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Numéro 119 - juillet - août
2003
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DARFOUR
| L’interview du ministre des Affaires Etrangères Mustafa Ismail
accordée au journal indépendant Al-Ayam avait semblé
montrer un changement dans la politique du gouvernement : «Le
problème du Darfour peut être résolu politiquement
plutôt que militairement. Nous appelons sincèrement les gens
du Darfour à déposer les armes, à le dire à
voix haute et à dialoguer....Le problème du Darfour est né
du besoin de développement de la région...Le gouvernement
a préparé des programmes de développement qui ont
besoin de financement national et international et le Darfour est sur la
liste des régions candidates à des projets de développement
après que la paix soit venue au Soudan ». Jusqu’alors
le gouvernement avait refusé de reconnaître des motivations
politiques à la rébellion au Darfour, blâmant des groupes
criminels et des hors-la-loi. Il est à noter que le Ministre demande
d’abord de déposer les armes en échange d’une promesse éventuelle.
Mais une hirondelle ne fait pas le printemps et Khartoum est divisé
sur la réponse à apporter
Alors que les rebelles viennent d’annoncer avoir pris la garnison de Tinné, tuant 250 soldats gouvernementaux, Khartoum est incapable de se concentrer sur ses problèmes de développement avec la constance que cela requiert. Aussi semble-t-il que la solution militaire prévaudra. Mais l’armée sera incapable de défaire les rebelles et tout excès perpétré n’apportera que l’escalade de la violence. Les arrestations d’étudiants et de militants furent intensifiés les deux derniers mois. Les besoins humanitaires ne feront que grandir tant que le conflit continue. La Sudan Liberation Army (rebelle) essaie de se débrouiller avec l’énorme afflux de recrues dans ses nombreux camps. Etant purement africaine, elle a des problèmes politiques, établir de bonnes relations avec des leaders du Darfour à l’étranger qui n’ont pas confiance en elle, et essayer de s’arranger avec l’Alliance Arabe du Darfour qui s’est traditionnelement tournée vers Khartoum pour avoir son soutien, mais qui partage les mêmes griefs sur l’abandon de la région. Le 12 juin, 9 hommes ont été condamnés à mort par la Cour spéciale de Kass au Sud Darfour. Ces hommes, tous des arabes, ont été condamnés pour avoir participé avec 150 à 200 hommes à l’attaque du village africain Four d’Alibya. Ils ont tous dit qu’ils se trouvaient à Kass ce jour là. Parmi les 18 témoins de l’accusation, aucun n’a pu dire que les accusés avaient participé à l’attaque (Amnesty International 02 07). Cette affaire donne à penser que le gouvernement a voulu calmer les esprits des Africains du Darfour en rébellion, en évitant d’inculper les vrais responsables. |