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Numéro 124 - mai - juin 2004
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Le Pourquoi du Comment
| Depuis les périodes turque (égyptienne) puis anglaise,
les colonisateurs, venus par le Nil, ont choisi comme administrateurs des
Soudanais de la région de Khartoum. A l’indépendance, ceux-ci
trouvèrent complètement normal de continuer à bénéficier
de tous les postes et de la plus grande partie de l’argent. Un exemple
classique en est l’agriculture mécanisée pluviale : la terre
appartient à l’Etat, celui-ci en loue d’énormes parcelles,
le plus souvent à des gens de la région de Khartoum. Les
cultivateurs traditionnels se retrouvent ouvriers agricoles là où
ils avaient dans la pratique et de tout temps, la propriété
de la terre.
Les régions, dont le Darfour, prennent conscience de leur marginalisation.
Que fait le Conseil de Sécurité ? Une grande activité
diplomatique soudanaise l’a empêché
de s’occuper du Darfour. Le Pakistan et l’Algérie qui en sont membres
actuellement sont des Etats musulmans ; la Chine a des intérêts
économiques au Soudan et la Russie craint que le Conseil de Sécurité
ne veuille s’occuper aussi de la Tchétchénie ; elles mettraient
probablement leur véto. Et les Etats-Unis ? Ils s’interrogent. Pour
que Bush soit réélu, il ne doit pas se jeter dans le bourbier
du Darfour ; il lui faut clore le dossier soudanais sur le succès
des pourparlers Nord/Sud ; le lobby pétrolier attend avec impatience
la fin de ces négociations pour voir supprimer l’embargo américain,
Bush ne peut les faire attendre plus. Dans cette optique, les Américains
ne s’occupent que du seul humanitaire. Toutefois une autre lecture
est possible. Bush commence à redouter un autre Rwanda et semble
penser que pour l’éviter la solution serait des sanctions. Les Européens
? Ils craignent que les partisans inconsidérés de la liberté
ouvrent la voie à l’éclatement du Soudan, les nombreux marginalisés
s’unissant au Darfour ; ils redoutent le mouvement rebelle MJE, islamiste
et intégriste, ils ne veulent donc agir qu’en faveur du cessez-le-feu.
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