UA : l’Union africaine
Tout a commencé par une idée de Kaddafi qui rêvait
d’une Afrique organisée selon le modèle de l’Union européenne.
Lors de Sommets de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), cette
idée fut creusée en 1999, approuvée en 2000. Et, en
2001, le Sommet des chefs d’Etat élit Amara Essy, (Côte
d’Ivoire), dernier secrétaire général de l’OUA, avec
mission de préparer la transition et de réfléchir
aux organes à mettre en place pour la nouvelle institution.
La nouvelle entité se propose d’aller plus vite sur le chemin
de l’unité africaine. Elle est porteuse d’un programme politique,
économique et social pour l’Afrique avec, pour objectif, une politique
commune de défense, la participation populaire aux affaires de l’Union,
le droit d’intervenir directement dans un pays membre coupable de crimes
contre l’humanité, ou, à sa demande, dans un Etat membre
pour rétablir la paix et la sécurité ; toute une école
de pensée qui n’existait pas dans l’ancienne OUA.
Les principales instances sont :
– La Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement, organe
suprême de l’Union,
– La Commission, l’xécutif, dont la composition devra obéir
à une parfaite parité hommes-femmes.
– Le Conseil de paix et de sécurité qui sera composé
de 15 membres élus et non plus désignés.
S’ajouteront peu à peu : Le Conseil exécutif, composé
surtout des ministres des Affaires étrangères; la Cour de
justice ; et le Parlement panafricain dont le rôle devrait aller
croissant.
Le lancement solennel de l’Union africaine eut lieu les 8 et 9 juillet
2002 à Durban (Afrique du Sud),
Amara Essy, qui a préparé tous les documents et textes
législatifs devant régir l’UA, a été nommé
président intérimaire pour un an
NEPAD : Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique
En 1999, le président sud-africain, Thabo Mbecki, lance l’idée
de « Renaissance africaine », un projet visant à obtenir
une place plus équitable sur la scène internationale au continent
africain.
En 2000, le président Wade (Sénégal) propose le
« Plan Oméga » dont l’objectif est la création
d’un marché commun africain, via une sorte de « Plan Marshall
» pour l’Afrique, à travers le financement de grands projets
essentiellement d’infrastructures.
La fusion de ces deux propositions a donné naissance au NEPAD
*
Ce plan comporte huit secteurs prioritaires : infrastructures, éducation,
santé, agriculture, nouvelles technologies de l’information et de
la communication, environnement, énergie et accès aux marchés.
Il privilégie comme lieux d’interventions, les cinq grands ensembles
politiques et économiques déjà existants : Afrique
du Nord, de l’Ouest, de l’Est, Centrale et Australe, ainsi l’extension
du réseau ferré en Afrique de l’Ouest, la réalisation
du gazoduc devant relier l’Algérie et le Nigeria, ou le projet d’exportation
d’électricité à partir du barrage d’Inga en RD Congo.
Il s’appuie avant tout sur l’investissement privé pour ses besoins
de financement et attend des pays du Nord, en particulier du G8, une aide
pour créer les conditions d’attrait pour la venue des capitaux.
Les chefs d’Etat s’engagent à prendre des mesures pour favoriser
la paix, la sécurité, la démocratie et la bonne gouvernance.
Réaction des Pays du Nord
LE NEPAD a été bien reçu par l’Union européenne,
les Etats-Unis, le Japon et par les Institutionnels internationaux ; il
reçoit surtout le soutien formel des membres du G7, devenu G8 en
2002.
Toutefois le NEPAD a fait l’objet de promesses plus que
d’engagements concrets et chiffrés assorties de conditions au plan
économique, et d’incitations à favoriser le libre échange
et l’ouverture des marchés.
Réactions africaines
Ce plan fait l’objet de nombreuses critiques en Afrique :
Sur le financement: Beaucoup d’économistes constatent que les
capitaux privés n’apportent pas la croissance, mais la suivent.
Il faudrait donc d’abord lancer un cycle de développement à
partir d’une aide publique bien orientée, pour espérer voir
ensuite des capitaux privés s’implanter en Afrique.
Sinon les capitaux privés obtenus iront tout naturellement
là où il y a de bonnes possibilités de faire des affaires,
c’est-à-dire dans les pays qui bénéficient déjà
d’infrastructures, où les matières premières sont
abondantes et qui offrent les conditions sociales de travail et la fiscalité
les moins contraignantes : Afrique du Sud, Nigeria, Sénégal,
Algérie, Egypte, les pays qui sont comme par hasard à l’origine
du projet !!…
En outre, le projet NEPAD repose sur un postulat : la croissance génère
d’elle-même une diminution de la pauvreté ; or cette affirmation
ne s’est jamais vérifiée en Afrique.
Beaucoup craignent que ce plan ne fasse entrer l’Afrique dans le modèle
économique néo-libéral occidental, et la transforme
en un vaste marché ouvert à tous vents…. Or le continent
ne remplit pas les conditions pour entrer dans ce libéralisme mondialisé
; il a encore besoin de mesures de protection face aux importations, de
fonds d’aide et de soutien à la production et à l’exportation,
etc, toutes pratiques contraires au libéralisme que les pays du
Nord veulent imposer aux pays du Sud.
Et puis, il y a déjà eu tellement de programmes, de promesses
pour l’Afrique ! « Et nous, disait un Africain, nous, on attend toujours
! »
D’ailleurs, et c’est sans doute le plus grave, la population africaine
dans son ensemble ne se sent pas concernée par ce Plan, parce qu’elle
n’a pas été associée à son élaboration
; d’où des réactions sceptiques et désabusées.
Ainsi Amina Traoré, ancienne ministre du Mali, : « Je suis
habitée par un sentiment de honte...Le Nepad offre l’Afrique sur
un plateau d’argent aux gagnants du néo-libéralisme »
(in L’Autre Afrique N0 11).
Il semble donc que pour les Africains, la condition de succès
serait que la population elle-même puisse se réapproprier
ce Plan et pour qu’il soit d’abord l’expression de ses propres priorités.
C’est une raison supplémentaire d’agir sans cesse pour le renforcement
de la société civile en Afrique et à Madagascar.
NEPAD et UA, quels rapports ?
En 2001 les chefs d’Etat africains ont déclaré le NEPAD
programme économique de l’Union africaine. Mais le Sommet de Durban,
cette année, a mis à jour quelques désaccords sur
les rapports qui doivent exister entre les deux institutions, des questions
qui restent à résoudre…
Georges Riffault
Foi et Justice Afrique-Europe
* NEPAD : NEw Partnership for Africa’s Development
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