Numéro 125 - juillet - août 2004

 
 

Pendant ce temps la France...
 

Chirac a pris deux décisions la veille du jour où la Résolution fut votée, à la demande semble-t-il du Tchad inquiet. Des soldats français pré-positionnés au Tchad ont été mobilisés à des fins humanitaires. Un avion de transport C130 chargé de 12 tonnes de matériel pour les réfugiés du Darfour a été envoyé plusieurs fois de N’Djamena à Abéché, à l’Est du Tchad avant que les hélicoptères français distribuent la nourriture dans les camps. Le 26 août,  le  poids s’élevait à 450 tonnes. L’UNHCR est extrêmement reconnaissant. La France donnera aussi un appui logistique aux observateurs de l’Union Africaine au Tchad. De plus, comme les janjawid franchissent souvent la frontière pour attaquer les réfugiés, 200 hommes sur les 950 se trouvant au Tchad, ont été déployés sur la frontière comme le demande depuis longtemps l’Union Européenne ; quelques soldats seraient venus de France dont une trentaine du 5ème régiment d’hélicoptères de combat. Ils disposent d’un appui aérien et sont assistés de soldats tchadiens. Deux cents hommes sont certes peu pour une telle frontière. «Nous voulons prouver que nous serons présents sur le terrain pour attester des incursions janjawid aux yeux du monde », avait déclaré l’ambassadeur de France au Tchad.
Nous n’en attendions pas tant, le ministre des Affaires Etrangères Michel Barnier, ne parlait naguère que d’apport d’aide humanitaire au Darfour. Il a changé de discours. Aurait-il appris par Amnesty International que de nombreuses personnes qui lui ont parlé lors de sa visite avaient été arrêtées pour ce fait ? « Il n’y aura pas de solution durable sans accord politique » a-t-il déclaré. Il a pressé le gouvernement et les rebelles de retourner à la table des négociations, et demandé à Khartoum de désarmer les janjawid. « L’Union Africaine et la communauté internationale, a -t-il ajouté, doivent mettre en place un mécanisme de surveillance approprié pour surveiller la mise en oeuvre du cessez-le-feu. Ceci peut conduire à un accroissement du nombre des troupes à être déployées et à un changement dans leur mission de la protection [des observateurs], au maintien de la paix ».  

Que fera le ministre pour mettre en oeuvre ces bonnes dispositions ?
 

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