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Numéro 124 - mai - juin 2004
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Pourquoi les média parlent-ils autant du Darfour?
| Quasiment tous les média parlent du Darfour, qu’ils appellent
les évènements qui s’y produisent, nettoyage ethnique, crime
contre l’humanité, ou génocide.
Toutefois ces faits n’ont rien de nouveau. A la fin des années 80, les dirigeants de Khartoum avec l’aide de milices locales commencèrent à débarrasser le Bahr el Ghazal des Dinkas ; ils autorisaient, parmi d’autres violations des droits de l’homme, les raids de réduction en esclavage. Puis ce fut le tour des Monts Nouba au début des années 90, les milices brûlaient les huttes et exécutaient les hommes pour saisir des terres agricoles de première qualité. A la fin des années 90 et jusqu’en 2003, les résidents des champs pétrolifères furent aussi pourchassés bien qu’ils n’aient pas empêché le gouvernement de pomper du pétrole. Enfin, maintenant, les habitants du Royaume Shillouk dans le Haut-Nil se font massacrer (lire droits de l’homme). Dans chaque cas les attaques ont apporté des bénéfices politiques et économiques à Khartoum, qui était débarrassé de ses ennemis supposés et voyait s’ouvrir des régions au potentiel économique important. Dans chaque cas aussi, le gouvernement dirigé par les arabes s’en est pris à des noirs. La différence maintenant est que la guerre du Darfour lance le
gouvernement musulman de Khartoum contre des noirs musulmans et non plus
contre des noirs, chrétiens et animistes.
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