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Numéro 119 - juillet - août
2003
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LES AUTRES GUERRES DU SOUDAN
| Les pourparlers de paix sont bipartites et ne tiennent pas compte de
tous les conflits armés du pays, spécialement des rebellions
qui datent de longtemps dans les « trois régions »,
Abyei, les Monts Nouba et le Nil Bleu Sud dans le Nord ni du conflit armé
plus récent au Darfour dans l’Ouest Soudan. Les mécontents
de ces régions ont été regardés d’importance
secondaire par rapport à ceux du Sud, mais ils doivent être
pris en compte pour atteindre une paix durable. Pour ceux qui se sentent
ignorés par le processus de paix de l’Autorité Inter-gouvernementale
de Développement (IGAD), il existe un véritable potentiel
de miner tout accord qui ne soit qu’entre le Gouvernement du Soudan et
l’ALPS. Il revient donc à l’équipe de médiation de
l’IGAD et aux observateurs internationaux de s’assurer que l’on s’occupe
des griefs conduisant au conflit dans ces régions dans un accord
de paix d’ensemble.
Les trois régions sont dans le Nord géographique mais ont combattu avec l’ALPS depuis le milieu des années 80. Une grande partie des tensions est nourrie par les mêmes facteurs qui ont conduit à la longue guerre au Sud-Soudan : un gouvernement central qui exploite les ressources locales, impose ses croyances religieuses et culturelles à des populations historiquement différentes, et oppose constamment les tribus locales et les groupes ethniques les uns aux autres pour des gains tactiques à brève échéance. Ces pratiques ont marginalisé beaucoup de communautés à travers le Soudan. Leur échec à obtenir des changements de manière pacifique les a conduites à intensifier le conflit pour attirer l’attention sur leurs problèmes avant qu’un accord ne soit signé. La nouvelle rébellion armée au Darfour a choqué beaucoup de gens au Soudan. Les soucis des communautés de la région - en particulier les Four, Zaghawa, Massaleit et autres peuples africains du Soudan Occidental - reflètent non seulement la situation des trois régions et du Sud, mais aussi celle des Béja du Soudan oriental et des Nubiens du Nord Soudan. La réponse militaire massive dont menace le gouvernement au Darfour ferait une énorme quantité de victimes dans la population civile, tout en augmentant le ressentiment. Jusqu’ici la stratégie générale de l’IGAD a été largement de se centrer sur la solution de la guerre civile soudanaise en termes Nord/Sud, ce qui a conduit au protocole de Machakos en juillet 2002 annonçant un référendum d’autodétermination au Sud et la continuation de la charia au Nord. Cependant la poursuite des difficultés dans les trois régions et les violences récentes au Darfour montrent clairement que tout le Soudan a le même problème : la marginalisation des groupes et des régions périphériques par les gouvernements successifs de Khartoum. Le danger évident est que tant que ces groupes se sentiront marginalisés et que leurs opinions ne seront pas représentées au processus de paix de l’IGAD, la tension vers la violence sera irrésistible. Les discussions sur les Trois Régions doivent être clairement liées au processus de l’IGAD et les intérêts des populations mécontentes conciliées. La violence au Darfour devrait faire l’objet d’une initiative séparée intense du gouvernement soudanais, fortement encouragé par la communauté internationale pour mettre fin aux hostilités et s’assurer que les problèmes soulevés sont aussi traités par le processus de l’IGAD International Crisis Group (Traduction Vigilance
Soudan)
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