Numéro 121 - novembre- décembre 2003

 

 DROITS DE L’HOMME
 

Le Soudan a ratifié la Convention interdisant l’utilisation, le stockage, la production et le transit des mines anti-personnel. Cette convention entrera en vigueur le 1er avril 2004. Le Soudan doit avoir débarrassé son territoire des mines anti-personnel d’ici le 1er avril 2014 et doit rapporter au Secrétaire Général des Nations-Unies toutes les mesures prises.
Vigilance Soudan félicite le gouvernement soudanais pour cette mesure.
La Croix-Rouge Internationale avait fait une étude montrant que le coût humain dramatique de ces mines dépassait de beaucoup leur utilité militaire fort limitée (Comité Internatioanl de la Croix-Rouge 28 10).

Le Fonds Global des Nations-Unies pour combattre le sida, la tuberculose et la malaria attribuera plus de 20,7 millions de dollars au Nord-Soudan. Une donation semblable pour le Sud-Soudan a été refusée pour la seconde fois, et seules les personnes qui l’ont demandée en connaîtront la cause (?). Toutefois 18 millions de dollars furent attribués, mais non encore donnés pour la lutte contre la tuberculose et la malaria.
Le taux d’infection par le virus du sida dans la population adulte est estimé à 2,6%, mais il y a des variations avec de plus grands taux dans l’Etat de Khartoum et celui du Nil Blanc. Lorsque l’accord de paix sera signé et que les réfugiés ainsi que les personnes déplacées rentreront chez eux, les taux risquent de s’élever de manière très imortante. Les efforts pour lutter contre le sida au Soudan se sont heurtés jusqu’à il y a deux ans à l’idée que « pays conservateur, le Soudan était naturellement protégé de l’épidémie » (IRIN 24 10).

Le gouvernement a supprimé les autorisations de voyage instaurées en 89 pour les femmes, car maintenant « le pays est sûr » (SUNA 14 11). Le décret sera-t-il appliqué?

NORD

La presse
Le 30 septembre deux journaux ont été suspendus. Le premier, Al-Sahafa, fut suspendu trois jours pour avoir publié une publicité des Ethiopian Airlines, où « les passagers peuvent jouir de vins délicieux » parce que cela encourageait les gens à boire de l’alcool (AFP 30 09). Le second Al-Azminah fut suspendu indéfiniment, jusqu’à la fin d’une enquête par le Procureur de la Cour pour les crimes contre l’Etat sur plainte des forces armées. Le journal avait publié un article disant que la milice des Forces de Défense Populaire serait dissoute après l’accord de paix (AFP 30 09). C’est exact, l’accord sur la sécurité signé par le vice-Président et John Garang porte que toutes les milices seront dissoutes. Ne le sait-on pas à Khartoum ?
Le 4 novembre, le rédacteur en chef de Al-Sahafa et son principal conseiller ont été arrêtés sur plainte du ministère de l’Orientation et des Wakfs après avoir publié une pétition de clercs de la mosquée de Kosti après des détournements de fonds des fondations de cette mosquée (Al Sahafa 06 11).
Les autorités judiciaires ont levé la suspension du Khartoum Monitor, le seul quotidien de langue anglaise, car la loi prévoit qu’un avertissement doit être donné avant toute suspension (AFP 16 10). Voilà une découverte fort intéressante. Fin octobre, le rédacteur en chef de Khartoum Monitor, Nhial Bol, s’est enfui du Soudan au Kenya à la suite d’arrestations, de menaces contre sa vie, et d’actions gouvernementales répétées contre le Monitor. Ce journal faisait des articles sur le processus de paix, les abus de droits de l’homme par les forces de sécurité, l’esclavage, après que le gouvernement ait interdit d’en parler, le dialogue entre le Nord et le Sud. Le 1er novembre Bol a reçu un don d’urgence du fond Hellman/Hammett pour les écrivains persécutés. Il a l’intention de se rendre dans les territoires du Sud sous contrôle MLPS et d’y commencer un journal ce qui n’existe pas et serait fort le bienvenu (Human Rights Watch 12 11). Peu de gens au Soudan ont accès à une information indépendante et connaissent le coût humain terrifiant de la guerre.
Al Ayam a vu sa publication saisie et suspendue le 17 11 par le procureur des crimes contre l’Etat jusqu’à ce que l’enquête soit achevée. Le procurreur a reçu l’éditeur en chef Mahjoub Mohammed Salah, et a passé en revue quelques uns des articles publiés au cours des 16 derniers mois dont il a prétendu que le contenu était faux. Beaucoup de ces articles concernaient la situation au Darfour. L’éditeur en chef a fait appel (AFP 17 11).
L’ambassade des Etats-Unis a exprimé sa surprise et son désappointement devant cette décision contraire à une déclaration [du Président] supprimant la censure de la sécurité sur les journaux. En effet c’est selon le Sudan Media Center, l’organisme de Sécurité Nationale qui a écrit au procureur lui demandant d’entamer des poursuites contre le journal (Reuter 18 11/ AFP 19 11). De plus l’annonce officielle de la suspension  du journal portait un avertissement selon lequel la Sécurité étudiait une seconde publication qui n’a pas été nommée (AP 20 11). Finalement le procureur en chef a annullé  la suspension de Al Ayam car seul lui peut décider si un article mérite la fermeture d’un journal (AFP 22 11). Voilà une autre découverte fort intéressant, mais qui vient peut-être de la pression américaine. N’empêche que ces fermetures continuelles causent un grave préjudice financier aux journaux.

