| Selon l'opposition, le cessez-le-feu conclu dans les Monts Nouba avec
la médiation des USA est favorable au gouvernement de Khartoum.
A mi-chemin du cessez-le-feu d'une durée de six mois conclu sous
l'égide des USA dans les Monts Nouba, c'est le gouvernement de Khartoum
qui semble en être le premier bénéficiaire, plutôt
que l’Armée de Libération du Peuple Soudanais. L'accord prévoyait
le contrôle des violations et la fourniture d'une assistance aux
civils vivant dans les zones sous le contrôle de l’ALPS. Rien de
tout cela ne s'est produit....
L’ALPS pense que le pacte se révèle néfaste pour
la résistance soudanaise, dans la région Nouba comme dans
le sud, surtout dans le Haut-Nil Ouest, (en anglais WUN), riche en pétrole,
où les combats se sont intensifiés.
Le cessez-le-feu permet au pétrole de circuler librement dans
les 250 km d'oléoducs sur le flanc ouest des monts Nouba, a déclaré
Abdel Aziz à Africa Confidential. Le gel du front Nouba, a-t-il
ajouté, a permis au gouvernement de déplacer 3600 hommes
(la brigade Ibrahim Shams el Din et la Liri Independent Brigade 105) des
monts vers le WUN. Selon des sources proches des services secrets américains,
le gouvernement n'a pas déplacé plus de deux cents hommes
hors des Monts, bien qu'il y ait pu y avoir un certain nombre de rotations.
Quoi qu'il en soit, les combats se sont intensifiés dans le WUN
et les régions adjacentes du Bahr el Ghazal depuis la conclusion
du cessez-le-feu dans les Monts Nouba....
Alors que l'on attend les prochaines récoltes, le soulagement
né de l'apaisement des combats tourne à l'angoisse en raison
de l'épuisement des stocks de nourriture et de l'absence de nouvelles
semences. L'inefficacité récurrente d'OLS (critiquée
par Danforth) n'explique pas tout. Selon les responsables de l’ALPS, les
agences d'OLS affirment qu'elles ne feront aucune livraison dans les zones
sous contrôle rebelle tant que la commission militaire conjointe
constituée dans le cadre de l'accord de cessez-le-feu n’aura pas
commencé à fonctionner. Cette commission est censée
déployer 52 observateurs pour superviser le cessez-le-feu et la
délivrance des secours. Ils ne sont toujours pas là et selon
nos informations, il y aurait des difficultés pour trouver les observateurs
internationaux et les financements. Les 15 premiers sont arrivés
dans les Monts à la mi-avril sans vivres ni véhicule, et
il n'y a pas eu accord sur le lieu de leur QG avant la fin avril. Pour
leur première semaine à Kauda, tenu par l'opposition, les
observateurs ont dû s'en remettre à l’ALPS pour trouver des
lits, des vivres et même du carburant d'avion. Il ont supervisé
les vols vers l'intérieur mais il n'y a pas eu de surveillance correspondante
dans les zones sous contrôle gouvernemental.
Le patron de la commission, le général norvégien
Jan Erik Wilhelmsen, nous a déclaré que les retards étaient
inévitables compte tenu des problèmes logistiques dans la
région. L'un des trois représentants de l’ALPS à la
commission, Walid Hamed, a accusé Khartoum de "barrer la route par
tous les moyens possibles" à la commission. Il a ajouté que
les véhicules des observateurs étaient retenus à Port
Sudan depuis plus d'un mois malgré la promesse du gouvernement qu'il
ferait tout ce qui était en son pouvoir pour faciliter le travail
de la commission. Un responsable américain a déclaré
que les retards étaient essentiellement de nature logistique mais
des sources proches de la commission ont indiqué que les observateurs,
principalement des militaires ou d'anciens militaires de diverses nationalités
occidentales, étaient confrontés au dur apprentissage des
réalités soudanaises....Comme elle n'est pas opérationnelle,
la commission n'a pu contrôler les activités gouvernementales
dans les monts Nouba. Les retards occidentaux ont de nouveau permis à
Khartoum de gagner un temps précieux et se donner une marge de manoeuvre.
Africa Confidential, édition française
du 20 mai 2002
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