Numéro 122 - janvier - février 2004

 

Pétrole et Economie
 

Après l’annonce par le ministre des Mines soudanais devant le ministre français du Commerce Extérieur que Total retournait au Soudan dans les quatre premiers mois de 2004 après 20 années d’interruption d’activités dues à la guerre, un responsable de la société a déclaré que celle-ci ne reprendrait pas sa prospection dans ce pays tant qu’un accord de paix définitif n’y aura pas été signé et tant que la paix ne sera pas effective sur le terrain.
Un forum d’hommes d’affaires français et soudanais travaillant dans l’outillage, l’industrie alimentaire et les ressources animales a eu lieu à Khartoum.

L’accord sur le partage des richesses entre Khartoum et l’ALPS stipule que les contrats pétroliers signés par Khartoum, même après Machakos resteront valides. Selon la Lettre de l’Océan Indien, Garang espérerait toutefois grâce à ses représentants au ministère du Pétrole et à la Commission Nationale du Pétrole trouver des astuces juridiques permettant de les abroger. En attendant Khartoum se précipite pour signer de nouveaux contrats.
ONGC Videsh prévoit d’investir 650 millions de dollars dans une raffinerie de pétrole et 200 millions de dollars dans un oléoduc. Toutefois, le gouvernement indien lui a donné pour instructions de ne pas s’engager seul dans ce projet mais de partager les risques avec d’autres firmes (The Telegrah, Calcutta, 06 12). D’autre part, ONGC Videsh est en pourparlers avec Gulf Petroleum Company et le groupe Al Thani pour acquérir une participation dans les blocks 3 et 7 dans le Haut-Nil Est où la production doit commencer en 2005 et atteindre 10 millions de tonnes par an. L’achat comprendrait aussi la route surélevée (The Telgraph 20 12). Les revenus qu’ONGC Videsh a eu de ses investissements au Soudan dépasseront les 23% prévus. Le 19 01 le Soudan demandait à ONGC de remettre gratuitement à la société nationale soudanaise Sudapet 5% de sa participation dans les blocks 5 A et 5 B étant donné tout ce que le pays avait fait pour la compagnie (Business standard New Delhi).
D’autre part, on s’attend à ce que le CNPC chinois commence la production pétrolière au Kordofan (Nord-Soudan) avec 60 000 b/j, dans le block 6.

Le Fonds Monétaire International a félicité le Soudan pour les améliorations apportées dans ses systèmes financiers et d’échanges internationaux et s’attend à ce que le Soudan puisse rejoindre l’Organisation Mondiale du Commerce dans 5 ans. Le Soudan a renforcé son système fiscal et accru la transparence des comptes financiers pétroliers. La croissance du produit national brut atteindra vraisemblablement 5,8% en 2003 /5,5% en 2002 ; tandis que la croissance du secteur pétrolier atteindra 13,8% /24,7% en 2002 (DPA 19 12). Le FMI a toutefois mis un bémol à ses compliments : la gestion des dépenses gouvernementales ne s’est pas suffisamment améliorée et les objectifs en matière de contraction de la dette extérieure provenant d’emprunts à taux non concessionnels ne sont pas respectés. Khartoum a en effet contracté deux emprunts de ce genre auprès de la Chine, l’un de 41 millions de dollars pour des pièces détachées d’avion, l’autre de 106 millions de dollars pour l’acquisition d’équipements militaires. Khartoum a expliqué qu’il essaierait d’annuler une partie de ces emprunts. Le gouverneur de la Banque du Soudan a ajouté que les exportations de pétrole apporteraient 1,958 milliard de dollars, les autres exportations amenant 472 millions de dollars. L’investissement étranger atteindra à la fin de l’année 1 milliard de dollars. Il a ajouté que, à la suite de l’accord de partage des richesses fait avec le MLPS, il formerait du personnel sudiste pour l’aider à faire marcher le système bancaire au Sud. Pour répandre la culture bancaire au Sud, une branche de la banque centrale a été ouverte à Wau au début de l’année 2003 pour opérer avec la branche de Juba. Il a ajouté que des arrangements avaient été faits pour augmenter le capital de l’Ivory bank de 12 millions de dollars, sans dire quel était le capital précédent. L’Ivory bank fut établie en 1994 en partenariat entre le gouvernement central, les Etats du Sud et le secteur privé. (dpa 19 12, LOI 03 01, AFP 25 12). Il est à noter que toutes ces dispositions ne sont pas contenues dans l’accord de partage des richesses signé avec le M/ALPS