Le 3 décembre des officiels de la Sécurité interrompaient à nouveau l’impression de Al Ayan. 

Des lycéens ont mis le feu aux bureaux du ministère fédéré de l’éducation à Damazin pour protester contre la grève de leurs professeurs qui eux-mêmes protestaient ainsi contre les retards dans leurs salaires. Des étudiants ont été arrêtés (AFP 12 11).

 Trente et une personnes furent tuées et 46 autres blessées à Port-Soudan quand un foule s’est précipitée pour recevoir les aumônes de Ramadan qui avaient été offertes par des hommes d’affaires  (AFP 0811).  Le ministère des Affaires Sociales a, à l’occasion du Ramadan, libéré 201 personnes qui étaient en prison pour dettes ou à défaut d’avoir réglé une amende, en payant lui-même leur dû (AFP 16 11).

L’Agence Internationale d’Energie Atomique utilise la technologie nucléaire dans un projet destiné à éliminer d’Afrique les moustiques porteurs de malaria. De très nombreux insectes  mâles sont transportés aux laboratoires de Seibersdorf près de Vienne et là ils sont exposés à de larges doses de rayons gamma. Puis ils sont relâchés. Lorsqu’ils s’accoupleront, non seulement ils n’auront pas de descendance, mais encore ils stériliseront la femelle . On espère que de fréquents lâchers d’insectes finiront par éradiquer ce moustique.
Cette méthode est testée au Nord-Soudan et sur l’île de la Réunion. L’Agence a déjà débarrassé Zanzibar de la mouche tstsé par des méthodes similaires. La dernière mouche fut attrapée en 1996.
 Le projet est financé surtout par les Etats-Unis et la France (Voice of America 23 10).

Des Egyptiennes et Soudanaises ont tenu au Caire mi-octobre, une convention pour l’éradication de toutes formes de discrimination contre les femmes sous la houlette de l’avocate soudanaise Manal Abd el Rahman.

Le Docteur Nawal Nour, une Soudanaise travaillant à l’hôpital des femmes à Boston où la plupart de ses patientes sont traitées pour des affections liées à la circoncision féminine (excision) a reçu un prix d’un montant de 500 000 dollars à utiliser comme elle l’entend. Nour a déclaré : «  Je veux étendre ce programme ici et retourner en Afrique  aider les femmes qui ont été circoncises (N.Y. Times, 05 10).
 
Une invasion de sauterelles a provoqué une épidémie d’attaques allergiques, notamment d’asthme, dans la région de Wad Médani (Guezira). Malgré les puissants arrosages d’insecticides, onze personnes sont mortes et des milliers ont été hospitalisées. Selon un officiel la maladie serait liée à un phéromone qui est relâché par les sauterelles pendant la saison des amours (New Scientist.Com 03 11).

Le Soudan a demandé aux Nations-unies d’insister auprès des rebelles en zone Béja ( frontière érythréenne) pour qu’ils laissent parvenir de l’aide en nourriture à la ville d’Hamshkoreib (AFP 07 11).
   
SUD
En dépit du cessez-le feu actuel, l’opération de secours des NU Lifeline Soudan, s’est vu interdire  l’accès à 40 endroits en septembre.

Human Rights Watch a publié « Sudan, Oil and Human rights », un important document très attendu sur l’exploitation pétrolière au Soudan où il dit notamment que les pétroliers ont été complices de s violations gouvernementales des droits de l’homme et leur demande  de suspendre immédiatement leurs opérations. Selon les statistiques de Khartoum indique que 60% des 580 millions de dollars des revenus du pétrole en 2001 furent dépensés pour l’achat d’armes étrngères et le développement d’une industrie domestique d’armes. Il demande que les pourparlers de paix s’occupent de manière complète de l’héritage de la guerre pétrolière et en particulier des divisions ethniques qui persistent dans les champs pétrolifères et menacent la paix à terme. On obtient ce travail sur www.hrw.org

Cent vingt-six enfants de moins de 5 ans sont morts dans le comté de Kimatong Budi, Equatoria du 20 août au 22 septembre. Sans Ong, sans laboratoires médicaux et avec peu de médicaments, il est difficile d’établir un diagnostic. Il semble cependant qu’il s’agisse de coqueluche.

MSF parle d’un risque accru de paludisme au Sud-Soudan à cause des lourdes pluies qui ont transformé beaucoup de terrains en marais, augmentant le nombre des moustiques. MSF traite plus de 5000 patients par semaine dans le Bahr el Ghazal et a traité 52 000 patients au cours des quatre derniers mois dont 800 cas très sérieux (AFP 18 11).

Le procès fait à Talisman par l’Eglise presbytérienne du Soudan pour avoir contribué aux violations de droits de l’homme en zone pétrolière, continue quoique Talisman ait vendu ses parts à l’Indien ONGC Videsh (Menareport.com 17 11)
 

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