Numéro 119 - juillet - août 2003

 

Future Offensive Américaine au Soudan ?
 
 

Des sources du Pentagone nous disent que l’armée américaine se prépare à une opération au Soudan. La base la plus probable serait Djibouti qui abrite depuis mai la Combined Joint Task Force-Horn of Africa, comprenant environ 1 500 hommes, responsable du contre-terrorisme dans l’Est de l’Afrique et au Yemen.

Le Soudan a bien fourni quelques informations sur le terrorisme à Washington, mais il est très sous-développé et a beaucoup d’endroits inaccessibles qui conviendraient pour des camps d’entraînement. De plus Al Qaida a des liens anciens avec des factions du gouvernement et Usama ben Laden a vécu dans le pays et y a dépensé des fortunes à construire des routes et autres infrastructures pour y faciliter les opérations de son groupe. 
Or l’affaire  du Baltic Sky, jointe aux écoutes américaines de suspects de terrorisme dont un certain Sakr (en arabe faucon) basé au Soudan, qui parlait d’attaques au Texas pendant les vacances du 4 juillet,  furent reliées à l’extradition en Arabie Saoudite par le Soudan de 17 Saoudiens et d’un Palestinien (Cf. VS n°118) en cours d’entraînement militaire non autorisé. Le Pentagone penserait que l’Arabie Saoudite ne s’intéresserait pas à des militants expatriés qui ne seraient pas liés à Al Qaida dont un des buts est de renverser la famille royale saoudienne. Enfin, quoiqu’il n’en ait pas la moindre preuve, le Pentagone pense que la rébellion du Darfour pourrait être  au moins tacitement encouragée par des militants d’Al Qaida.
La première visite en Afrique du Président Bush en juillet a compris l’Ouganda. Le Président ougandais Museveni est un astucieux joueur géopolitique qui a manipulé à son avantage des conflits au Rwanda, en République Démocratique du Congo, en République Centrafricaine et au Soudan. Il aura cherché à faire faire marche arrière à toute coopération entre Khartoum et Washington car cela fortifiera la dépendance des Etats-Unis à son égard et donc le soutien américain à son gouvernement. Khartoum aura vu la visite de Bush à Kampala comme une menace directe. [Toutefois le fait que les Etats-Unis n’aient pas trouvé d’armes de destruction massive chez Saddam Hussein, l’allié de Khartoum, aura pu soulager quelque peu ses craintes].

Que Khartoum ne hurle pas contre une opération anti-terroriste imminente sur son sol par les Etats-Unis et leurs alliés, suggère que le Soudan travaille avec Washington à cet égard. Cependant permettre une opération n’est pas la même chose  que l’encourager - et cela devrait faire toute la différence pour les chances de succès d’une telle opération.

(Stratfor – July, 01, 2003) Traduction et résumé par Vigilance Soudan


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