Numéro 116 - janvier - février 2003

Opérations militaires
 

- Après que le gouvernement et l’ALPS se soient accusés mutuellement de soutenir la Lord Resistance Army (LRA, rebelles ougandais se trouvant en partie au Soudan), l’ALPS a déclaré que l’armée ougandaise devait changer de tactique si elle voulait battre la LRA, mais sans donner plus de détails (Monitor, 04 12). Le Soudan a demandé à l’Ouganda de ne pas permettre aux hommes de l’ALPS de se rendre en Ouganda armés ni d’acheter des armes par le canal de l’Ouganda, ni de permettre à des armes destinées à l’ALPS de transiter par l’Ouganda. « Nous pensons que le Soudan a payé sa part en autorisant l’armée ougandaise de poursuivre la LRA au Soudan, maintenant c’est au tour de l’Ouganda » (AFP 10 01).Le Soudan a promis d’envoyer des troupes dans les camps abandonnés par la LRA, lors de l’offensive de l’armée ougandaise, pour l’empêcher de s’y réinstaller (Reuter, 10 01). L’armée ougandaise a déterré une cache d’armes de la LRA dans vallée de la rivière Kir au Sud-Soudan. Parmi les armes il y avait 15 mines anti-personnel, 30 fusées anti-personnel, 5 grenades à propulseur, 6 bombes, 21 bombes pour automitrailleuse de 82mm et 10 boîtes de fusées anti-chars.
- En mars 2002, un accord avait été signé entre le gouvernement soudanais et l’ALPS selon lequel ils s’engageaient à ne pas attaquer les civils. Une équipe de 22 personnes dirigées par un américain devaient contrôler. Ils ont reçu du gouvernement américain 6 millions de dollars pour accomplir leur mission. Le gouvernement américain va d’ailleurs rechercher des financements d’autres pays. Leur premier travail fut d’enquêter sur le bombardement d’un camp de transhumance le 21 septembre 2002, près de Juba. Le diagnostic est que le bombardement ne fut pas intentionnel, puisque les bombardiers cherchaient à atteindre une batterie ALPS, située près d’une église, contrairement à un engagement pris par l’ALPS (AP 15 12). Les Américains protègent les dommages collatéraux, et Vigilance Soudan s’étonne, des délais qui empêchent d’avoir des renseignements précis, et surtout du fait que ce soit le seul cas enquêté.
- Peter Gadet un commandant Nuer ALPS a changé de côté pour se ranger dans le camp gouvernemental. Il est actif dans les régions pétrolières et sa perte sera durement ressentie par l’ALPS. Gadet a déclaré qu’il avait pris la décision rationnelle, par souci pour la richesse pétrolière soudanaise et qu’il était convaincu que le gouvernement recherchait sincèrement la paix. L’ALPS a déclaré que le gouvernement courtisait Gadet depuis un certain temps, qu’il avait été acheté et que des commandants de sa faction restaient avec l’ALPS (AP 12 02). On dit d’autre part que Gadet s’était rendu à Nairobi pour un traitement médical et qu’il se serait vu retirer son commandement dans le Haut-Nil Ouest.
- Trois personnes ont été tuées et une quatrième blessée quand un tube d’azote a explosé à la base aérienne de Khartoum. La déclaration publique parle de martyres (AP 24 12)
-Les deux camps s’accusent mutuellement de violation de la trêve. Selon l’ALPS les troupes gouvernementales ont mené une offensive à partir du 31 décembre en zone pétrolière sur la ville de Tam avec 1500 soldats, autour de la ville de Renk et sur la ville de Reang, à l’est de Koch, offensives soutenues par des chars et des hélicoptères qui auraient été repoussées ; des hélicoptères ont attaqué des dizaines de villages, les troupes au sol pillant des troupeaux et brûlant ; la ville de Leer fut bombardée. Pour l’ALPS cette offensive est due au désir de Khartoum de chasser les rebelles de deux zones d’exploration, le Block 4 et le Block 5A, actuellement contrôlé par les deux côtés. Le suédois-suisse Lundin, le malais Pétronas et l’autrichien OMV ont la concession 5 A, dont ils se sont retirés à cause du manque de sécurité. Le 11 décembre, Lundin avait déclaré qu’il voulait creuser 2 puits dans le Block 5A, « à condition que le processus de paix actuel évolue suffisamment pour que les opérations reprennent ». 
A ces accusations les autorités soudanaises ont répondu que les accusations elles-mêmes constituaient une violation de la trêve qui interdit expressément l’usage de campagne de media (!). De son côté le gouvernement soudanais a accusé l’ALPS d’avoir tué 3 ouvriers de construction et blessé « des » soldats dans une attaque le 1er janvier sur la troute de Leer à Bentiu, attaque qui fut repoussée (Reuter 01 01, IRIN, Dow Jones, AP 02 01, Reuter, AFP 03 01). 
- Le 1er janvier Radio Omdurman (Khartoum) annonçait une autre offensive ALPS le long de la route de Rabkona et à Marmar.
L’ALPS a totalement nié avoir rompu la trêve et a déclaré le 12 janvier «  quand le gouvernement fait une telle déclaration, c’est qu’il s’apprête à lancer une offensive ». Le 16 janvier elle a déclaré que le gouvernement avait lancé une offensive dans le Haut Nil Ouest utilisant hélicoptères et artillerie. « Khartoum teste les médiateurs, les observateurs et la communauté internationale pour voir ce que leur réponse sera » a déclaré Garang (SDR 12 01 Reuters 12 01, AFP 16 01).
- Selon l’ALPS, les forces gouvernementales ont capturé la ville de Leer dans le Haut-Nil Ouest le 27 janvier et étaient en train de bombarder les villages environnant par voie aérienne et par artillerie, ce qui a forcé l’OLS et d’autres ONG de se retirer. Ce fait est confirmé par les Nations-Unies (SPLANA, IRIN 27 01). Mais le gouvernement soudanais a déclaré que Leer lui appartenait depuis 1996 (AFP 28 01), tandis que deux milices pro-gouvernementales, le SSLM et le SSDF, non inclues dans la trêve se vantaient d’avoir pris une ville, Akobo dans le Haut-Nil Est. Toutefois, le chef du SSDF, Paolino Matip est major général de l’armée soudanaise (Reuter 02 02).Les Etats-Unis ont élevé la voix contre le gouvernement soudanais qui les a accusé de partialité.
Finalement un additif à la trêve a été signé, prévoyant des mécanismes de vérification..
 
Article suivant
Retour au sommaire
Retour à la page d'accueil française
Retour à la page d'accueil