficile !
Bételgeuse |