
|
Numéro 120 - septembre- octobre
2003
|
Balbutiements et Humeurs de l’Eté
| L’IGAD était passé du rôle de médiateur
à celui d’arbitre en émettant une proposition de paix
globale.
Tandis que le M/ALPS déclarait qu’il ne négocierait que sur ce document, la proposition fut refusée grossièrement par le gouvernement soudanais à l’indignation de toutes les organisations sudistes et des Eglises. On s’attendait aux reproches sanglants de la communauté internationale. Rien. Le gouvernement semblait oublier que le conflit prend sa source dans l’injustice et l’oppression et qu’il n’est donc pas réaliste de penser que chaque partie doive faire autant de compromis. Cependant les parties tombaient d’accord pour se retrouver en septembre. S’agissait-il d’une manœuvre tactique ? En même temps les parties continuaient à se préparer à la guerre. En Equatoria Orientale le gouvernement intensifia ses activités militaires accompagnées de vols de bombardiers Antonov. C’est une sorte de guerre psychologique contre la population qui a été terrifiée par les bombardements. On redouta une offensive à partir de Juba pour reprendre Kaya et Yei et couper la route d’accès de l’Ouganda vers la rive ouest du Nil ce qui aurait une influence dévastatrice sur l’action humanitaire et l’économie de marché embryonnaire qui se développe là. D’autre part il sembla qu’il y ait eu des activités militaires en Haut-Nil Est et Khartoum aurait envoyé 8 barges de matériel militaire à Juba. Tout ceci en contravention avec l’addendum au mémorandum d’entente signé avec l’ALPS. Soudanais du Nord comme du Sud craignent que la paix ne mène pas à la démocratie. C’est un souci pour les Sudistes car il y a beaucoup de partis et de factions en-dehors du M/ALPS qui voudraient être représentés dans un processus démocratique. C’est un plus grand souci pour les Nordistes dont la guerre n’est pas la première préoccupation. Leur problème est qu’ils vivent sous une dictature militaire et plus encore sous des services de sécurité, l’état d’urgence, et une interprétation fondamentaliste de l’islam qui n’est pas partagée par la majorité des Soudanais musulmans. S’ils doivent soutenir un processus de paix qui demande des concessions majeures au Nord, ils doivent au moins trouver une solution à leurs propres problèmes et être tenus au courant. Après la signature de l’accord sur la sécurité,
Garang a adressé un message au peuple soudanais, promettant que
le pouvoir sera partagé, y compris avec les autres forces politiques.
|