Nord
- Une personnalité de l’opposition originaire du Sud,
le médecin Toby Madut a été emmené par
les forces de sécurité alors qu’il était dans
son cabinet médical à Khartoum. Deux jours auparavant il
avait été convoqué à la sécurité
et avait refusé de s’y rendre parce qu’on ne lui avait pas donné
de copie de l’ordre. (AFP) Il semble toujours être aux mains des
services de sécurité.
- Au Darfour, près de la frontière tchadienne,
à la suite des heurts entre une tribu de pasteurs arabes, les Rizeigat,
et une tribu d’Africains agriculteurs, les Al-Muaalia, qui firent plus
de 50 morts (VS mai/juin), des tribunaux d’exception, c’est à dire
sans avocats, ont prononcé 87 sentences de mort le 17 juillet
(Reuters), à l’encontre de Rizeigat. Les agriculteurs africains
répètent jusque là, que le gouvernement soutient matériellement
et moralement les Arabes dans ces conflits, ce que celui-ci dément
fermement. La cour d’Appel a confirmé la condamnation (DPA). Le
tribunal d’exception condamna 15 autres personnes à mort
pour l’attaque de deux villages africains Fur ( AFP).
- Une demande pour que Tourabi soit relâché de
son internement à domicile, qui avait dépassé
les 9 mois autorisés par la loi, a été présentée
à la Cour Constitutionnelle par des avocats (AP). Malgré
une décision contraire de la Cour, se basant sur l’Etat d’urgence,
le président Béchir ordonna le renouvellement de l’internement
à domicile pour un an. (AFP). La maison du secrétaire
général du parti au pouvoir fut attaquée
; les forces de sécurité ont arrêté plusieurs
membres du parti de Tourabi, le Congrès National Populaire, les
accusant de cet assaut. Le parti a nié toute implication de
ses membres. Les personnes arrêtées auraient avoué
(AFP).
Nouba
Le cessez-le feu a été renouvelé in extremis
pour 6 mois. Les ONG internationales travaillant dans les
Nouba ont critiqué la Commission Militaire Jointe (instituée
pour le cessez-le feu) dirigée par le général norvégien
Jan Erik Wilhelmsen, l’accusant d’être « incompétente,
inefficace, pas impartiale, manquant de sensibilité et incapable
de protéger les civils et les agences humanitaires ».
Sud
- Des chrétiens se sont plaints de la profanation de l’Eglise
de Kapoeta pendant l’occupation de la ville par les troupes gouvernementales.
Cette église a aussi été largement détruite.
- En un an et demi 8000 enfants soldats âgés le plus souvent
de 15-16 ans, ont été démobilisés de l’ALPS
avec l’aide de l’UNICEF. Les autorités locales ont financé
pour eux la construction de 60 écoles qui ont été
équipées par l’UNICEF. L’organisation souligne que les enfants
s’engageaient fréquemment pour être nourris (AFP)..
- Dix-huit personnes ont été arrêtées
à Juba après qu’on les ait entendu parler de la
force de l’ALPS. Le gouverneur a protesté contre l’arrestation pendant
les pourparlers de paix, semble-t-il sans effet. (DPA).
- Vingt neuf Soudanais ont été libérés
« d’abduction tribale »[esclavage](AP). Le nombre des esclaves
est généralement estimé à 14 000 aussi le rythme
des libérations semble lent. Le CEAWC, comité pour l’éradication
des femmes et des enfants (gouvernemental) se plaint de manque d’argent
, n’ayant reçu que $ 106 000 depuis janvier (Reuters). Le coût
par personne libérée nous paraît élevé.
Le responsable de la commission internationale chargée de
superviser l’accord entre le gouvernement soudanais et l’ALPS signé
en mars concernant la protection des civils dans les zones de guerre,
est arrivé à Khartoum le 11 juillet. Il s’agit de Herbert
Lloyd, un général américain à la retraite.
Son équipe doit comprendre 20 personnes, anciens militaires venus
des Etats-Unis, du Canada, de Grande-Bretagne, d’Europe continentale [sic],
et de Scandinavie. Une moitié de ce groupe doit être basée
à Khartoum, et l’autre à Rumbeck, ville contrôlée
par l’ALPS (AP). Le général Lloyd soumettra des rapports
réguliers à l’ambassade des Etats-Unis et à d’
« autres » ambassades (sic). Nous ignorons si tel a été
le cas, mais dans aucune des très nombreuses occasions où
les forces gouvernementales ont été accusées d’avoir
commis de graves violations des lois de la guerre qu’elles ont niées
il n’y a eu de commentaire public de cette commission.
*****
- Les membres de l’ONG la Société Civile Soudanaise,
disséminés en région ALPS, ont témoigné
que, autour de Gogrial, Twic et Tonj, Bahr el Ghazal au moins 350000
personnes déplacées sont arrivées de Mankien
en zone pétrolière à la suite de la politique
gouvernementale de terre brûlée qui utilise hélicoptères
bombardements aériens et miliciens arabes à cheval. La dernière
de ces attaques est survenue du 26 au 28 juillet, après la signature
du protocole de Machakos, tuant environ 1500 civils innocents dont
les corps couvrent le sol entre Wangkai et Tam, Haut Nil Ouest. Au cours
de la même attaque environ 400 personnes furent kidnappées
et 8000 têtes de bétail pillées. Norvegian People’s
Aid, John Prendergast, ancien membre du Conseil de Sécurité
américain, confirment l’attaque, classifiée néanmoins
« non vérifiée » (DPA).
