Numéro 124 - mai - juin 2004

 

Un autre Darfour ?
Terreur et Tueries en région Shillouk
 

Vingt-deux villages ont été détruits et cent vingt mille personnes ont été obligées de fuir leurs foyers à la suite d’attaques de milices pro-gouvernementales et de combats entre elles et des forces rebelles. Une partie se trouve dans les villes près de parents ; Malakal est surpeuplée, on compte jusqu’à 40 personnes par famille ; de plus les gens ont amené leurs troupeaux qui ne trouvent pas d’abri pour la saison des pluies, ni rien à manger en cette fin de période sèche.  Une partie plus importante des déplacés serait dans les marécages et dans des îles du Nil à grand risque de malaria, se nourrissant seulement de nénuphars. Là une équipe des Nations-Unies n’a pu prendre contact avec eux faute d’obtenir des permis du gouvernement.
Le Shilluk Lam Akol est à la tête de l’ALPS-unifié. Il avait signé avec le gouvernement l’accord de Fachoda qui tenait la région Shillouk en-dehors des zones de guerre. Mais le gouvernement soudanais en réclame la domination. A la fin de l’an dernier, Lam Akol a rejoint l’ALPS, suivi par la majorité de ses troupes. Le gouvernement veut que l’ALPS-Unifié abandonne la région et « aille à Rumbeck ». Les milices pro-gouvernementales ne se contentent pas d’attaquer l’ALPS-unifié, ils  brûlent les villages et tuent femmes, enfants et vieillards. De nombreux témoins ont vu  certains de ces massacres depuis Malakal, de l’autre côté du Nil. Les forces gouvernementales n’ont pas bougé. Le Comité de surveillance du cessez-le Feu s’est contenté de dire que les faits étaient exacts!!! (Reuter, AP, 18 04, DPA 19 04, Statement de Mgr Kevin Dowling, Appel du Conseil des Eglises contre les tueries dans la région de Malakal). Lam Akol a appelé la communauté internationale au secours de ses compatriotes, mais les Nations-Unies ont quitté la région à cause de l’insécurité (AFP Reuter 11 05, AP 12 5)
 
 
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