| ....R. A Karen du 2 au 5 mai 2002 nous nous mîmes d’accord sur
l’ordre du jour.
Q. Quel est le rôle du protocole de Machakos ?
R. C’est un cadre que nous avons établi comme base des
négociations. Nous le suivons religieusement. ...A la reprise des
pourparlers, nous avons étudié deux points très critiques.
Les Parties voulaient connaître les arrangements sécuritaires
avant d’examiner le partage des ressources et du pouvoir. Cela nous a pris
10 jours pour nous mettre d’accord sur l’ordre du jour des trois régions
disputées [Monts Nouba, Abyei, Nil Bleu Sud], cela nous a pris encore
trois jours pour nous mettre d’accord sur l’ordre du jour des arrangements
sécuritaires. Le partage des richesses n’a pas présenté
un tel problème, quand j’ai décidé d’examiner tous
les problèmes du conflit.
Q. A quel stade en sont les pourparlers?
R. Nous avons achevé la cinquième session. ..Pendant
la sixième session nous aurons besoin de négociateurs qui
puissent participer à l’établissement du projet final. Après
quoi les Parties en demanderont l’approbation des dirigeants. Mais cette
session pourrait ne pas être la dernière. Il manquera encore
les modalités de mise en oeuvre. Il ne doit pas y avoir de tricheries.
Nous ne voulons pas d’un accord comme celui d’Addis Abbeba en 1972. Nous
voulons un accord qui puisse avoir des garanties internationales, des Nations-Unies,
de l’Union Africaine et d’autres. Nous avons encore besoin de détails
sur les arrangements sécuritaires.
Q. Pendant la cinquième session, nous avons remarqué
des changements dans votre stratégie de médiation. Quelles
en sont les raisons?
R. Quand on conduit, il ne faut pas toujours le faire de la
même manière, c’est monotone. D’autre part je viens d’un métier
[militaire] où deux composantes sont primordiales, la flexibilité
et un élément de surprise. Il faut aussi pouvoir lire une
situation et ne pas engager ses forces vers ce qui ne conduit nulle part.
Q. Un des nouveaux concepts que vous avez introduits est l’approche
holistique.
R. L’approche holistique est une approche globale. Il existe
beaucoup de points sur lesquels les Parties ne sont pas d’accord, et nous
les avons réunis de manière à ce qu’elles puissent
marchander ces points les uns contre les autres.... Quelques problèmes
sont traités à un niveau beaucoup plus élevé
que la table des négociations.
Q. Quelle sera la démarche suivante?
R. Mener des consultations à un niveau plus élevé
pour essayer de savoir quelles sont les points non négociables et
les zones grisées. C’est pourquoi je vais me rendre au Soudan. Nous
nous servons de l’humeur du pays. Le Soudan rêve de paix. En me rendant
dans le pays je pourrai achever le projet d’accord.
Q. Vous avez donné fin juin comme date de signature
du projet final. Pensez-vous que ce soit une date réaliste?
R. Ce n’est pas moi. En avril, le Président Béchir
et John Garang se sont rencontrés à Nairobi. C’était
un des points de pression du gouvernement kenyan...C’est alors qu’ils donnèrent
cette date… Cependant la délégation SPLM a été
invitée aux Etats-Unis. Je ne pense pas qu’elle retourne à
temps pour que nous achevions fin juin....plutôt à mi-août.
Q. Il y a toujours le problème de bâtir la confiance?
R. Nous avons déjà commencé il y a quelques
temps en négociant le mémorandum d’entente sur le cessez-le
feu et en y obtenant un addendum. Nous avons aussi facilité les
mécanismes de vérification du cessez-le-feu grâce aux
Equipes de Vérification et de Surveillance qui se sont rendues au
Soudan cette semaine…
Q. Quelle est la différence entre cette nouvelle Equipe
de Surveillance et l’Equipe de Surveillance de Protection Civile [CPMT]
déjà sur place?
R. Le CPMT servait essentiellement à la protection des
civils et des biens des civils. Le groupe qui arrive maintenant va seulement
dans les régions où nous pouvons surveiller les activités
[militaires] des parties. Je pense que savoir que quelqu’un regarde, donnera
confiance aux gens du cru.
Q. ...Des groupes d’opposition se sont rendus au Caire pour
discuter du processus de paix. Ils ont signé une déclaration
demandant que ce processus aille au-delà des négociations
bilatérales entre le gouvernement et le SPLM, vers un consensus
national. Qu’en pensez-vous?
R. Dans le cadre de Machakos il y a des dispositions pour cela.
Cela ne sert à rien de signer un accord pour recommencer la guerre
parce que certaines personnes ont été oubliées. Il
est un temps où toutes les parties au conflit devraient être
incluses.
Q. L’Egypte a exprimé de sérieuses réserves...sur
le droit du Sud-Soudan à l’autodétermination [et donc à
la sécession]. Est-ce toujours le cas?
R. Non. L’Egypte a réalisé qu’elle ne pouvait
décider pour le peuple soudanais...Je suis allé en Egypte
quatre fois discuter de ces problèmes. Ils nous soutiennent maintenant
complètement.
Q. Quelle est votre vue d’ensemble sur la paix au Soudan?
R. Elle est dans les mains des Parties. Le plus difficile est
de créer une situation dans laquelle les deux Parties puissent vivre.
Une Partie trouve ces conditions inacceptables. Mais avec la pression internationale,
je crois qu’ils signeront l’accord en août 2003. ...
(IRIN - Traduction Vigilance Soudan)
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