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Numéro 112 - mai - juin 2002
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PETROLE ET ECONOMIE
Ils n’ont pas assez menti
| La reprise de l’aide économique au Soudan, européenne
et bilatérale française, avait soulevé une levée
de boucliers chez les ONG. L’Europe et la France ont déclaré
que, selon l’accord de Cotonou, cette aide ne serait accordée qu’à
mesure des progrès du dialogue soudano-européen. Ce dialogue
concerne les améliorations à apporter en matière de
droits de l’homme, de démocratie et de paix intérieure.
Le ministre soudanais de la coopération internationale a déclaré le 5 juin à l’Assemblée Nationale que le retard de l’aide économique européenne était la responsabilité du ministre des Affaires Etrangères qui ne faisait pas avancer le dialogue (Khartoum Monitor 06 06 02). En d’autres termes, il n’a pas été assez adroit pour faire croire à l’Europe que le Soudan était démocratique et en paix. Pourtant nous pouvons lui rendre cet hommage, lorsque nous faisons part à des officiels européens de nos inquiétudes sur la situation au Soudan, il nous est souvent répondu: « Le ministre des Affaires Etrangères nous a affirmé que tout cela était faux, (ou alternativement) que le gouvernement mettait tout en oeuvre pour arrêter ces faits regrettables ». Ghazi Salah el Din, le conseiller de Béchir pour les questions de paix voulait venir à Bruxelles enfoncer le clou début juin, son voyage a été annulé par Bruxelles sa position semblant moins assurée (LOI 01 01 02). Puis le Ministre du Pétrole est venu à Paris, probablement pour faire changer d’avis Total après qu’il ait déclaré qu’il n’explorerait ni n’exploiterait sa concession tant que la guerre civile ne serait pas finie. Il en a profité pour soutenir la propagande de son collègue des Affaires Etrangères lors d’une conférence de presse organisée par le centre de la presse étrangère, branche arabe, le 14 juin : « Les gens des régions pétrolières sont très heureux ; ils ont du travail, des écoles, des dispensaires ». * - Le financier américain George Soros a appelé les pays du G7 à imposer aux grands groupes pétroliers et miniers opérant dans le Tiers Monde de publier le montant de leurs versements aux gouvernements de chaque pays». Le secret encourage les élites au pouvoir à mal gérer et détourner l’argent » Le Soudan est parmi les pays que le financier voudrait voir concernés par cette mesure (AFP 13 06). - Le M/ALPS va bientôt lancer une nouvelle monnaie, la nouvelle
livre soudanaise, à être utilisée dans les territoires
qu’il contrôle, et dont la taille dépasse celle de l’Ouganda.
La monnaie sera émise par une nouvelle banque, la Nile Commercial
Bank, qui sera dirigée par une société privée
qui s’est enregistrée au Kenya en février dernier. Le siège
social de la banque sera à Yambio en Equatoria occidentale, près
de la frontière du Congo. Le capital de la banque est d’un million
de dollars Cette décision n’est pas motivée par des vues
séparatistes mais par le seul désir que les gens puissent
avoir une monnaie, et pas seulement d’anciens billets soudanais en livre
qui n’ont plus cours à Khartoum, et des billets étrangers.
On n’a encore appris ni le taux de change, ni si la nouvelle monnaie serait
convertible. A Khartoum la monnaie est maintenant le dinar dont la valeur
officielle est 256 dinars soudanais pour un dollar (Al-Hayat, AFP 25 mai).
Un dinar égale 10 anciennes livres soudanaises.
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