Numéro 123 - mars - avril 2004

 

DROITS DE L’HOMME
 

Mme Louise Arbour, ancien procureur de la Cour Internationale de Justice, est nommée Haut Commissaire des Nations-Unies pour les Droits de l’Homme en remplacement de Sergio Vieira de Mollo qui fut tué lors de l’attaque du 19 août contre le siège des Nations-Unies à Bagdad (H R W 20 02). 

Le Président Béchir a réorganisé les services de Sécurité. Ils s’appelleront désormais Service de Sécurité et de renseignements, dont le but est de sauvegarder la sécurité et l’unité du pays et de lutter contre les activités terroristes et subversives. Ce service relèvera du Président de la République (Sudan tribune, AFP 25 mars). Les unités de sécurité intérieure et extérieure avaient fusionné peu avant.    

NORD

Presse
Le directeur à Khartoum de la chaîne de télévision Al Jezira, dont Vigilance Soudan avait rapporté dans son numéro 122 l’inculpation pour diffamation de l’Etat, faux reportage et violation de la réglementation sur les douanes, passe maintenant devant le tribunal de Khartoum Nord. Les officiers de sécurité et des douanes ont admis devant la Cour qu’ils n’avaient pas de mandat quand ils ont perquisitionné les bureaux de Al-Jazira et arrêté son directeur. Les officiers des douanes ont aussi admis que le transmetteur satellite qu’ils avaient confisqué était entré légalement au Soudan, contrairement à ce qu’ils avaient affirmé ( AFP 04 03). Nos félicitations à l’avocat Ghazzi Suleiman.       
Le Ministre de la Justice, Ali Mohammed Osman Yassin, a ordonné que les procureurs ne puissent suspendre un journal pour enquête que pendant 24 heures, temps au bout duquel le cas doit être amené devant la justice (AFP 16 03).Vigilance Soudan espère que les forces de sécurité appliqueront cette règle. Le quotidien indépendant Al-Ayam a reparu le 1er mars après 3 mois d’interruption, les autorités de la sécurité de l’Etat ayant « suspendu leur plainte ». Le Khartoum Monitor, un quotidien de langue anglaise qui avait été suspendu à la même époque, a été autorisé à reprendre la publication le 22 mars après 4 mois de suspension et que le rédacteur en chef ait signé un engagement à obéir à la loi et à la constitution (AFP 01 03, 24 03).

SUD
Retourner, ne pas retourner, c’est le dilemme des Soudanais du Sud, des quelques 4 millions de déplacés dans le pays et 600 000 réfugiés à l’étranger. En faveur du retour, la beauté de leur pays natal, qui bien sûr ne veut rien dire pour la jeunesse qui n’a pas connu le Sud-Soudan ; la possibilité de cultiver ce qui assure au moins la nourriture ; le rêve du retour, rêve caressé depuis le départ, il y a deux ou dix-huit ans ; l’espoir de retrouver les siens, ou au moins d’apprendre ce qui leur est advenu. Contre, les mines anti-personnel, et l’état désastreux du Sud : non seulement pas de routes, pas d’eau potable, pas de système sanitaire, pas d’électricité, qui souvent n’existent pas là où ils sont, mais encore ni administration, ni justice, ni rien à trouver au marché - il faut troquer alors qu’ils sont habitués à payer -, ni centres de santé - sans parler des hôpitaux- ni écoles. Or l’école semble à beaucoup le seul espoir d’avenir. Peut-être créera-t-on des écoles ? Mais lesquelles ? Pour les jeunes qui sont au Kenya, en Ouganda, la langue d’enseignement est l’anglais ; pour les déplacés à Khartoum qui ont souvent suivi dans les petites écoles de l’Eglise le programme gouvernemental, c’est l’arabe. L’UNHCR pense qu’en un an et demi, cent cinquante mille des six cent mille réfugiés rentreront. Elle demande l’aide internationale. Les Etats promettent, mais attendent la paix pour donner. L’UNHCR a peur d’être alors complètement débordée et prise de court.  
Dans la région de Gogrial des milliers de gens vont mourir de faim dans les prochains mois, à moins que l’aide ne leur arrive. Non seulement les pluies ont été rares, mais 300 à 500 personnes déplacées reviennent chaque jour. Leurs biens, couvertures, savon, sel, casseroles ont le plus souvent été pillés quand ils ont quitté le Nord. L’absence de nourriture serait dû au manque de rapidité de la branche humanitaire de l’ALPS à faire connaître les besoins au PAM (Freedom Now News 11 03).      
Le Japon a donné 673 700 dollars à LandMine Action UK, une ONG, pour aider le Soudan à se débarrasser des mines anti-personnel (AP 25 03).
 

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