| Des sources du Pentagone nous disent que l’armée américaine
se prépare à une opération au Soudan. La base la plus
probable serait Djibouti qui abrite depuis mai la Combined Joint Task Force-Horn
of Africa, comprenant environ 1 500 hommes, responsable du contre-terrorisme
dans l’Est de l’Afrique et au Yemen.
Le Soudan a bien fourni quelques informations sur le terrorisme à
Washington, mais il est très sous-développé et a beaucoup
d’endroits inaccessibles qui conviendraient pour des camps d’entraînement.
De plus Al Qaida a des liens anciens avec des factions du gouvernement
et Usama ben Laden a vécu dans le pays et y a dépensé
des fortunes à construire des routes et autres infrastructures pour
y faciliter les opérations de son groupe.
Or l’affaire du Baltic Sky, jointe aux écoutes américaines
de suspects de terrorisme dont un certain Sakr (en arabe faucon) basé
au Soudan, qui parlait d’attaques au Texas pendant les vacances du 4 juillet,
furent reliées à l’extradition en Arabie Saoudite par le
Soudan de 17 Saoudiens et d’un Palestinien (Cf. VS n°118) en cours
d’entraînement militaire non autorisé. Le Pentagone penserait
que l’Arabie Saoudite ne s’intéresserait pas à des militants
expatriés qui ne seraient pas liés à Al Qaida dont
un des buts est de renverser la famille royale saoudienne. Enfin, quoiqu’il
n’en ait pas la moindre preuve, le Pentagone pense que la rébellion
du Darfour pourrait être au moins tacitement encouragée
par des militants d’Al Qaida.
La première visite en Afrique du Président Bush en juillet
a compris l’Ouganda. Le Président ougandais Museveni est un astucieux
joueur géopolitique qui a manipulé à son avantage
des conflits au Rwanda, en République Démocratique du Congo,
en République Centrafricaine et au Soudan. Il aura cherché
à faire faire marche arrière à toute coopération
entre Khartoum et Washington car cela fortifiera la dépendance des
Etats-Unis à son égard et donc le soutien américain
à son gouvernement. Khartoum aura vu la visite de Bush à
Kampala comme une menace directe. [Toutefois le fait que les Etats-Unis
n’aient pas trouvé d’armes de destruction massive chez Saddam Hussein,
l’allié de Khartoum, aura pu soulager quelque peu ses craintes].
Que Khartoum ne hurle pas contre une opération anti-terroriste
imminente sur son sol par les Etats-Unis et leurs alliés, suggère
que le Soudan travaille avec Washington à cet égard. Cependant
permettre une opération n’est pas la même chose que
l’encourager - et cela devrait faire toute la différence pour les
chances de succès d’une telle opération.
(Stratfor – July, 01, 2003) Traduction et résumé
par Vigilance Soudan
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