Numéro 107-108 - octobre - novembre 2001

Un Lord anglais prospecte au Soudan
 

Il n’y a pas que les compagnies russes (Rosneft, Slavneft, Tatneft) qui sont passées à l’offensive dans le secteur pétrolier au Soudan. Certaines petites sociétés occidentales commencent également à y pointer leur nez. C’est ainsi que le président de la British-Arab Chamber of Commerce, Lord James Prior, s’est rendu à Khartoum cette semaine pour négocier avec les autorités soudanaises, en sa qualité de président de la British Levant Petroleum Company, l’obtention d’un permis d’exploration pétrolière dans l’Eta de Gezira au centre du pays. Grâce à cette double casquette, Lord Prior n’a pas eu de mal à rencontrer le ministre soudanais de l’Energie, Awad Aljaz, son collègue de l’Industrie Jalal Youssef Aldegair, ainsi que le président Omar al-Béchir. Une mission technique de sa compagnie pétrolière doit se rendre prochainement au Soudan afin de récolter une série d’informations sur la concession on shore qui lui a été proposée. Selon un expert pétrolier basé au Soudan, cette concession qui se trouve dans la région d’Abugota, dans l’Etat de Gezira, est une des zones pétrolières les plus riches du pays. Elle aurait des réserves estimées entre 5 et 6 millions de barils tout en ayant l’avantage d’être localisée dans une zone sûre, loin de la guerre civile et dépourvue de conflits tribaux. Cette concession avait été octroyée dans le passé à la société American Sun Oil ainsi qu’à Chevron. Cette dernière avait démarré des travaux d’exploration en 1982, mais s’était ensuite retirée du Soudan à l’éclatement de la guerre civile et avait vendu sa concession. Le gouvernement soudanais laisserait entendre à ses interlocuteurs occidentaux qu’il réserverait cette zone de concessions à des compagnies américaines ou britanniques, en échange de la normalisation des relations diplomatiques de Khartoum avec Londres et Washington. Toutefois, la compagnie de Belarussie Slavneft a déjà signé un accord pour une concession pétrolière située dans l’Etat de Gezira en avril dernier.
La Lettre de l’Océan Indien, n°970 du 3 novembre 2001 
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