Numéro 124 - mai - juin 2004

 

Humanitaire
 

Après avoir été retardée deux fois par Khartoum, une délégation humanitaire des NU est venue étudier les problèmes au Darfour. Les déplacés sont maintenant plus de 1 300 000, les réfugiés 150 000. Il n’y a plus de matériaux pour faire les abris. De nombreux établissements de déplacés sont loin de toute source d’eau. Les stocks de nourriture s’amenuisent et si les ONG ne peuvent fournir outils et semences aux cultivateurs avant la saison des pluies, l’insécurité alimentaire augmentera. Enfin il y a un manque flagrant de médicaments. Selon les ONG, les personnes déplacées se réunissent en grands nombres; l’eau devient insuffisante d’où de nombreuses maladies, en particulier des épidémies de rougeole et de méningite. Cela empire encore la situation. Les déplacés disent que les ânes qui les transportaient sont morts de faim et d’épuisement . Comment se débrouilleront-ils désormais ?
Le rapport de la Commission des Nations-Unies pour les Droits de l’Homme indique de son côté que de nombreux témoignages montrent une stratégie volontaire de famine par le gouvernement du Soudan. Ainsi au camp de personnes déplacées de Kailek, le commissaire local a décrété que les personnes déplacées devraient être empêchées par la force de quitter Kailek ; la seule manière de le quitter est de payer des droits importants aux forces de sécurité.  Ces forces ont en général empêché l’afflux de nourriture y compris en interdisant aux personnes déplacées de se rendre dans la forêt pour chercher une nourriture de base. Une livraison de nourriture destinée aux personnes déplacées en mars a été usurpée par les janjaweed qui l’ont utilisée pour se nourrir et nourrir leurs chameaux.

On ignore totalement ce que sont devenues de nombreuses personnes déplacées. Où se cachent-elles ? Sont-elles mortes ?

Le principal obstacle pour les ONG qui souhaitent apporter une aide est le permis qu’elles doivent obtenir de Khartoum où le gouvernement freine des quatre fers jusqu’à la saison des pluies ; alors ses nombreux wadi pleins d’eau, ses chemins affreusement boueux, et toutes ses communications seront coupés. Le gouvernement a même prétendu que « certaines ONG soutenaient les rebelles », donc qu’il serait désormais prudent dans l’attribution des permis. Devant l’indignation internationale, Khartoum s’est engagé à supprimer ce permis. Depuis les choses ne se sont que légèrement améliorées. Et les Etats-Unis envisagent d’envoyer de la nourriture aéroportée depuis la Lybie. Qui pourrait bien être détournée par les janjaweed. 
 
 

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