Numéro 123 - mars - avril 2004

 

TERRORISME
 

Deux membres du Congrès américain, Donald Payne et Thomas Tancredo, ont demandé à Bush d’enquêter sur la responsabilité d’officiels de haut rang soudanais dans une série d’attaques terroristes. Parmi ces officiels, ils en citent douze, dont le vice-Président Ali Osman Mohammed Taha, l’ancien ministre de l’intérieur Nafi’ Ali Nafi’, l’ancien Conseiller de Béchir pour la paix, Ghazzi Salah ed Din, le ministre de l’Energie et des Mines, Awad el Jaz, les généraux Salah Abdallah et Abdel Karim Abdallah, respectivement directeur de la sécurité intérieure et extérieure, Mutref Sadeg Nimeiri, directeur au ministère des Affaires Etrangères. Les officiels soudanais considèrent qu’il s’agit d’une pression pour signer la paix et le gouvernement soudanais a porté plainte aux Etats-Unis contre les deux membres du Congrès. (Sudan Tribune 11 02 , 13 02 15 02 18 02).

Selon des officiels américains, parmi les 600 personnes incarcérées à Guantanamo, deux, dont un Soudanais et un Yéménite, ont été inculpés de « conspiration pour commettre des crimes de guerre, meurtres,  attaques de civils et de cibles civiles et actes de terrorisme ». Leur procès aura lieu à Guantanamo devant un Tribunal Militaire qui juge des crimes de guerre et ne s’est pas réuni depuis la fin de la seconde guerre mondiale. C’est une instance différente de la Cour Martiale.
Selon l’accusation, l’inculpé soudanais, Ibrahim Ahmed Mahmoud el Qosi, a rejoint al Qaida en 1989 et en est resté un membre jusqu’à sa capture en décembre 2001, on ignore dans quelles conditions. Il a voyagé avec ben Laden, lui servant de chauffeur, de garde du corps et d’intendant. Il fut aussi comptable et trésorier d’une société dont le but était de fournir une couverture et un financement aux actes terroristes d’al Qaida. Il a signé des chèques pour ben Laden, changé de l’argent au marché noir et transporté de l’argent pour al-Qaida. L’accusation mentionne plusieurs actes de terrorisme attribués à al-Qaida, mais ne dit pas en quoi les inculpés y seraient liés.
Les deux inculpés pourraient être condamnés à la prison à vie (AP 24 02).  
 (AFP 24 02/20 02, AP 25 02, 26 02).

La famille d’un ancien chef du FBI pour le contre-terrorisme tué le 11 septembre, poursuit devant les tribunaux l’Arabie Séoudite, la Syrie et le Soudan pour cet assassinat et d’autres (AP 10 03).        
Le chef de la force américaine basée à Djibouti a déclaré que les pays de la Corne de l’Afrique, Ethiopie, Erythrée, Soudan, Kenya, Djibouti et Yemen ont arrêté depuis décembre 2002 des douzaines de personnes liées à des groupes militants terroristes (Reuter 17 03)      

L’Armée de Résistance du Seigneur (ARS) a attaqué un camp de personnes déplacées en Ouganda, brûlant vives dans leurs huttes 192 personnes (AP 22 02).  (sd tribune 1122). Kofi Annan s’en est ému. Le procureur de la Cour Pénale Internationale aurait annoncé que la première enquête de la Cour serait menée sur ce massacre (La Croix 22 02).
La milice Force de Défense de l’Equatoria combat désormais l’ARS avec l’ALPS depuis que l’ARS a attaqué Lotuku, Acholi et Lango, forçant les survivants à manger les morts. Le but est de pacifier le Sud-Soudan avant le retour des déplacés et réfugiés. Le leader de l’ARS, Joseph Kony, se serait fait musulman, selon des personnes qu’il a enlevées et seraient parvenues à s’échapper.L’armée ougandaise enquête sur l’origine des armes et des uniformes de l’ARS : leurs soldats ont les mêmes uniformes, ce qui a mené à des confusions favorables à l’ARS (IRIN  New vision 03 03 Reuter New vision IRIN 05 03 Xinhua The Monitor, Kampala 08 03)        .
Une étude, publiée par le journal scientifique londonien The Lancet, dit que parmi 300 enfants ARS étudiés, plus de la moitié avaient été sévèrement battus, 77% avaient vu l’assassinat d’une personne. Pour IRIN, 39 % des enfants avaient eux-mêmes tué et 39% enlevé d’autres enfants. L’âge moyen d’un enfant enlevé est 12 ans. Plus d’un tiers des filles avaient été violées et 18% avaient accouché en captivité. « Etant donné que ces ex-enfants soldats sont souvent stigmatisés pour les atrocités sans nombre qu’ils ont commises, même contre leur propre peuple, leur réintégration peut être sérieusement compliquée »

( UPI 16 03)
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