Numéro 116 - janvier - février 2003

Pétrole et économie
 

Nouveaux achats et prêt saoudiens

- Le groupe saoudien Al Juma Trading and Investment, dirigée par le saoudien Jumah Fahd al Jumah qui comprend des hommes d’affaires saoudiens et soudanais, a acheté  la Sudan Real Estate  Bank qui appartenait à l’Etat soudanais pour $15,5 millions. Le conseiller légal de la société, Abdullah Ibrahim Mohammed, a déclaré que la société élèverait le capital de la banque à 50 millions de dollars, alors qu’il est à 28 000. 
« M. Jumah croit qu’avec les perspectives de paix, le Soudan a un vaste potentiel et il établit ses institutions financières avec lesquelles il pourra lancer des projets d’investissement ».
La société enregistrée au Soudan a déjà 45% de l’Islamic cooperative Bank basée à Khartoum et a récemment reçu une licence de la Banque Centrale du Soudan pour ouvrir une autre banque. « Nous avons d’autres intérêts étrangers mais le Soudan sera notre foyer principal » (Reuter 6 décembre).
- Le ministre des Affaires Etrangères saoudien, le prince Saud al-Faisal s’est rendu au Soudan le 29 décembre pour pousser la coopération politique et économique avec le Soudan. Les relations entre les deux pays s’étaient rafraîchies depuis 1991, quand le Soudan avait pris le parti de l’Irak dans la guerre du Golfe (AFP 29 12).
- L’Arabie Saoudite prête 150 millions de dollars pour un projet de barrage sur le Nil à la quatrième cataracte (Nord), évalué à 1,6 milliard de dollars (AFP 08 01) ou 1, 750 milliard de dollars selon d’autres sources.

L’Ethiopie achète son pétrole au Soudan

- L’Ethiopie importera du pétrole soudanais à partir de 2003. Cela l’aiderait à épargner 30 dollars par tonne métrique. Ce pays importe maintenant deux millions de tonnes métriques de pétrole d’Arabie Saoudite  et des Etats du Golfe, pour lesquelles il dépense 221 millions de dollars par an (Xinhua 06 01).

Coopération avec Israël

- A en croire le quotidien israelien Maariv, le Soudan et Israël coopèrent en matière d’irrigation et de projets de développement. Les contacts secrets incluent une visite l’an dernier par un ministre soudanais à une ferme-école établie par Israël dans un pays asiatique, et des visites de citoyens soudanais en Israël pour étudier un système d’irrigation goutte à goutte. A la fin des années 90 un ministre soudanais aurait pris des contacts avec des officiels israéliens dans le but d’établir des relations non officielles. En janvier 2002, les media israéliens prétendirent que des employés du gouvernement soudanais recevaient une formation agricole en Israël. L’ambassade du Soudan en Jordanie a catégoriquement nié ces rapports.
La coopération agricole soudano-et aussi éthiopio-israélienne est perçue au Caire comme une menace  pour ses ressources d’eau.

Accords de libre échange

- Les Emirats Arabes Unis et le Soudan ont signé un accord de libre échange pour supprimer graduellement jusqu’en 2005, les barrières douanières entre les deux pays (Reuter 01 02).
- La Jordanie et le Soudan ont signé un accord de libre échange. Les deux Etats ont appelé à la mise en oeuvre rapide d’une zone de libre-échange pan-arabe.

Difficultés dans la vente de Talisman

- On se souvient que la société indienne nationale a conclu un accord avec Talisman pour l’achat de ses participations pétrolières au Soudan. Mais le malais Pétronas qui a 30% des parts et le chinois CNPC qui en a 40%, ont un droit de préemption. Toutefois la loi au Soudan ne permet pas à une société étrangère d’avoir plus de 40% de participation. (Reuter Press Trust of India 01 01). Selon certaines sources, les mauvaises relations entre l’Inde et la Chine seraient l’une des causes du débat. Selon d’autres, Chinois et Malais trouvent que Talisman fait un profit énorme avec son prix de vente à 758 millions de dollars et voudraient avoir une part du gâteau (Financial Post 03 01).Talisman, alors que le prix du baril dépasse 30 dollars n’est pas vraiment pressé de conclure.

Projets pétroliers soudanais

- Le Soudan espère accorder une série de concessions pétrolières dans le Nord. La société roumaine SNP Petrom Sa négocie des droits dans le Bloc 8 (Nil Bleu Nord), tandis qu’une société anglaise et des sociétés arabes attendent, au cas où ils ne concluent pas. Trois différentes sociétés britanniques sont en pourparlers pour divers blocks, la plupart pour le Block 15 (Mer Rouge). Des sociétés françaises sont aussi intéressées. Des sociétés américaines se rendent au Soudan mais les sanctions US contre le Soudan les empêchent de finaliser. Elles attendent probablement la paix et la fin des sanctions.
Le gouvernement cherche aussi à augmenter l’exportation de ses produits raffinés en faisant passer de 50 000 barils/jour à 100 000 barils/jour sa production de produits raffinés. Il envisage de construire un nouveau port Al-Izzah près de la ville de Port-Soudan et de construire un nouvell oléoduc de 730 kilomètres reliant la ville d’AL Fula (probablement un nom Nuer arabisé ?) à la raffinerie de Khartoum (Dow Jones 03 02).

la Banque Mondiale

- La Banque Mondiale se propose d’envoyer un certain nombre d’experts pour discuter l’établissement de projets économiques et de développement à être mis en oeuvre quand la paix sera signée.

Et autres

- Une délégation malaise s’est rendue au Soudan pour développer les relations économiques entre les deux pays. Elle comprenait des représentants de  Leader Steel Sdn Bhd, Nec Computers Malaysia, Expomal network, Harvik Rubber Industries, Takaso Tubber Products et Perbandanan Lomputer Nasional Bhd (Nascom) (Bernama 17 01).

- Le Sous-Secrétaire d’Etat turc au Ministère du Commerce Extérieur a déclaré que de nombreuses sociétés turques étaient intéressées par l’exploration et la production de pétrole au Soudan.
 

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