Numéro 121 - novembre- décembre 2003

 
 

Le Pape canonise Comboni
et suggère la création d’une université catholique au Soudan
 

Daniel Comboni est un Italien né à Limone sur le lac de Garde.  Il ne fut pas le premier missionnaire à venir au Soudan après la fin du christianisme au XVllème siècle. Dès la moitié du XlXème siècle des missionnaires catholiques s’y étaient rendus, avaient établis un centre à Khartoum, où ils marièrent les commerçants Européens vivant avec des Soudanaises ou des Ethiopiennes et fondèrent des stations dans le Sud « païen », particulièrement à Holy Cross, appelée jusqu’à aujourd’hui kenissa, église en arabe. Ils apprirent les langues locales. Mais en 12 années ils furent 64 à mourir, d’hématurie et de paludisme. Aussi dut-on renoncer et rapatrier les rares survivants.
Après un premier voyage au Soudan en 1857 qu’il dut interrompre à cause de la maladie de son compagnon de voyage, Comboni revint en 1871 avec une  idée. Puisque les Européens ne pouvaient vivre en Afrique, ni, présumait-il les Africains en Europe, il fallait former des missionnaires africains dans un lieu où tous pouvaient vivre et il choisit l’Egypte. « L’Afrique sera sauvée par les Africains », avait-il coutume de dire. Après avoir créé deux ordres missionnaires appelés aujourd’hui Pères et Soeurs Comboniens,  il fonda un poste dans les Monts Nouba au climat beaucoup moins dur que le Sud. Il fut nommé évêque de l’Afrique Centrale et mourut en 1881 à Khartoum. Le régime de la Mahdeya allait arrêter son oeuvre qui ne reprit que quelques années après le début du condominium : de crainte de susciter l’intégrisme musulman, les autorités anglaises ne voulaient pas d’évangélisation, même en région « païenne »,  mais y furent obligées par l’opinion publique britannique. 
Alors, un supérieur combonien interdit au nom du voeu d’obéissance à ses frères et soeurs de mourir avant l’âge. Ils vécurent donc. Il suffisait d’y penser.
Les Pères et Soeurs comboniens ont entre autres fondé des collèges appelés souvent Comboni College, qui attirent beaucoup de musulmans. C’est dire qu’on n’y fait pas de prosélytisme. Le nom Comboni est très connu au Soudan, c’est ainsi que beaucoup de Soudanais du Sud appellent les petites écoles destinées aux déplacés. Lorsque pendant la première paix du Sud des jésuites voulurent fonder un collège à Wau qu’ils se proposaient d’appeler Ignace de Loyola, du nom de leur célèbre fondateur, la population leur dit :  « On ne veut pas de n’importe quoi, on veut un Comboni ».

Le lendemain de la canonisation, parlant à des pélerins venus y assister, le pape a proposé la fondation  d’une université catholique au Soudan, à la suggestion du nouveau Cardinal Zubeir Wako. Ce projet avait été demandé au Vatican par le président Nimeiri, au début des années 80 ;  il était tombé dans les oubliettes avec l’instauration de la sharia, et surtout la reprise de la guerre. C’est dire que le pape croit à la paix.
Le Soudan a tout de suite accepté une faculté d’informatique.
 

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