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Numéro 124 - mai - juin 2004
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Les survivants décrivent des massacres commis
par l’armée et les milices
Julie Flint The Daily Star
| Il était passé minuit quand le fermier atteignit son
village de Dileij, dans la région de Wadi Saleh au centre Darfour
après avoir rampé pendant des heures sous le couvert de l’obscurité.
Couvert de sang, une blessure de balle au cou, il raconta qu’il était
le seul survivant parmi 72 Africains sans armes qui avait été
emmenés en camion par des soldats gouvernementaux et des miliciens.
« Ils nous ont conduits dans une vallée à 2 kilomètres
au sud de Dileij. Ils nous ont alignés, fait agenouiller, courber
la tête - et nous ont tiré dessus par derrière. Je
fus laissé pour mort ».
Le même jour 65 autres hommes appartenant à la tribu Fur furent massacrés dans la région de Mujgir, à l’est de Dileij. Neuf chefs Fur qui avaient été arrêtés furent fusillés dans les prisons de Mujgir et de Garsila, près de Dileij. On l’a appris par des parents qui emportèrent leurs corps pour les enterrer. Les gens se réveillèrent se jour-là, un vendredi pour trouver la région entourée de troupes gouvernementales et de milices janjawweed. Des douzaines de villages tout autour de Dileij avaient été brûlés et beaucoup de gens s’étaient enfuis et réfugiés à Wadi Salih. « Le gouvernement et les janjaweed demandèrent aux hommes de 20 à 60 ans d’où ils venaient. S’ils étaient déplacés, ils les emmenaient à la police. Au sud de Wadih Salih, il y a une colline et une vallée proche. Ce soir là ils y ont tué 71 hommes. C’est arrivé à Mugjir comme c’est arrivé à Dileij. Ils les ont emmenés dans les collines et les ont tués ». Le village de Tullus, à l’ouest de Wadi Salih est un des nombreux villages brûlés puis occupés par les janjaweed. Après l’avoir attaqué, les soldats et les janjaweed chassèrent les femmes et les enfants dans une vallée et les ont fusillés de sang froid alors qu’ils essayaient de se cacher derrière les rochers et les arbres. Ils disaient « Vous êtes des chiens, nous vous chasserons de la terre » raconte une jeune fille de 19 ans, Salma Zakariah. Ils m’ont crié « Tu es un rebelle et le fils d’un rebelle » dit Hussein Da’afallah, 12 ans, sur qui on tira trois fois. Il est défiguré, a le coude en morceaux et la jambe enflée. « Si je pleure, dit-il, c’est parce que trois de mes amis âgés de 7 à 11 ans ont été fusillés à côté de moi. Je ne sais pas s’ils sont morts ou vivants ». -- Lire sur notre site internet www.vigilsd.org les principaux textes concernant les violations des droits de l’homme au Darfour, Le rapport de la commission des Nations-Unies des droits de l’Homme, et Darfour Destroyed, le rapport de Human rignts watch. Ce dernier existe en français et en anglais. Le texte anglais, postérieur, est beaucoup plus complet et précis. |