Numéro 121 - novembre- décembre 2003

 
 

Des sites soudanais au patrimoine mondial de l’humanité
 

Le Gebel Barkal, emplacement d’un temple d’Amon  et les sites proches de la région napatéenne ont été inscrits par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité.

Lors d’une période de faiblesse égyptienne, en 700 av.J.C., des princes soudanais très égyptianisés règnent à Napata, toute proche du Gebel Barkal et de la 4ème cataracte. Deux de ces souverains Kashta et Peye (alias Piankhy) vont conquérir l’Egypte et faire de cette partie du Soudan qui s’appelait Koush,  l’une des premières puissances mondiales. Leur histoire se retrouve en Egypte où avec leurs 6 successeurs, ils sont connus sous le nom de XXV ème dynastie « éthiopienne ». (Pour les Grecs qui les ont appelés ainsi, ce mot veut dire « visage brûlé »). Ces pharaons nous paraissent souvent proches. Peye aimait beaucoup les chevaux. A un roi rebelle assiégé et vaincu dont il visite les écuries après la défaite : «  Je jure sur ma propre vie, dit-il, qu’avoir laissé les chevaux mourir de faim est la pire de toutes les choses que tu aies faites dans la violence de ton coeur. »
Les souverains de cette dynastie avaient leur capitale en Egypte mais ils se firent enterrer dans la nécropole de Kourrou, proche de Napata. Ils renouèrent avec la tradition des pyramides abandonnée par leur prédécesseurs mille ans plus tôt. La version soudanaise est petite et s’effile au cours des siècles. Cependant ces pharaons « éthiopiens » ne résistèrent pas à l’invasion assyrienne mieux armée. Taharqa et son successeur Tanoutamon durent abandonner l’Egypte qui reprenant sa politique traditionnelle envahit Koush et mit à sac Napata (591 av.J.C.).  A cause du sac de Napata  son souverain s’établit à Méroé, plus au Sud où une très grande civilisation africaine allait s’épanouir. Mais Napata garda pendant trois siècles les privilèges d’une capitale religieuse : les souverains s’y faisaient investir, il y furent inhumés sous les pyramides de Nouri.

Napata était-elle une région ou une ville? Les savants ne sont pas d’accord sur ce point. S’il s’agissait d’une ville, elle se trouve à  Sanam, sur le site de Mérowé (à ne pas confondre avec Méroé) qui est fouillée actuellement  par une équipe archéologique italienne. Ce site ne sera pas inondé par le barrage en construction.
 

Article suivant
Retour au sommaire
Retour à la page d'accueil française
Retour à la page d'accueil