Les parlements d’Ouganda, du Kenya et de Tanzanie veulent que l’Egypte et le Soudan paient pour les eaux du Nil dont la source est dans le lac Victoria dont ils sont riverains ce que la législation internationale ne permettrait pas, mais tous ces Etats, ainsi que l’Ethiopie n’acceptent pas que l’Egypte se conduise comme si le Nil lui appartenait et veulent renégocier le traité qui date de l’ère coloniale et a été signé par la puissance coloniale. Un parlementaire kenyan a dit que son pays devait importer des produits agricoles d’Egypte parce qu’il ne pouvait utiliser les eaux du Nil. Une déclaration du ministre adjoint des Affaires Etrangères kenyan selon laquelle le Kenya n’acceptera aucune restriction sur l’utilisation du Lac Victoria et du Nil a mis le feu aux poudres. Le ministre des eaux égyptien a dit que cela correspondait à une déclaration de guerre. La contribution du Kenya  aux eaux du Nil est mince  mais l’Egypte redoute que l’Ethiopie en fasse autant.

Le barrage de la 4ème cataracte  Les travaux ont commencé le 15 décembre (Reuter 14 12). Le Soudan et la Chine ont signé un contrat de 400 millions de dollars pour un programme d’électrification du barrage de Méroé. La société chinoise construira 7 sous-stations et érigera 1745 kilomètres de lignes électriques pendant une période de 3 ans et demi. On se souvient qu’Alsthom a signé un contrat de 300 millions de dollars pour l’érection d’une station hydro-électrique. Le Fonds d’Investissement d’Abu Dhabi a approuvé 552 millions de dirhem pour la construction de ce barrage tandis que le Fonds arabe pour le développement social et économique prêtera 100 millions de dollars pour financer en partie la production d’électricité à la 4ème cataracte et par ailleurs 31,5 millions de dollars pour construire une route de Gédaref à Galabat en Ethiopie.

Divers Une délégation de haut rang des chemins de fer soudanais s’est rendue en Inde pour étudier la possibilité d’y acheter des wagons de voyageurs (PTI 27 12). L’Iran en a livré 180 et en fournira 320 autres. Deux sociétés malaises d’engineering, PJI et Sumatec ont gagné un contrat de 1,2 milliards de dollars pour construire la ligne de chemin de fer de Khartoum à Sennar et Haïya (Reuter 23 01). Savoir si le financement est assuré n’est pas clair. 
Le Kenya espère acheter du pétrole bon marché au Soudan, dès que la paix proche le lui permettra sans subir l’ire des défenseurs des droits de l’homme (Reuters 12 01). Le Royal Thai Group, en visite au Soudan, a émis le désir d’investir dans des projets d’infrastructure - eau, construction (SUNA 23 12). Le ministère du Commerce extérieur a appelé à l’augmentation du commerce avec l’IRA ( Asia Pulse 01 03).
Thuraya, une société de télécommunications basée aux Emirats Arabes Unis, et Sudatel, la société soudanaise de télécommunications ont annoncé la formation d’une joint venture sous le nom Thuraya-Sudatel. La nouvelle société sera responsable de l’établissement et de la vente de téléphones mobiles et de lignes fixes fonctionnant par satellite, y compris dans les régions rurales éloignées. Le capital de la nouvelle société s’élève à 2,5 millions de dollars dont Thuraya aura 80%.
 
 

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