Numéro 110 - janvier - février 2002

Pauvreté générale dramatique de l’immense majorité
 

Vue de Khartoum, la situation économique du pays paraît très dangereuse. Tandis que le gouvernement dépense son argent pour la guerre et pour des projets somptuaires, il ne paie pas ses fonctionnaires. D’après certaines ambassades occidentales 60% des employés et des pensionnés de l’Etat n’ont rien reçu en octobre 2001. Tandis que les amis du régime achètent les sociétés d’Etat qu’ils ne savent pas gérer avec de l’argent que l’Etat leur prête, tandis qu’ils se font construire de véritables palais, même la moyenne bourgeoisie ne peut plus avoir l’indispensable. Pour se nourrir, il ne reste souvent que trois solutions, s’engager pour le djihad, se faire stipendier par les forces de sécurité pour dénoncer famille, amis, voisins, ou le vol à main armée. Contre la dernière méthode, la seule qu’il n’approuve pas, Béchir a créé d’invraisemblables tribunaux d’urgence (lire infra Droits de l’Homme). Le bruit court à Khartoum qu’il envisage aussi de trouver un bouc émissaire en limogeant le Ministre des Finances, Hamdi. Solution qui lui a réussi avec Tourabi pour le terrorisme, mais qui semble un peu courte pour l’économie.
 
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