Depuis plus d’un mois, toutes les sources civiles parlent d’une recrudescence
des combats en zone pétrolière après le cessez-le-feu
dans les Monts Nouba. Le porte-parole des forces armées gouvernementales
a annoncé qu’elles ont repris l’aéroport de Nihal Diu (OI)
et qu’elles ont chassé les hors-la loi [sic] de la région
de Marmar; elles accusent l’ALPS d’avoir bombardé Wau (Reuter).
Selon l’ALPS, qui nie avoir bombardé Wau, on assiste à une
double offensive gouvernementale. Au Bahr el-Ghazal, une force de la taille
d’un régiment, partie de Wau a attaqué l’ALPS dans la région
de Kuajina. D’autre part, deux régiments venus des Monts Nouba sont
arrivés dans le Haut Nil Ouest, à Pariang d’où ils
ont attaqué sans succès les forces ALPS. Les combats font
toujours rage. L’ALPS souligne que le redéploiement des forces des
Monts Nouba est interdit par l’accord de cessez-le-feu (ALPS).
Une force jointe de sécurité et de police avait fin février
découvert 22 bâtons de TNT près de l’oléoduc
à 500 kilomètres à l’est de Khartoum (AP).
La Lord Resistance Army (LRA)
Dirigée par Joseph Kony, rebelle ougandais, la LRA était
soutenue par Khartoum en représailles au soutien de l’Ouganda à
l’ALPS. Elle avait ses bases au Soudan, près de Juba et de là
opérait en Ouganda du Nord, tuant et enlevant des civils dont plus
de 12 000 enfants dont elle a souvent fait des tueurs: elle pillait les
biens, détruisait les maisons, torturait.. Depuis 1999 les relations
entre Khartoum et l’Ouganda étaient en voie d’amélioration,
et le Soudan s’était engagé à tenir les rebelles à
1000 kilomètres de la frontière. La LRA avait presque arrêté
ses raids ; elle les reprit le 28 février, enlevant 150 personnes,
des hommes entre 15 et 25 ans. Mais entre-temps les Etats-Unis avaient
inscrit la LRA dans la liste des organisations terroristes (TEA). L’armée
ougandaise poursuivit les rebelles au Soudan, sur 30 kilomètres,
récupérant 80 personnes.
Puis l’Ouganda a redéployé ses forces au Soudan «
pour contrer une nouvelle attaque ». Khartoum et Kampala ont signé
un accord le 10 mars qui autorise l’armée ougandaise à
combattre les rebelles de Kony à l’intérieur du Soudan.
De source ougandaise, si Kony a bien perdu l’important soutien du gouvernement
soudanais, il a toujours celui de l’Equatoria Defence Force, une milice
armée par Khartoum pour combattre l’ALPS.
L’armée ougandaise dit avoir attaqué Kony qui dut abandonner
des milliers de captifs, surtout des enfants, aujourd’hui introuvables,
L’UNICEF avait prévu leur accueil et s’inquiète.
République Centrafricaine: une affaire à suivre
Lors d’une réunion, la COMESSA (Communauté des Pays Sahariens
et Sahéliens) animée par la Libye, recommanda un comité
de réconciliation et une force de maintien de la paix en RCA. L’OUA
rejeta l’idée de l’envoi de forces. Le comité de réconciliation
s’est avéré inefficace. Le Soudan et la Libye qui y ont chacun
leurs propres intérêts, reparlent donc d’une force de maintien
de la paix.
Pour le Soudan, le but de l’opération serait d’avoir des forces
qui prendraient à revers le Bahr el Ghazal et l’Equatoria de l’Ouest,
tenus dans leur plus grande partie par l’ALPS. Le Bahr el Ghazal est une
menace pour les zones pétrolières qui peuvent être
attaquées de l’Ouest. Se défendant à l’Ouest, l’ALPS
ne pourrait attaquer à l’Est. Déjà en 1998 la décision
de Khartoum d’envoyer des troupes en R.D. du Congo, n’était pas
animée par un désir de protéger Kabila, mais par celui
de prendre l’ALPS à revers en Equatoria de l’Ouest.
Le 16 février, 40 soldats soudanais étaient arrivés
en RCA et de nombreux autres attendaient la réhabilitation d’une
ancienne base française pour les suivre (Suna). Les Etats de l’OUA
se sont mis d’accord pour demander au Conseil de Sécurité
s’il approuverait un tel déploiement de troupes. Un avis favorable
semble peu probable (Africanews).
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