Numéro 119 - juillet - août 2003

INTERVIEW DU REPRESENTANT DES NATIONS-UNIES, MUKESH KAPILA
 

Mukesh Kapila a été récemment nommé résident des Nations-Unies et coordinateur humanitaire. Il a parlé à IRIN des récents progrès dans l’accès à l’aide humanitaire à la suite des progrès dans les négociations de paix, et du potentiel des Nations-Unies pour aider à améliorer la vie des Soudanais, dans un contexte d’après-guerre.

Q. Quel est le rôle des Nations-Unies dans le processus de paix actuel?
R. Les Nations-Unies ont un statut d’observateur aux pourparlers de paix et donc  aident les Parties à s’accorder.  Un rôle spécial des Nations-unies et d’obtenir une paix durable. Nous avons offert notre soutien pour les aider au renforcement des structures et à remplir les attentes du peuple soudanais .... Nous aidons les deux côtés  à s’y préparer, autrement la paix fragile sera minée et la confiance brisée.

Q. Quelle est votre évaluation d’ensemble pour les perspectives de paix?
R. Il y a de bonnes raisons pour un optimisme circonspect. Nous allons dans la bonne direction mais il ne faut pas se reposer sur nos lauriers. Si les attentes du Peuple soudanais ne sont pas satisfaites, une perspective existe de reprise des combats....

Q. Quel est le statut actuel de l’accès humanitaire?...
R. Nous avons un degré d’accès sans parallèle dans l’histoire des opérations des N.U. au Soudan. L’an dernier nous avons pu atteindre un million de personnes en plus. Depuis le 12 mai, 1000 tonnes de nourriture ont été transportées par bateau, et pour chaque tonne nous avons économisé 250 dollars en coûts d’opérations. On peut donc se servir de ces dollars pour aider d’autres gens.....
Nous avons encore des difficultés à obtenir pour notre personnel national des difficultés de traversée des lignes de feu. Obtenir des permis et toujours un véritable problème.

Q. Quels sont les plans des N-U pour aider le Soudan dans la période qui suivra immédiatement le conflit?
R. Les activités humanitaires qui ont fonctionné dans le cadre de l’OLS (Operation Lifeline Sudan) continueront. Nous nous attendons à apporter notre aide à plus de gens. Car l’accès à tous les gens dans le besoin a été difficile  dans les régions coupées par le conflit.
Ensuite nous avons préparé un programme de paix à impact rapide car un accord de paix ne veut pas dire la paix. Ce programme comprendra la réhabilitation des infrastructures, la formation des enseignants et le développement des compétences techniques pour que les Soudanais puissent trouver un emploi. Cela veut aussi dire soutenir et développer les média car la plupart des gens ne sont pas bien informés ou sont désinformés sur ce qui se passe. Nous avons besoin de créer dans les média une influence positive pour une paix durable. Les activités à impact rapide comprendront aussi la restauration de l’administration publique dans les régions où elles ont été absentes. Parce que le Soudan a souffert pendant de nombreuses années de faim, de pauvreté, de destructions, et de sanctions, cela ne peut se faire en un jour. Mais pour que la paix réussisse, les Soudanais ont besoin de sentir son impact.
Les réseaux des N-U en place depuis de nombreuses années soutenus par les activités de l’OLS peuvent être transformés pour construire les besoins de la paix.....

Q. Et si la paix n’arrive pas cette année?
R. J’en suis pour l’optimisme. Tôt ou tard la paix surviendra au Soudan.  Je ne sais quand cela sera mais quand elle arrivera nous serons là pour la rendre durable. N’oublions pas qu’une grande partie du Soudan est déjà en paix. Il est des choses que nous devons faire dès maintenant et nous commençons. Nous avons besoin de préparer les Soudanais à avoir des aptitudes techniques qu’ils puissent transmettre à d’autres. C’est une chose à faire maintenant.

Q. De quoi les Nations-Unies ont-elles besoin pour continuer à jouer un rôle dans le processus de paix et le développement dans l’après-guerre?
R. Nous apprécions beaucoup le soutien que les N-U ont reçu des Etats membres qui ont entretenu ses opérations pendant tant d’années....Cette année les N-U ont demandé 270 millions de dollars pour le Soudan. Jusqu’alors, à mi-année nous en avons reçu 30%. Il est demandé aux donateurs d’accélérer leurs règlements pour que les N-U puisse accomplir leurs programmes à temps.
Les donateurs pourraient aussi programmer leurs propres plans...

IRIN (Traduction Vigilance Soudan)
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