NORD
- A l’Université de Khartoum, des émeutes commencèrent
le 22 octobre quand la police intervint pour interrompre une célébration
par les étudiants de la fin du régime militaire du
général Abboud à la suite d’un soulèvement
populaire. Les étudiants protestèrent contre l’entrée
de la police et appelèrent à la démission du vice-chancelier
de l’université pour l’avoir appelée. Le gouvernement a annoncé
le 4 novembre avoir ordonné une enquête sur des abus supposés(nombreux
blessés, pillage) de la police qui ont conduit à une agitation
continuelle. Le comité d’enquête doit comprendre des membres
de la police, des forces de sécurité et de l’administration
de l’Université. Les demandes des étudiants incluent le fait
que des étudiants et des membres du staff aient été
battus. Ils veulent aussi que les syndicats étudiants , suspendus
il y a 4 ans alors que les élections semblaient devoir être
gagnées par l’opposition, soient rétablis.
Le 14 novembre, des troubles ont éclaté à nouveau,
opposant étudiants pro et anti- gouvernement, et l’université
a été fermée de manière illimitée (BBC
14 11).
Le 22 Novembre , pas de nouvelles de l’enquête, mais le chef
de la police a félicité ses hommes pour leur attitude pendant
l’émeute et annoncèrent une récompense de 10 millions
de livres (environ 4000 $) sans indiquer comment la somme serait partagée
(AFP 22 11).
- Le Khartoum Monitor a été fermé deux jours pour
avoir publié un document sur le sida, jugé trop graphique
et pouvant mener à l’immoralité publique (AFP 6 11).
- Les autorités ont confisqué le 9 novembre les copies
de trois journaux indépendants, Al-Sahafa, Al-Horriya et Al Watan.
Les éditeurs ont été interrogés par la police
et on leur a dit de ne pas écrire sur les émeutes anti-gouvernementales
à l’université. (AFP 9 11, AP 10 11).
- Le gouvernement érythréen a protesté auprès
des autorités soudanaises contre « les arrêts
massifs » d’Erythréens. Les forces de sécurité
soudanaises seraient entrées « illégalement »
dans le Centre de la Communauté érythréenne à
Khartoum et auraient arrêté beaucoup d’Erythréens dont
deux membres de l’ambassade. De plus de nombreux Erythréens
innocents auraient été arrêtés dans tout le
pays. On ignore le lieu de leur détention. Il n’y eut pas de commentaire
des autorités soudanaises. Mais elles ont nié les allégations
de l’Erythrée selon lesquelles le gouverneur de Kassala a
demandé à l’UNHCR de déplacer tous les Erythréens
de son gouvernorat vers l’Erythrée. Selon Khartoum, il cherche à
pousser à retourner en Erythrée les volontaires, malgré
la fermeture de la frontière, et à déplacer les autres
loin des régions frontalières pour les protéger de
l’agression érythréenne . L’UNHCR semble tenir plutôt
pour cette version et s’agite (IRIN 25 10 02, Reuter 29 10, IRIN 01 11).
- Dans les Monts Nouba, le général Whilhelmsen a demandé
des fonds importants pour les opérations de déminage ( AFP
9 11).
- Le CEAWC a retrouvé 2000 personnes « enlevées
». 600 ont retrouvé leur famille, les 1400 autres sont soit
dans des camps, soit dans des familles Dinka hôtes.
- Amnesty International lance un appel : neuf personnes ont été
arrêtées le 20 octobre à Aweil, capitale du Nord Bahr
el Ghazal. Il s’agit de Garang Wek Atheny, Gabriel Akol Akol Kuc, Ajiing
Lual Lual, Andrew Lual Buolo, Gabriel Lual Deng, Lino Garang Athian, Garang
Mawien Angok, Gai Gai, Ahmad Labuo, commerçant.
Ces hommes sont détenus incommunicado au quartier général
de l’armée à Khartoum Nord, ils courent le risque d’être
torturés. Aucune raison n’a été donnée pour
l’arrestation d’aucun de ces détenus, et l’on ignore s’ils ont été
inculpés. Trois autres personnes qui ont été arrêtées
avec eux ont été relâchées.
Garang wek Atheny était conseiller du gouverneur du Bahr
el Ghazal Nord. Ahmed Labuo aurait été arrêté
à l’aéroport d’Aweil après qu’il ait demandé
à des membres de l’intelligence militaire la raison de l’arrestation
des autres.
Envoyez des appels en anglais ou en français au
Président Omar Al Béchir, Palais Présidentiel,
Khartoum, Soudan
- exprimant votre inquiétude devant la détention incommunicado
des neuf personnes nommées ci-dessus
- recherchant des assurances que les détenus seront traités
humainement et auront immédiatement accès à des avocats
et à leur famille,
- demandant aux autorités soit d’inculper les détenus
et de les présenter promptement à la justice pour un jugement
juste, soit de les relâcher immédiatement.
SUD
- Le gouvernement soudanais, l’ALPS et les Nations-Unies ont signé
un accord historique sur l’autorisation d’accès de l’aide humanitaire.
« Depuis les débuts de l’OLS nous n’avons jamais eu d’accès
sans entraves. On peut s’attendre à ce que la demande soit extraordinaire
Nous connaissons certains endroits qui subissent des conditions épouvantables
» a déclaré Ronald Sibanda de l’OLS. Cet arrangement
devait durer du 1er Novembre à fin décembre (IRIN 28 10),
mais a été prorogé jusqu’au 31 mars.
Le gouvernement kenyan et le régime de Khartoum ont négocié
un accord selon lequel un consulat du Soudan serait établi à
Lokichokio, le centre des efforts humanitaires de l’Opération Lifeline
Sudan. Moi aurait reçu des fonds substantiels pour sa campagne présidentielle.
Le Président Béchir aurait déclaré à
Moi que ses généraux auraient demandé une telle présence
de services de renseignements en échange de leur « permission
» pour que l’accord de cessez-le-feu et donc le processus de Machakos,
continue. Dirdery Ahmed, l’ambassadeur du Soudan au Kenya a dit que son
gouvernement ayant négocié récemment avec les rebelles
un accord pour autoriser l’accès humanitaire dans la région,
pense qu’en retour il a le droit de vérifier tout ce qui entre dans
la région. Les avions sont déjà vérifiés
par les douanes kenyanes et des vérifications supplémentaires
créeraient des délais supplémentaires, sans parler
de corruption possible.
Cette affaire sera un test important de la volonté des Etats-Unis.
Les Nations-Unies pourraient faire valoir que, à cause de la présence
de l’Opération Lifeline Sudan, Lokichokio a un caractère
international. Mais tout semble montrer que les Nations-Unies se dérobent
à leurs obligations. L’accord de Khartoum pour le cessez-le feu
peut se terminer en un instant, mais la présence d’un service de
renseignement soudanais durera toujours, harcelant, intimidant et
s’opposant aux opérations OLS et non OLS de diverses manières
fort imaginables.
- MSF a déclaré le 8 novembre qu’une sévère
attaque de kala-azar intestinal dévaste des communautés du
Sud, épuisées par la malnutrition et la guerre. Sont notamment
affectées les régions de Lankien, Malakal et Umm el Kher.
Si la maladie n’est pas traitée, 99% des malades meurent.
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