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Numéro 109 - décembre 2001
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CONTE DE L’AïD EL-FITR ET DE NOËL
Histoire vraie
| L’hospitalité et la générosité soudanaises
ont toujours été merveilleuses, tant au Nord qu’au Sud. Aujourd’hui,
elles s’adaptent aux malheurs du temps: des volontaires soignent les plaies
de l’âme en prenant d’énormes risques personnels. Un exemple
de cette miséricorde et de cette charité nous ont paru être
la meilleure illustration des fêtes que nous vivons.
Nous lisons ce récit dans le rapport sur la mission au Soudan de l’Assemblée Paritaire Afrique, Caraïbes, Pacifique/Union Européenne. « Depuis 1998, le Centre Amal [espoir] à Khartoum offre un soutien, des conseils et d’autres aides aux victimes d’actes de torture et s’occupe en moyenne de 32 cas de torture par mois. Ces personnes subissent des mauvais traitements et des tortures allant des insultes aux menaces de mort en passant par des privations de sommeil, des traitements à l’eau froide et aux drogues nocives, des flagellations et des chocs électriques. Ces actes sont commis par les forces de sécurité dans des centres de détention spéciaux. D’aucuns estiment que ces mauvais traitements sont induits par la formation normale du personnel de sécurité. Le Centre Amal est financé par le Comité international pour la réhabilitation des victimes de torture (IRCT) auquel l’UE a apporté une contribution. Des membres du personnel du Centre et d’autres collaborateurs, dont de nombreux médecins, ont été arrêtés et parfois torturés. Plus tôt dans l’année, Naguib Nagmel-Din et Faisal el Bagir ont été incarcérés pendant plusieurs semaines, le Centre a été fermé et son équipement informatique confisqué. Cet équipement a été restitué et le Centre rouvert la veille de la visite de la délégation ». D’autres groupes font aussi un important travail d’écoute auprès de personnes profondément traumatisées et désespérées après avoir tout perdu du fait de la guerre, famille, foyer, situation, biens, et même le sens de leur dignité après des tortures. Les volontaires qui s’en occupent sont souvent eux-mêmes dans des situations aussi difficiles, ignorant de quoi ils se nourriront le lendemain. On demandait à l’un d’eux comment, avec tous ses problèmes personnels, il pouvait trouver l’énergie de faire ce travail. «Je n’ai rien d’autre à donner, alors je me donne moi-même », répondit-il. Bételgeuse
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