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Numéro 122 - janvier - février
2004
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Pétrole et Economie
| Après l’annonce par le ministre des Mines soudanais devant le
ministre français du Commerce Extérieur que Total
retournait au Soudan dans les quatre premiers mois de 2004 après
20 années d’interruption d’activités dues à la guerre,
un responsable de la société a déclaré que
celle-ci ne reprendrait pas sa prospection dans ce pays tant qu’un accord
de paix définitif n’y aura pas été signé
et tant que la paix ne sera pas effective sur le terrain.
Un forum d’hommes d’affaires français et soudanais travaillant dans l’outillage, l’industrie alimentaire et les ressources animales a eu lieu à Khartoum. L’accord sur le partage des richesses entre Khartoum et l’ALPS stipule
que les contrats pétroliers signés par Khartoum, même
après Machakos resteront valides. Selon la Lettre de l’Océan
Indien, Garang espérerait toutefois grâce à ses représentants
au ministère du Pétrole et à la Commission Nationale
du Pétrole trouver des astuces juridiques permettant de les abroger.
En attendant Khartoum se précipite pour signer de nouveaux contrats.
Le Fonds Monétaire International a félicité le Soudan pour les améliorations apportées dans ses systèmes financiers et d’échanges internationaux et s’attend à ce que le Soudan puisse rejoindre l’Organisation Mondiale du Commerce dans 5 ans. Le Soudan a renforcé son système fiscal et accru la transparence des comptes financiers pétroliers. La croissance du produit national brut atteindra vraisemblablement 5,8% en 2003 /5,5% en 2002 ; tandis que la croissance du secteur pétrolier atteindra 13,8% /24,7% en 2002 (DPA 19 12). Le FMI a toutefois mis un bémol à ses compliments : la gestion des dépenses gouvernementales ne s’est pas suffisamment améliorée et les objectifs en matière de contraction de la dette extérieure provenant d’emprunts à taux non concessionnels ne sont pas respectés. Khartoum a en effet contracté deux emprunts de ce genre auprès de la Chine, l’un de 41 millions de dollars pour des pièces détachées d’avion, l’autre de 106 millions de dollars pour l’acquisition d’équipements militaires. Khartoum a expliqué qu’il essaierait d’annuler une partie de ces emprunts. Le gouverneur de la Banque du Soudan a ajouté que les exportations de pétrole apporteraient 1,958 milliard de dollars, les autres exportations amenant 472 millions de dollars. L’investissement étranger atteindra à la fin de l’année 1 milliard de dollars. Il a ajouté que, à la suite de l’accord de partage des richesses fait avec le MLPS, il formerait du personnel sudiste pour l’aider à faire marcher le système bancaire au Sud. Pour répandre la culture bancaire au Sud, une branche de la banque centrale a été ouverte à Wau au début de l’année 2003 pour opérer avec la branche de Juba. Il a ajouté que des arrangements avaient été faits pour augmenter le capital de l’Ivory bank de 12 millions de dollars, sans dire quel était le capital précédent. L’Ivory bank fut établie en 1994 en partenariat entre le gouvernement central, les Etats du Sud et le secteur privé. (dpa 19 12, LOI 03 01, AFP 25 12). Il est à noter que toutes ces dispositions ne sont pas contenues dans l’accord de partage des richesses signé avec le M/ALPS Les parlements d’Ouganda, du Kenya et de Tanzanie veulent que l’Egypte et le Soudan paient pour les eaux du Nil dont la source est dans le lac Victoria dont ils sont riverains ce que la législation internationale ne permettrait pas, mais tous ces Etats, ainsi que l’Ethiopie n’acceptent pas que l’Egypte se conduise comme si le Nil lui appartenait et veulent renégocier le traité qui date de l’ère coloniale et a été signé par la puissance coloniale. Un parlementaire kenyan a dit que son pays devait importer des produits agricoles d’Egypte parce qu’il ne pouvait utiliser les eaux du Nil. Une déclaration du ministre adjoint des Affaires Etrangères kenyan selon laquelle le Kenya n’acceptera aucune restriction sur l’utilisation du Lac Victoria et du Nil a mis le feu aux poudres. Le ministre des eaux égyptien a dit que cela correspondait à une déclaration de guerre. La contribution du Kenya aux eaux du Nil est mince mais l’Egypte redoute que l’Ethiopie en fasse autant. Le barrage de la 4ème cataracte Les travaux ont commencé le 15 décembre (Reuter 14 12). Le Soudan et la Chine ont signé un contrat de 400 millions de dollars pour un programme d’électrification du barrage de Méroé. La société chinoise construira 7 sous-stations et érigera 1745 kilomètres de lignes électriques pendant une période de 3 ans et demi. On se souvient qu’Alsthom a signé un contrat de 300 millions de dollars pour l’érection d’une station hydro-électrique. Le Fonds d’Investissement d’Abu Dhabi a approuvé 552 millions de dirhem pour la construction de ce barrage tandis que le Fonds arabe pour le développement social et économique prêtera 100 millions de dollars pour financer en partie la production d’électricité à la 4ème cataracte et par ailleurs 31,5 millions de dollars pour construire une route de Gédaref à Galabat en Ethiopie. Divers Une délégation de haut rang des chemins
de fer soudanais s’est rendue en Inde pour étudier la possibilité
d’y acheter des wagons de voyageurs (PTI 27 12). L’Iran en a livré
180 et en fournira 320 autres. Deux sociétés malaises d’engineering,
PJI et Sumatec ont gagné un contrat de 1,2 milliards de dollars
pour construire la ligne de chemin de fer de Khartoum à Sennar
et Haïya (Reuter 23 01). Savoir si le financement est assuré
n’est pas clair.
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