Les Nations-Unies et les ONG estiment qu’entre 150 000 et 300
000 personnes ont été déplacées dans le seul
Haut-Nil Ouest pendant cette période. Aussi est-il évident
que la liste de noms donnée ci-dessous est fort incomplète.
Les rapports sur le Haut-Nil sont loin de couvrir toute la région.
Dans beaucoup de cas il a été impossible d’établir
la date exacte des évènements d’après les témoignages
des personnes interviewées.
42 Villages détruits par les forces gouvernementales
21 dans le Haut-Nil Ouest de janvier à avril 2002
Boitong (mi-février; enlèvements de civils, 6 enfants
tués entre 2 et 11 ans, 6 enfants disparus entre 2 et 9 ans), Chan
(près de Wangrial, février), Chotchiir (près de Nhialdiu,
février), Chuor (près de Nhialdiu, 7 mars), Jikany
(près de Nimne, 9 février ), Koach (près de Duar,
17 février), Kurchala (près de Nhialdiu, 7 mars), Kwei (27
février), Leer (janvier), Mankien (25/27 [?] janvier), Moak (près
de Kuai, 9 février), Ngaryang (près de Nhialdiu, fin février
ou début mars), Ngop (février), Nhialdiu (23 février),
Riar (25 janvier, 27 petites filles, âgées de 10 à
14 ans tuées par des soldats gouvernementaux), Tongdol (près
de Nhialdiu, 7 mars), Tuoch Luak (près de Nhialdiu, 7 mars), Wak
(près de Ngop, février), Wangrial (ouest de Nhialdiu, février),
Wichoot (nord de Nhialdiu, mi-février; les survivants s’enfuirent
à Toic Gambal où ils furent attaqués par un hélicoptère
et pillés par une milice gouvernementale).
A Bentiu, ville gouvernementale, 100 garçons ont été
tués en févier 2002.
A Nimne, le 9 février, à leur retour d’une conférence
de paix, 3 pasteurs auraient été exécutés en
public par les forces de sécurité gouvernementale.
21 dans le Haut-Nil Nord, mi-février 2002:
A Riac, Bayaath, Bom, Catony, Doolbeer Thiang, Duweng, Ngual [?], Nyagoka,
Nyangjak, Them-Ngol, Thiangriaal, Thianyrot, Thumbeng, Tongrial, Wjaal
Nhiin, Wunbol Deng, Wunbut, Wunchok Majok, Wunheer, Wunyit, Wunyok Daau.
Tous ces villages sont au sud de Melut.
Un par l’ALPS en Equatoria Orientale le 13 mars 2002
Tuhubak (50 km à l’est de Torit) a été brûlé
par des soldats, semble-t-il après une dispute sur un vol de bétail.
L’ALPS enquête et dit que les coupables devront répondre de
leurs actes.
Interdiction d’accès aux vols humanitaires OLS
Par le gouvernement soudanais :
Interdiction à peu près constante de janvier à
avril (Beaucoup de ces endroits dans le Haut-Nil et en Equateur ont été
interdits d’accès pendant des années).
Haut-Nil: Beneshowa, Bieh, Biem, Boaw, Buoth, Duar, Ganyiel, Gumriak,
Koch, Kuey, Leer, Mankien, Nhialdiu, Nyal, Padit, Tajiel, Toy, Wicok.
Bahr el-Ghazal: Akop, Bararud, Gogrial, Mapel, Marial Bai, Nyamlel,
Rumbek (seulement du 1er au 8 avril ), Thiet, Tonj, Yirol.
Equatoria: Chukudum, Narus, et tous les lieux sis au sud de la ligne
Yei-Juba-Torit-Kapoeta.
Par l’ALPS
Wau depuis avril 2002, il semble que ce soit une mesure de représailles,
et le seul cas ayant jamais existé d’interdiction d’accès
par l’ALPS.
Le 16 mai, le gouvernement soudanais a interdit l’aide humanitaire
sur tout le territoire du Haut-Nil Ouest. Puis il a proposé que
l’aide arrive non du Kenya mais de Al-Obeid, au Nord-Soudan. Un tel arrangement
serait revu après un mois. Il est hautement improbable que l’ALPS
accepte cet arrangement qui est contraire à l’accord OLS, signé
par le gouvernement soudanais, l’ALPS et les Nations-Unies (IRIN -188).
Finalement, après une interruption de plus d’un mois de l’aide,
celle destinée au Haut-Nil Ouest partira de Al Obeid (envois du
21 au 25 juin), et celle destinée au Bahr el Ghazal Nord continuera
à partir du Kenya ( AFP, 17 juin).
Suppression de preuves:
Un homme qui a survécu aux attaques gouvernementales de 2001
continue à chercher à savoir ce qu’il est advenu de sa femme
et de ses enfants. Il passe des journées à marcher près
des villages brûlés - Bal, Jukubar, Alouch, Akot, et Arieuriu,
dans le Haut Nil Ouest - dans l’espoir de rencontrer quelqu’un qui pourrait
lui donner des nouvelles. Il a remarqué que les villages semblent
tous avoir été nettoyés par les forces gouvernementales
après l’attaque. Il n’y avait pas de chargeurs vide, pas de fragments
de missiles tirés par les hélicoptères. Il est possible
que le gouvernement ne souhaite pas que l’on puisse connaître l’origine
des armes et des munitions, qu’il veuille y installer des Soudanais du
Nord ou encore qu’il craigne que des observateurs étrangers vienne
chercher les preuves d’un massacre.
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