| Mme Louise Arbour, ancien procureur de la Cour Internationale
de Justice, est nommée Haut Commissaire des Nations-Unies pour
les Droits de l’Homme en remplacement de Sergio Vieira de Mollo qui
fut tué lors de l’attaque du 19 août contre le siège
des Nations-Unies à Bagdad (H R W 20 02).
Le Président Béchir a réorganisé les
services de Sécurité. Ils s’appelleront désormais
Service de Sécurité et de renseignements, dont le but est
de sauvegarder la sécurité et l’unité du pays et de
lutter contre les activités terroristes et subversives. Ce service
relèvera du Président de la République (Sudan tribune,
AFP 25 mars). Les unités de sécurité intérieure
et extérieure avaient fusionné peu avant.
NORD
Presse :
Le directeur à Khartoum de la chaîne de télévision
Al Jezira, dont Vigilance Soudan avait rapporté dans son numéro
122 l’inculpation pour diffamation de l’Etat, faux reportage et violation
de la réglementation sur les douanes, passe maintenant devant le
tribunal de Khartoum Nord. Les officiers de sécurité et des
douanes ont admis devant la Cour qu’ils n’avaient pas de mandat quand ils
ont perquisitionné les bureaux de Al-Jazira et arrêté
son directeur. Les officiers des douanes ont aussi admis que le transmetteur
satellite qu’ils avaient confisqué était entré légalement
au Soudan, contrairement à ce qu’ils avaient affirmé ( AFP
04 03). Nos félicitations à l’avocat Ghazzi Suleiman.
Le Ministre de la Justice, Ali Mohammed Osman Yassin, a ordonné
que les procureurs ne puissent suspendre un journal pour enquête
que pendant 24 heures, temps au bout duquel le cas doit être
amené devant la justice (AFP 16 03).Vigilance Soudan espère
que les forces de sécurité appliqueront cette règle.
Le quotidien indépendant Al-Ayam a reparu le 1er mars
après 3 mois d’interruption, les autorités de la sécurité
de l’Etat ayant « suspendu leur plainte ». Le Khartoum Monitor,
un quotidien de langue anglaise qui avait été suspendu à
la même époque, a été autorisé à
reprendre la publication le 22 mars après 4 mois de suspension et
que le rédacteur en chef ait signé un engagement à
obéir à la loi et à la constitution (AFP 01 03, 24
03).
SUD
Retourner, ne pas retourner, c’est le dilemme des Soudanais du Sud,
des quelques 4 millions de déplacés dans le pays et 600 000
réfugiés à l’étranger. En faveur du retour,
la beauté de leur pays natal, qui bien sûr ne veut rien dire
pour la jeunesse qui n’a pas connu le Sud-Soudan ; la possibilité
de cultiver ce qui assure au moins la nourriture ; le rêve du retour,
rêve caressé depuis le départ, il y a deux ou dix-huit
ans ; l’espoir de retrouver les siens, ou au moins d’apprendre ce qui leur
est advenu. Contre, les mines anti-personnel, et l’état désastreux
du Sud : non seulement pas de routes, pas d’eau potable, pas de système
sanitaire, pas d’électricité, qui souvent n’existent pas
là où ils sont, mais encore ni administration, ni justice,
ni rien à trouver au marché - il faut troquer alors qu’ils
sont habitués à payer -, ni centres de santé - sans
parler des hôpitaux- ni écoles. Or l’école semble à
beaucoup le seul espoir d’avenir. Peut-être créera-t-on des
écoles ? Mais lesquelles ? Pour les jeunes qui sont au Kenya, en
Ouganda, la langue d’enseignement est l’anglais ; pour les déplacés
à Khartoum qui ont souvent suivi dans les petites écoles
de l’Eglise le programme gouvernemental, c’est l’arabe. L’UNHCR pense qu’en
un an et demi, cent cinquante mille des six cent mille réfugiés
rentreront. Elle demande l’aide internationale. Les Etats promettent, mais
attendent la paix pour donner. L’UNHCR a peur d’être alors complètement
débordée et prise de court.
Dans la région de Gogrial des milliers de gens vont mourir
de faim dans les prochains mois, à moins que l’aide ne leur
arrive. Non seulement les pluies ont été rares, mais 300
à 500 personnes déplacées reviennent chaque jour.
Leurs biens, couvertures, savon, sel, casseroles ont le plus souvent été
pillés quand ils ont quitté le Nord. L’absence de nourriture
serait dû au manque de rapidité de la branche humanitaire
de l’ALPS à faire connaître les besoins au PAM (Freedom Now
News 11 03).
Le Japon a donné 673 700 dollars à LandMine Action
UK, une ONG, pour aider le Soudan à se débarrasser des mines
anti-personnel (AP 25 03).
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