Numéro 115 - novembre - décembre 2002

 

LES SAOUDIENS SONT PARTOUT
 

Des groupes saoudiens multiplient les prises de participation dans des sociétés soudanaises, parfois en contrepartie de prêts non remboursés.
Ces derniers mois, plusieurs groupes saoudiens multiplient les prises de participation dans des sociétés soudanaises. Le dernier en date est le Development Group for Trading and Construction, qui a acquis 50% de la Danfodio Commercial & Contracting Company, la plus grosse entreprise de construction et d’ingénierie du pays, pour 25 millions $. Fin septembre, le prince saoudien Al Waleed Bin Talal, neveu du roi Fahd et président de la Kingdom Holding Co, a signé un accord d’un montant de 330 millions $ prévoyant la construction d’un hôtel cinq étoiles à Khartoum et la création de la Gulf Company for Livestock, qui devrait devenir l’exportateur exclusif de bétail vers les pays arabes. Un autre groupe a pris coup sur coup des parts dans trois firmes soudanaises parapubliques, en contrepartie de prêts précédemment concédés aux autorités soudanaises; Il s’agit du groupe Al-Jumaa Trade and Investment, basé à Dammam (Arabie saoudite), qui a d’abord racheté au printemps dernier 41% de la Duty Free Markets and Free Zones Company pour  11 millions $, devenant ainsi le second plus gros actionnaire de cette entreprise après le Trésor soudanais. Il a ensuite acquis 45% de la Islamic Cooperative Development Bank pour 5 millions $, devenant le second plus gros actionnaire de cette banque après la province de Khartoum. Enfin, plus récemment, il a racheté le Friendship Palace Hotel pour 17 millions $. et hôtel a été donné par la Corée du Sud au Soudan avant d’être cédé à la compagnie coréenne Daewo au début des années 1990, puis rachetée par le groupe al-Jumaa. Ce dernier a également acquis l’hôtel Arak qui appartenait à un groupe d’hommes d’affaires soudanais, ainsi qu’un terrain à Sennar au centre du Soudan, et possède l’hôtel Green Village, qui fait partie de la Duty Free Markets and Free Zones Country.

Le Saoudien Juma al Jumaa, qui a négocié ces rachats à Khartoum, aurait une vision islamique assez fondamentaliste : il a demandé aux femmes travaillant au Palace Hôtel de porter des vêtements couvrant tout leur corps et a déconseillé aux employés d’écouter de la musique.

(La Lettre de l’Océan Indien du 26 10 2002)
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