Numéro 111 - mars - avril 2002

Opérations militaires
 

Depuis plus d’un mois, toutes les sources civiles parlent d’une recrudescence des combats en zone pétrolière après le cessez-le-feu dans les Monts Nouba. Le porte-parole des forces armées gouvernementales a annoncé qu’elles ont repris l’aéroport de Nihal Diu (OI) et qu’elles ont chassé les hors-la loi [sic] de la région de Marmar; elles accusent l’ALPS d’avoir bombardé Wau (Reuter). Selon l’ALPS, qui nie avoir bombardé Wau, on assiste à une double offensive gouvernementale. Au Bahr el-Ghazal, une force de la taille d’un régiment, partie de Wau a attaqué l’ALPS dans la région de Kuajina. D’autre part, deux régiments venus des Monts Nouba sont arrivés dans le Haut Nil Ouest, à Pariang d’où ils ont attaqué sans succès les forces ALPS. Les combats font toujours rage. L’ALPS souligne que le redéploiement des forces des Monts Nouba est interdit par l’accord de cessez-le-feu (ALPS).
Une force jointe de sécurité et de police avait fin février découvert 22 bâtons de TNT près de l’oléoduc à 500 kilomètres à l’est de Khartoum (AP).

La Lord Resistance Army (LRA)
Dirigée par Joseph Kony, rebelle ougandais, la LRA était soutenue par Khartoum en représailles au soutien de l’Ouganda à l’ALPS. Elle avait ses bases au Soudan, près de Juba et de là opérait en Ouganda du Nord, tuant et enlevant des civils dont plus de 12 000 enfants dont elle a souvent fait des tueurs: elle pillait les biens, détruisait les maisons, torturait.. Depuis 1999 les relations entre Khartoum et l’Ouganda étaient en voie d’amélioration, et le Soudan s’était engagé à tenir les rebelles à 1000 kilomètres de la frontière. La LRA avait presque arrêté ses raids ; elle les reprit le 28 février, enlevant 150 personnes, des hommes entre 15 et 25 ans. Mais entre-temps les Etats-Unis avaient inscrit la LRA dans la liste des organisations terroristes (TEA). L’armée ougandaise poursuivit les rebelles au Soudan, sur 30 kilomètres, récupérant 80 personnes.
Puis l’Ouganda a redéployé ses forces au Soudan « pour contrer une nouvelle attaque ». Khartoum et Kampala ont signé un accord le 10 mars  qui autorise l’armée ougandaise à combattre les rebelles de Kony à l’intérieur du Soudan.
De source ougandaise, si Kony a bien perdu l’important soutien du gouvernement soudanais, il a toujours celui de l’Equatoria Defence Force, une milice armée par Khartoum pour combattre l’ALPS. 
L’armée ougandaise dit avoir attaqué Kony qui dut abandonner des milliers de captifs, surtout des enfants, aujourd’hui introuvables, L’UNICEF avait prévu leur accueil et s’inquiète.

République Centrafricaine: une affaire à suivre
Lors d’une réunion, la COMESSA (Communauté des Pays Sahariens et Sahéliens) animée par la Libye, recommanda un comité de réconciliation et une force de maintien de la paix en RCA. L’OUA rejeta l’idée de l’envoi de forces. Le comité de réconciliation s’est avéré inefficace. Le Soudan et la Libye qui y ont chacun leurs propres intérêts, reparlent donc d’une force de maintien de la paix.
Pour le Soudan, le but de l’opération serait d’avoir des forces qui prendraient à revers le Bahr el Ghazal et l’Equatoria de l’Ouest, tenus dans leur plus grande partie par l’ALPS. Le Bahr el Ghazal est une menace pour les zones pétrolières qui peuvent être attaquées de l’Ouest. Se défendant à l’Ouest, l’ALPS ne pourrait attaquer à l’Est. Déjà en 1998 la décision de Khartoum d’envoyer des troupes en R.D. du Congo, n’était pas animée par un désir de protéger Kabila, mais par celui de prendre l’ALPS à revers en Equatoria de l’Ouest.
Le 16 février, 40 soldats soudanais étaient arrivés en RCA et de nombreux autres attendaient la réhabilitation d’une ancienne base française pour les suivre (Suna). Les Etats de l’OUA se sont mis d’accord pour demander au Conseil de Sécurité s’il approuverait un tel déploiement de troupes. Un avis favorable semble peu probable (Africanews).
 

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