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Numéro 124 - mai - juin 2004
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Droits de l’Homme ....
A la Commission des Nations-Unies
Indifférence totale des Etats Africains et
Arabes à la tragédie du Darfour
| A la réunion de la Commission des Droits de l‘Homme des Nations-Unies,
l’Union Européenne a proposé la nomination à nouveau
d’un Rapporteur Spécial, ce à quoi le Soudan s’est opposé
fermement : « Les bases [le nettoyage ethnique au Darfour]
sont fausses ». Le vote a été repoussé au 22
avril à la requête du groupe africain (Sudan Tribune 11 04,
PANA 14 04). En attendant la Commission a envoyé une mission d’enquête.
Dans un premier temps le gouvernement soudanais a refusé l’entrée
de son territoire à cette mission qui s’est contentée d’interviewer
des réfugiés au Tchad. Le président de la Commission,
Bertrand Ramcharan, a interdit la publication de ces premiers résultats.
Heureusement il y eut une fuite. Les Etats musulmans se sont indignés,
non du nettoyage ethnique, mais de la fuite. Malgré les instances
américaines, on en est arrivé à la décision
de se contenter de demander au gouvernement soudanais de désarmer
les milices, comme l’avait prévu l’accord de cessez-le-feu. Après
quoi, la résolution étant votée à l’unanimité
moins deux abstentions dont l’Australie et un vote contre, les Etats-Unis,
le gouvernement soudanais a autorisé l’entrée de la commission
sur son territoire, comptant qu’on en reparlerait, ou pas, à la
prochaine session et, selon Human Rights Watch, ayant acheté du
temps pour terminer le nettoyage ethnique. Mais les Etats-Unis ont fait
part de leur intention de demander, lors du retour de la mission, une nouvelle
réunion de la Commission, comme tout Etat en a le droit (AP 22 04,
AFP, AP, Reuter, 23 04).
Enfin, à l’indignation des organisations de Droits de l’Homme, le groupe régional africain a choisi le Soudan pour tenir un des sièges à la Commission des Nations-Unies pour les Droits de l’homme (Reuter AP 4 05). Les Etats-Unis ont quitté la séance en signe de protestation (Reuter 04 05). En fait l’Afrique perçoit que l’utilisation des droits de l’homme par les Etats-Unis et l’Europe est une arme politique contre elle. Il est vrai que l’on parle peu des violations des droits de l’homme qui surviennent en Arabie séoudite ou au Pakistan. On parle plus des présidents africains qui accordent des contrats juteux à leurs amis que du président des Etats-Unis qui fait de même. Guantanamo et les prisons irakiennes ne sont pas des modèles de respect des droits de l’homme. Aussi est-ce sans résultat que l’Eglise catholique sud-africaine a écrit à son gouvernement pour lui faire valoir que dans sa lutte contre l’apartheid, l’Afrique du Sud avait eu besoin de ses voisins et non de leur solidarité avec le gouvernement. On retiendra toutefois que le Soudan est plus proche de la Ligue Arabe que de l’Union africaine, et que les pays africains sont probablement très mal informés sur ce qui se passe au Soudan |