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Numéro 123 - mars - avril 2004
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Partage des eaux du Nil
| Un traité des eaux du Nil qui avait été
signé par la Grande-Bretagne, puissance coloniale en 1929, interdit
aux pays riverains d’utiliser les eaux du Nil et du lac Victoria sans l’autorisation
de l’Egypte sauf pour la consommation des gens et des bêtes. Cet
accord a été complété en 1959 par un traité
entre l’Egypte et le Soudan qui donne à l’Egypte 55 milliards de
mètres cubes d’eau et au Soudan 18 milliards. L’achèvement
du canal de Jonglei au Sud-Soudan, interrompu à cause de la guerre,
en dessèchant une partie des marécages libérerait
16 milliards de mètres cubes d’eau à être partagés
également entre le Soudan et l’Egypte.
L’Ouganda ne reconnaît pas ce traité et veut construire d’importants barrages hydro-électriques sur le Nil Blanc. La Tanzanie ne reconnaît pas non plus ce traité. Elle veut construire un aqueduc issu du lac Victoria pour acheminer de l’eau potable à 940 000 personnes. L’Ethiopie veut lancer de vastes projets d’irrigation sur le Nil Bleu pour contrer les effets de la sécheresse ainsi qu’un barrage hydro-électrique. L’Egypte qui sans le Nil serait un désert, a désormais une population qui s’élève à 72 millions et aurait besoin de 73 à 79 milliards de mètres cubes, est extrêmement inquiète de ces développements. « Cette position fâcheuse appelle à une intervention rapide pour écraser dans l’oeuf toute tentative pour réduire la part de l’Egypte » écrit le quotidien Al Gomhouria. (The Monitor, Ouganda, 13 02, The Guardian, Tanzanie, 14 02, AFP 21 02, AFP 26 02) Un comité des dix nations riveraines du Nil s’est réuni en Ouganda pour étudier un nouveau partage des eaux. L’Egypte a tout d’abord déclaré : les pourparlers doivent s’occuper des « moyens de bénéficier des eaux du Nil qui sont perdues » et ne pas revoir la part de l’Egypte. Les autres Etats font remarquer que l’Egypte utilise aussi ses eaux à des fins commerciales (AFP 06 03 dpa 08 03 IRIN 9 03)..... Finalement l’Egypte a adouci sa position, et ne s’oppose pas au projet tanzanien. On étudie l’agriculture pluviale dans les pays en amont avec éventuel financement arabe. Une rencontre ministérielle doit avoir lieu en mai .... (Reuter 18/19 03, IPS 19 03, Xinhua 22/23 03).
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