Numéro 121 - novembre- décembre 2003

 

Opérations militaires
 

Lam Akol, le ministre des transports, qui avait signé en 1997 les accords de Fachoda avec le gouvernement qui laissaient la région Shillouk (Sud) en-dehors de la guerre et habitait Khartoum, a rejoint l’ALPS.  Le gouvernement lui avait interdit  alors qu’il était à Malakal de rendre visite à sa milice, car il voulait la diviser et en faire une milice pro-gouvernementale.  Cette défection  arrive dans un mouvement d’unification des forces du Sud avant la signature du traité de paix. Lam Akol est ingénieur chimiste.

Selon le Journal Al Ayam, un tribunal spécial à Port-Soudan a condamné 10 hommes à la pendaison et 15 autres jusqu’à 14 ans de prison pour avoir acheté, vendu en contrebande à des marchands d’armes, plus de mille fusils d’assaut kalachnikov,  des centaines de mitrailleuses et  de pistolets d’un entrepôt de l’armée proche de Port-Soudan d’une valeur d’environ 12 millions de dollars. Le quotidien Akhbar el Yom a cité le procureur disant que les sentences étaient lourdes parce que le trafic était lié à la  révolte [du Congrès Béja] (AFP 25 10)

L’Equipe de Vérification et de Surveillance censée veiller à l’accord de cessations d’hostilités entre le gouvernement et l’ALPS depuis février 2003, a commencé à travailler ayant été mis en inactivité depuis août : manque de fonds, manque de personnel, processus bureaucratique et diplomatique écrasants, désaccord sur les tâches  et la composition de l’équipe entre Khartoum et l’ALPS, quatre changements de direction, enfin Khartoum a refusé des visas à deux membres érythréens de l’équipe à cause des problèmes sur la frontière par conséquent  l’IGAD a refusé d’autoriser les missions ; cela a accru le manque de fonds beaucoup d’Etat donateurs hésitant à investir tant que les problèmes ne seraient pas réglés.
Maintenant l’équipe qui comprend 15 personnes, dont des officiers de l’armée soudanaise et de l’ALPS, fait de la cartographie, du travail de liaison avec les commandants, surveille les mouvements de troupe et informe tous les militaires de leurs responsablilités. En novembre une base sera créée à Leer, Haut-Nil Ouest et un bureau de liaison à Malakal. A partir de ce moment des patrouilles pourront opérer. Un certain nombre d’enquêtes attendent depuis plusieurs mois. Toutefois le comité du canal des communications ne s’est pas réuni depuis juillet. La composition de ce comité pose problème parce que ses membres sont engagés dans les pourparlers de paix  ce qui leur laisse peu de temps pour accomplir les deux tâches (IRIN 29 10). La communauté internationale a totalement sousestimé la taille des territoires et le manque total d’infrastructures.

De source gouvernementale, un policier a été tué lors d’un clash entre la police et des forces Béja sur la  grande route Khartoum Kassala avant qu ’elles ne fuient en Erythrée et 14 pièces d’explosif furent trouvées près du transformateur de Kassala.
Les autorités accusent aussi l’Erythrée de vouloir unifier deux mouvements, les forces Béja et les lions libres, une force Rashaïda, nom de la seule tribu purement arabe du Soudan, qui toutes deux se plaignent d’être marginalisées par Khartoum (AFP 15 10)
Selon la BBC du 25 octobre, reproduisant les propos du Président de la conférence Béja, les forces Béja et El-Fath auraient capturé la 37ème brigade Qarabah et détruit deux camps militaires sis le long de la Gash. Elles ont aussi bloqué la route Khartoum-Port-Soudan, coupant la région. Le Président a averti les usagers de cette route de s’abstenir de l’utiliser dans leur intérêt comme dans celui de leurs biens (AFP 25 10).
D’après la télévision soudanaise, Omar Mohamed Tahir, secrétaire général du Congrès Béja s’est rendu à Khartoum. Il a déclaré  être venu soutenir les négociations pour l’unité nationale  et a annoncé la fin des hostilités sur le front (18 11).Il a été reçu par Béchir (TV soudanaise). Avec la paix et le retrait des forces ALPS de ce front les forces Béja sont extrêmement faibles. A Asmara, le congrès Béja a dit en substance qu’Omar Mohammed Taha ne représentait que lui-même et que les combats continuaient. Ce congrès Béja n’a pas de lien avec celui qui fut interdit à Khartoum le mois dernier ( Sudanese Opposition Democratic Unionist Party 20 11).
 

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