Numéro 115 - novembre - décembre 2002

 

LES ENGAGEMENTS ENVERS LE FMI
 

Afin d’être réintégré au sein du FMI, Khartoum renégocie le paiement de sa dette envers cette institution ainsi qu’un programme économique serré.

A l’issue de longues consultations avec le Front monétaire international (FMI), au premier trimestre 2002, Khartoum avait obtenu un rééchelonnement de sa dette avec l’institution financière pour cette année. Le Soudan aurait dû rembourser près de 24 millions $ cette année, mais la baisse des recettes de l’Etat, qui l’a obligé à interrompre ses paiements au Fonds (5 millions $ par mois) durant le second semestre 2001, a incité les fonctionnaires du FMI à ré-échelonner ces arriérés. Priorité a été donnée notamment au remboursement par Khartoum des fonds de développement arabes qui vont financer le barrage hydroélectrique de Merowe. Mais en échange de la clémence du FMI, le Soudan a accepté la mise en place d’un programme rigoureux, qui l’oblige notamment à plus de transparence dans la gestion de ses revenus pétroliers et à une baisse des dépenses militaires. L’an dernier, le Soudan a mené, à la demande du FMI, un audit de la gestion de ses revenus pétroliers, qui a mis en évidence des différences entre les statistiques de production et les revenus des exportations de pétrole de la  Bank of Sudan. Khartoum a été prié de mettre de l’ordre dans ses comptes, et d’en finir avec le système de paiements en nature. La société nationale Sudapet s’acquittait jusqu’ici de ses obligations financières auprès de l’Etat en cargaisons de pétrole. Ces transactions n’apparaissaient pas dans les recettes issues de l’exploitation du pétrole comptabilisées par la Bank of Sudan.

Autre engagement pris par Khartoum, la réduction des dépenses militaires. Selon le même document du Fonds, le budget de la défense soudanais pour 2002 avait été initialement fixé à 102,4 milliards de dinars (400 millions $), soit une augmentation de 13,5% par rapport à 2001. Au terme de négociations avec le FMI, le Soudan a accepté de le réduire à 88,7 milliards de dinars, soit 346 millions $, ce qui équivaut à 2,5% du PNB du pays.

(La Lettre de l’Océan Indien du 9 11 2002)
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