Numéro 114 - septembre - octobre 2002

Droits de l’homme

Nord
 

- Le quotidien Al Ayam a été suspendu pour un jour pour avoir parlé d’excision dans sa colonne de santé qui répond aux questions des lecteurs. L’excision est extrêmement répandue dans le Nord du Soudan et le gouvernement ne lui était pas favorable. A-t-il changé d’avis? Le Conseil National de la Presse du Soudan qui a pris la décision a accusé le journal « d’offense à la pudeur publique » (IRIN 30.8).

- Après la suspension des pourparlers de paix par le gouvernement soudanais, le 2 septembre, deux quotidiens de Khartoum ont été confisqués le 4. 

- Al-Horriya avait écrit que, avant l’offensive ALPS qui avait poussé le gouvernement à suspendre les pourparlers, il n’y avait pas eu de cessez-le-feu (AFP 4 sept.).

- Le journal de langue anglaise Khartoum Monitor avait publié un discours de Sadiq el Mahdi désapprouvant la suspension des pourparlers (AFP 4 sept). Mais selon Associated Press, le directeur de la publication avait été appelé à la Sécurité pour avoir publié des extraits d’une lettre d’un lecteur d’Abyei, ville Dinka qui ne fait pas partie du Sud stricto sensu. Ce lecteur réclamait que les habitants de sa ville participent au référendum d’autodétermination du Sud prévu par l’accord de Machakos. Le journaliste aurait été accusé d’atteinte à l’unité nationale. Il a été relâché (AP 5 sept).

- Nous avions rapporté dans le Vigilance Soudan n°113 que Béchir avait renouvelé pour un an l’internement à domicile de Tourabi. La maison du secrétaire général du parti au pouvoir fut attaquée et des membres du parti d’opposition de Tourabi, le Congrès National Populaire accusés d’en être responsables. Ce qu’ils nièrent. Quoi qu’il en soit, plus de 100 membres de ce parti ont été arrêtés. Certains auraient déjà dûs être jugés, mais aucune nouvelle n’a filtré jusqu’à nous. Un porte-parole de la police a déclaré que le parti planifiait des actes subversifs pour saper l’accord de Machakos (AFP 31 08). Tourabi a été transféré à la prison de Kobar à Khartoum Nord. Selon sa famille, le gouvernement veut montrer aux membres du Congrès National Populaire que leurs manifestations ont empiré les choses pour leur chef (Reuters 01 09). Il est exact d’autre part que le Congrès National Populaire est défavorable aux accords de Machakos 

- Le Rapporteur Spécial des Nations-Unies pour les Droits de l’homme souhaitait se rendre à Khartoum début septembre. Il avait demandé des renseignements sur l’utilisation de l’argent du pétrole et on lui avait répondu qu’il était utilisé pour les gens de la région. Comme aucun élément ne montrait la véracité de cette déclaration, il insista en demandant des documents. Sa demande fut jugée « irrecevable » et sa visite  repoussée jusqu’en octobre (AFP 15 09).

- L’Alliance Nationale Démocratique, qui regroupe une partie de l’opposition du Nord et le M/ALPS  a un front au Nord-Est du Soudan, non loin de la frontière érythréenne. Elle a déclaré qu’après avoir pris Hamashkoreib avec une région d’environ 78000 personnes, elle avait constaté que les gens, dans cette région frappée par la sécheresse, manquaient de manière aiguë d’eau et de nourriture. Depuis juillet, a-t-elle ajouté, les agences régionales avaient mis en garde contre les conséquence de la grave sécheresse qui mettait en jeu la survie des gens et des animaux, et le gouvernement a caché le problème au lieu de s’en occuper (AFP 10 08).

- A en croire l’ALPS, le 20 septembre l’armée soudanaise aurait massacré de sang froid plus de 200 personnes à Abyei, ville située au Sud du Nord et peuplée de Dinka qui souhaitent faire partie du Sud pour le référendum. Parmi les morts des intellectuels, des hommes d’affaires, des fonctionnaires. Le chef traditionnel des Dinka d’Abyei a été arrêté et l’on craint qu’il soit mort. D’autres noms sont cités (SPLANA 27 09).

- Le 23 octobre, manifestation des étudiants de l’Université de Khartoum à la suite de l’annulation d’une réunion politique où devait intervenir l’opposant Ghazzi Suleiman (Sudanese Human Rights Group, SHRG)et la suppression des activités de l’Union des Etudiants, interdite depuis 5 ans. Les manifestations continuaient le 25. Après l’intervention de la police anti-émeute, des dizaines d’étudiants furent blessés dont deux gravement. 100 étudiants ont été arrêtés . 60 ont été relâchés. On ignore où se trouvent les autres.
Selon la police certains de leurs véhicules auraient été brûlés et des policiers blessés. Le SHRG demande l’arrêt des violences et la restauration des droits de l’Union des Etudiants (AFP 23 10/SHRG 25 10).

Sud
Actions de la Lord Resistance Army(LRA), rebelles ougandais
La LRA avait déjà attaqué des camps de réfugiés soudanais dans le Nord Ouganda en Août et les Nations-Unies  avaient transporté 5000 d’entre eux près du Lac Albert.
Le 9 septembre la LRA attaqua le camp de réfugiés de Maaji, chassant 6000 réfugiés.  Les Nations-Unies leur recherchent un autre emplacement de camp plus au Sud de l’Ouganda. La LRA a au moins enlevé 20 personnes pour l’aider à transporter son butin. Ce camp avait déjà été attaqué en juillet causant la mort de 6 réfugiés (AP 13 sept).

Bombardements par le gouvernement soudanais
- à Yabus, centre de secours dans le Nil Bleu Sud, le 10 septembre, deux garçons furent tués et huit autres enfants sévèrement blessés, quand des bombes tombèrent près d’une école (AFP 10 sept.).
- sur un campement de transhumants, le 21 septembre, qui tua 13 personnes dont 4 enfants et pour lequel les Etats-Unis condamnèrent le Soudan (AFP 27 septembre)
- à nouveau Yabus  le 8 octobre, un mardi, jour de marché, les bombes tombèrent sur le marché tuant 5 personnes et en blessant gravement 11 autres (AFP 9 oct.).

 

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