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Numéro 124 - mai - juin 2004
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OPPOSITION
Arrestation de Tourabi et de militaires qui refusent
de bombarder le Darfour
| Alors qu’il dormait, Al Tourabi, 72 ans, a été arrêté
à nouveau la nuit du 30 mars par les forces de Sécurité,
pour avoir incité des tensions tribales [au Darfour], la haine de
l’Etat et financé la rébellion. Tourabi a déclaré
avoir soutenu les demandes des rebelles mais ne pas être impliqué
dans la rébellion. Il serait à la prison de Kobar mais sa
famille n’a pas le droit de le voir. Selon son fils le gouvernement aurait
fait une liste de 40 officiels du Congrès National Populaire (CNP),
le parti de Tourabi, en aurait arrêté quelques-uns et rechercherait
les autres. Quelques heures plus tard le quartier général
du CNP était fermé puis ses activités suspendues.
Le gouvernement a alors dit avoir découvert un complot tendant à
renverser Béchir et à assassiner des hommes politiques principalement
du gouvernement. Le CNP nie. On se souvient que Tourabi avait été
relâché en octobre 2003.
Peu avant, 11 officiers, appartenant surtout à l’aviation, ont été arrêtés. Ils trouvaient toujours des prétextes pour ne pas bombarder les lieux qu’on leur avait dit de bombarder. Ils revenaient du Darfour. Comme il n’y a pas d’autres bombardements que ceux du Darfour, on peut présumer qu’ils ont refusé de bombarder le Darfour, ses rebelles et ses civils. Ils ont donc été accusés de tentative de coup d’Etat. Ils auraient avoué que le complot avait été mis sur pied par le MJE, avoir voulu aussi attaquer la raffinerie et les stations d’électricité de Khartoum. Tourabi et ses co-accusés auront « un procès juste » quand un comité de 12 membres aura étudié les accusations contre Tourabi. [Rien n’est dit pour les officiers et sans nouvelles d’eux, nous sommes fort inquiets]. Le gouvernement semble vouloir accuser Tourabi des évènements au Darfour pour éviter l’internationalisation du problème. Africa Confidential a une autre explication. L’arrestation par Khartoum de Turabi est un message codé à l’intention des Etats-Unis, principal médiateur dans les discussions de paix. « Faites pression sur le Mouvement/Armée de Libération du Soudan pour qu’il signe la version de l’accord de paix élaboré par Khartoum si vous voulez maintenir les extrémistes à l’écart du pouvoir à Khartoum. ». Le grand lobbyiste de Khartoum, David Hoile, basé à Londres, a déclaré en mars que « des mouvements islamistes extrémistes » constituaient une menace directe pour la « gouvernance démocratique ». Toutes les forces de l’opposition se sont réjouies de la signature de l’accord cadre de paix, sauf le parti de Tourabi pour lequel, pour être valable, l’accord doit être entériné par le peuple. |