Numéro 117 - mars - avril 2003

 

Droits de l’homme...Droits de l’homme

Nord
 

Arrestations : bornées à celles effectuées par la sécurité du 11 03 au 01 04, et connues.
Edward Ladu Terso, un journaliste travaillant pour Khartoum Monitor qui avait déjà été convoqué par la Sécurité les 9 et 10 mars en compagnie de Nhial Bol, son directeur, a été arrêté par les forces de sécurité le 11 mars au journal. Après qu’il ait été maintenu en détention dans un lieu inconnu il fut transféré à la prison de Kobar le 15 mars. Sa famille n’a pas eu de droit de visite. Edward Ladu écrit régulièrement une rubrique intitulée « Je ne peux pas comprendre ça » Il a été menacé de « sérieuses conséquences » s’il écrivait encore des articles qui, selon la sécurité, « incitent le public ou causent la haine raciale ». Il fut relâché à condition d’être réprimandé. Il fut donc suspendu sans salaire 15 jours (Human Rights Watch).
Le général en retraite Tawfig Salih Abu Kadoak a été arrêté par les forces de sécurité le 16 mars. Le général, qui a reçu de nombreuses médailles et souffre du diabète, a perdu son fils à la guerre, ce qui l’a rendu encore plus actif dans la défense des droits de l’homme, de la démocratie et de la paix.
Deux journalistes de la chaîne Al-Jazira ont été frappés par la police alors qu’ils couvraient une manifestation étudiante anti-américaine. Bien que le caméraman ait précisé sa qualité au policier, celui-ci a continué à le frapper sur les genoux avec une matraque. Le caméraman a pu s’échapper et les images ont été diffusées. Le même jour un journaliste d’Al Ayam, Hayder el Mukashfi, auteur d’une rubrique intitulée « Transparence » fut interrogé par les forces de sécurité. Ce qu’il écrit va « au-delà des lignes rouges. Nous en sommes au stade où nous te conseillons de changer tes écrits » (Reporters sans Frontières).
Mohamed Al Wasila Abbas fut arrêté le 23 mars par 12 membres de forces de sécurité qui fouillèrent sa maison et les maisons de ses voisins. Il est détenu dans un lieu inconnu au secret et l’on craint qu’il soit torturé. C’est un diplômé de l’université, marié à Salwa Saeid une avocate défenseur des droits de l’homme bien connue qui se trouvait à l’étranger au moment des faits. Le 22 mars fut arrêté Yasir Mohamed Al Hassan à la faculté de médecine où il travaille. Il a été emmené à la section politique des forces de sécurité près du cimetière Farouk où il est détenu au secret. On craint d’autant plus qu’il soit torturé qu’il l’avait été quand il fut arrêté au moment des manifestations étudiantes d’octobre 2002 avec onze autres ; des officiers de la sécurité se tenaient debout sur sa poitrine et sur son foie, le battant avec une barre de fer jusqu’à ce qu’il perde connaissance. (SOAT).
Hussein Ibrahim Gindeel a été arrêté par quatre officiers de la sécurité sur le chemin de sa maison à Damazin, Nil Bleu, le 24 mars. Ce haut-fonctionnaire du Ministère de l’Industrie, est en tant que bénévole, directeur exécutif de la Sudan Social Development Organization (SUDO) qui promeut le développement durable et les droits de l’homme. Les 26 et 27 mars SUDO devait tenir un atelier à Damazin sur le rôle de la société civile dans le processus de paix, sujet sur lequel le gouvernement semble très sensible. Il a été tenu au secret dans un endroit inconnu, puis relâché le 27 mars ; l’atelier a été annulé sine die (Human Rights Watch ).
Hassan Ali, Mohamed Siddiq Omar al-Amin, Mohamed al-Mustapha Hashem et sept autres étudiants de l’université de Bakht-el-Roda à El-Dueim, ont été arrêtés par les forces de sécurité à la suite d’une manifestation contre le refus de l’université d’élections étudiantes.
L’étudiant Ammar Najm el-Din a été arrêté en connexion avec les protestations étudiantes contre la guerre en Irak. Il a été battu avec un tuyau sur la tête, le dos et les testicules de 9h30 à 12h30 où il perdit conscience et torturé à nouveau de 1h à 3hle lendemain. On voulait lui faire admettre qu’il était en relation avec la Sudan Alliance Force. Il a été relâché et risque d’être arrêté à nouveau quand serait-ce que pour lui faire signer qu’il n’a pas été torturé. Sami Yusif Ismail, un étudiant de l’université de Kassala a été arrêté à son domicile, torturé comme Ammar Najm el Din et relâché. Deux étudiants ont été tués, Sharif Hassibullah et Haythem el-Tayeb. Un autre étudiant, el-Amin Chams el-Din a été tué lors d’une réunion de protestation contre les meurtres d’étudiants à l’université du Soudan. Tous les autres étudiants arrêtés sont au secret et l’on craint qu’ils soient torturés (Amnesty International et Human Rights Watch).
 
 
Article suivant
Retour au sommaire
Retour à la page d'accueil française
Retour à la page d'accueil