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Numéro 117 - mai - juin 2003
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Vers la paix
Rencontre au Caire entre les leaders de l’opposition
el Mirghani, el Mahdi et Garang
| L’entrevue du Caire a marqué la première rencontre en
trois ans entre Garang, leader du M/ALPS et el Mahdi, leader du parti Umma.
Les relations entre les trois leaders de l’opposition soudanaise ont été
aigries par une méfiance mutuelle . Tous les trois représentent
des bases populaires différentes au Soudan et ont souvent des projets
conflictuels. Poids lourds de l’opposition soudanaise, il était
important qu’ils ressèrent leurs liens.
Des craquements dans l’opposition soudanaise étaient apparus
quand le gouvernement soudanais sembla céder aux demandes de l’opposition
[du Nord] de démocratiser le système politique. Alors que
les groupes d’opposition ont beaucoup en commun, ils ne sont pas toujours
d’accord sur la façon de s’opposer au gouvernement. La rencontre
du Caire fut donc importante car elle éclaira la résolution
des leaders-clé de faire preuve de solidarité.
Garang s’est arrêté au Caire en route pour Washington pour rassurer el-Mirghani et el-Mahdi sur leur droit à être informés en premier des progrès des conversations kenyanes. Jusqu’à récemment, el Mirghani, leader du PUD, a beaucoup critiqué les pourparlers de paix entre le gouvernement et le MLPS. Encore le 28 mai, il déclara qu’ils n’aboutiraient à rien parce que les autres partis d’opposition n’y étaient pas inclus. Le PUD est le plus grand parti d’opposition du Nord à l’intérieur de l’AND, tandis que le parti Umma , qui est sorti de l’AND il y a deux ans, est la plus grande force politique organisée en-dehors du gouvernement. Les trois leaders ne furent pas toujours dans les meilleurs termes. Quand il était Premier Ministre, el Mahdi intensifia la guerre contre l’ALPS, armant des milices arabes pro-gouvernementales qui furent accusées de maintes atrocités contre les habitants des Monts Nouba et du Sud. Néanmoins les trois hommes se serrèrent la main et, pour quelques observateurs, ce fut la preuve que la polarisation de la politique soudanaise entre religieux et laïcs peut être atténuée....Garang salua cette rencontre « qui annonce une réconciliation nationale »... Le Président Béchir courtise l’opposition du Nord... Le Congrès National de Béchir partage une idéologie islamiste avec l’Umma et même avec le PUD. Il a besoin de leur appui pour la reconstruction du Sud, qui, seule selon lui, pourrait encourager les Sudistes à voter pour l’unité dans 6 ans et demi. Les Soudanais du Nord, appartenant tant au gouvernement qu’à l’opposition, craignent une sécession. Garang a récemment dit à Washington : « Il existe une possibilité, si nous entrons sincèrement en partenariat, partageons le pouvoir et développons le Sud, que le peuple décide de l’unité ». Jusqu’à maintenant, un optimisme circonspect existe qu’une solution à l’impasse politique soudanaise puisse être trouvée. (Gamal Nkrumah, Al Ahram -Traduction de l’Anglais par Vigilance Soudan) |