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Numéro 120 - septembre- octobre
2003
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PAIX
UNE NOUVELLE PERCEE
L’ESPOIR RENAÎT
| Les pourparlers de paix ont connu leur première percée
depuis juillet 2002 avec l’accord qui vient d’être signé concernant
les problèmes de sécurité. C’était l’un des
cinq points restant à régler dans les pourparlers de paix,
les autres étant le statut de la capitale, le partage du pouvoir,
celui des richesses et le sort des régions disputées au Nord.
Après le refus de Khartoum d’entériner l’arbitrage de l’IGAD qui avait fait suite à ses tentatives de médiations, les atermoiements avaient duré de juillet à septembre. Il fut alors décidé que Garang, chef du Mouvement/Armée de Libération du Peuple Soudanais (M/ALPS) et Ali Osman Mohamed Taha, premier vice-président du Soudan, dirigeraient eux-mêmes les pourparlers. Ce choix a surpris car Garang semble au moins vouloir le poste de Taha et Taha, de son côté, a la réputation d’être un tenant de la ligne dure. Le but de Béchir aurait été de l’impliquer dans le processus de paix pour qu’il tienne à honneur d’y réussir. Le succès vint si rapidement que Khartoum lui dépêcha précipitamment le ministre de la défense pour vérifier les détails de l’accord. Pendant la période intérimaire précédant
le référendum d’autodétermination, les Forces Armées
soudanaises et l’Armée de Libération du Peuple du Soudan
(ALPS) seront séparées et traitées également.
L’armée soudanaise se retirera du Sud dans les deux ans et demi
suivant la signature de l’accord de paix et sera redéployée
sous surveillance internationale au nord de la frontière Nord/Sud
du 1/1/1956, abandonnant non seulement Juba, Wau et Malakal, mais surtout
les champs pétroliers. L ’ALPS se retirera au sud de ladite frontière
sous surveillance internationale, abandonnant les Monts Nouba, le Nil Bleu
Sud et la région d’Abyei, dès que les « Unités
Jointes Intégrées » seront mises en oeuvre. Les deux
forces seront réduites proportionnellement « en temps utile
». Le Mouvement de Libération du Peuple du Soudan (MLPS) s’engage
à absorber dans les institutions du Sud-Soudan tant les soldats
des Forces Armées Soudanaises originaires de la région, que
les démobilisés de l’ALPS. Des programmes seront mis au point
avec l’assistance de la communauté internationale au bénéfice
de ceux qui seront démobilisés, soldats des Forces Armées
soudanaises originaires du Nord, et de l’ALPS. La grande nouveauté
est la formation d’Unités Jointes Intégrées, «
symbole de l’unité nationale ». Elles consisteront en un nombre
égal de membres de l’ALPS et des Forces Armées Soudanaises
et compteront plus de 40 000 hommes. (L’armée gouvernementale au
Sud compterait 50 000 hommes). Elles seront déployées au
Sud-Soudan, à Khartoum, pour protéger les hommes du MLPS,
et dans le Soudan Est, sur les bords de la Mer Rouge actuellement occupés
par l’ALPS, dans les Monts Nouba, le Nil Bleu Sud mais pas à Abyei,
où, selon le bruit qui court il y aurait un référendum.
Ces unités relèveront de la présidence, et auront
deux chefs d’Etat-Major qui prendront les décisions « par
consensus ». Les différentes milices sont supprimées,
certains membres pourront rejoindre les forces organisées d’une
des deux Parties (armée, police, prisons..), tandis que les autres
seront intégrés comme fonctionnaires ou dans les institutions
de la société civile.
Cet accord sera souvent difficile à mettre en oeuvre, on songe
au consensus nécessaire entre les deux chefs d’Etat-Major des Forces
Jointes et à l’insertion des Sudistes membres de l’armée
gouvernementale dans les institutions du Sud-Soudan.
Le président Béchir a apparemment lâché du
lest. Est-ce dû à l’appel téléphonique de Colin
Powell le pressant de faire la paix ? Ou au conseil de Talleyrand : «
Le but de la diplomatie n’est pas d’avoir raison de l’adversaire, c’est
d’éviter de l’humilier » ? Ou encore à la situation
au Darfour ? Là les rebelles exigent un gros effort de développement
qui ne sera possible que lorsque la paix apportera ses dividendes.
Bételgeuse
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