Les membres de la Société Civile Soudanaise ont aussi
vu des hélicoptères de combat nouvellement arrivés
au Bahr el Ghazal (nouvelle confirmée par des officiers de sécurité
des Nations-Unies affectés à l’aide humanitaire). L’association
craint que la politique de la terre brûlée ne s’étende
au Bahr el Ghazal.
- Un employé kenyan de l’ONG World vision a été
tué, et trois autres enlevés lors de l’ attaque à
Waat (AFP 30 07) par le South Sudan Liberation Movement (SSLM), une milice
gouvernementale [La région de Waat étant contrôlée
par l’ALPS]. Des négociateurs des Nations-Unies se sont rendus à
Yuai pour obtenir leur libération. A leur arrivée un Antonov
gouvernemental bombarda la cité et les miliciens s’enfuirent avec
leurs prisonniers. Plus tard, le gouvernement soudanais envoya aussi des
négociateurs. (AFP). Finalement les captifs furent relâchés
épuisés après avoir marché des heures (AFP).
Le SSLM aurait fait du chantage pour obtenir de l’aide destinée
aux civils et demandaient une lourde rançon. Cette attaque a eu
lieu peu après la signature du protocole de Machakos, que Khartoum
fit suivre d’une autre signature avec sa milice SSLM, ce que ses adversaires
politiques jugent un manque total de bonne foi.
- A la suite du rapport de la Coalition ECOS à laquelle Vigilance
Soudan appartient, le pétrolier autrichien OMV qui
avait suspendu ses opérations au Soudan en janvier, a nommé
une commission « d’experts indépendants » pour étudier
la situation des Droits de l’homme en zone pétrolière. «
Après quoi nous verrons ce que nous ferons... les droits de l’homme
sont très importants pour nous » (Reuter).
- En effet grâce aux associations de droits de l’homme, les sociétés
doivent devenir plus prudentes. La société pétrolière
américaine Unocal Corp. sera jugée en septembre par
une Cour Californienne. Le juge a décidé que Unilocal peut
être responsable pour les actions militaires alléguées
à Myanmar [Burma]. Les villageois prétendent que l’armée
les a forcés à quitter leurs maisons et à travailler
pour un oléoduc, violant femmes et jeunes filles, torturant les
récalcitrants et les faibles. Selon l’avocat des plaignants : «
Si vous faites des affaires avec le diable, vous devez payer pour ses crimes
».
- Talisman envisage de vendre ses actifs au Soudan à
une société indienne pour arrêter la campagne contre
lui. Les avancées de la paix lui feront peut-être changer
d’avis.
- L’ALPS a mis en garde l’Inde contre l’achat des actifs de Talisman
au Soudan (IPS).
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On déplore de nombreux morts et blessés après une
série de bombardements.
- Dans le Bahr-el Ghazal,
. à Malwalkon [alias Malual-Kan], bombardement de l’enclos
de MSF, confirmé par l’UNICEF. (AFP, Reuter).
- En Equatoria Orientale,
. à Ikotos, , deux bombardements de la résidence
de l’évêque la détruisant ainsi que de nombreux bâtiments
de l’Eglise (SCBRC 27 06/ 13 07).Là aussi raid de la LRA !
. à Isoke, 2 bombardements près d’ une mission qui abrite
des écoles primaire et secondaire. (Catholic Diocese of Torit 26
06/ 12 08). Un troisième bombardement a atteint l’école.
. à Kapoeta, récemment prise par l’ALPS, bombardement
le 1er juillet tuant 5 civils et blessant 7, selon des autorités
de l’Eglise et l’ALPS. Le porte-parole de l’armée soudanaise a déclaré
qu’il ne pouvait y avoir de victimes puisqu’il n’y avait personne à
Kapoeta (AFP). Comment le sait-il?
. à Hiyala, gros village voisin, un bombardement le même
jour détruit totalement un certain nombre de huttes. On ignore le
nombre de tués et de blessés (Diocèse de Torit, 19
août).
On signale d’autres bombardements non confirmés par des sources
extérieures.
. dans Jonglei, 2 bombardements ainsi que dans le Haut-Nil Est.
HUMANITAIRE
Un million sept cent mille personnes sont en grand besoin d’aide
d’urgence au Sud Soudan à cause de l’intensification de la politique
de terre brûlée et des combats, ainsi que l’interdiction des
vols humanitaires.
Le Secrétaire Général des Nations-Unies, Kofi
Annan en personne, vint à Khartoum pour débloquer la situation
pendant les pourparlers de paix de Machakos. Pour la livraison d’aide,
quarante endroits lui furent accordés, et dix-huit refusés
(United Nations News).
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