En juillet il y eut quatre bombardements de civils par Antonov
dans le Bahr el Ghazal, six dans l’Equatoria, et quatre dans le Haut Nil.
Une équipe du PAM a été évacuée, et
un bâtiment de l’0pération Life Line Sudan détruit.
On compte 15 tués dont 3 enfants, et 17 blessés. En août,
il y eut deux bombardements de civils dans le Haut-Nil , et six en Equatoria,
avec 24 bombes sur un petit village -tuant entre autres 3 enfants de moins
de 6 ans-, et 6 bombes sur un camp de déplacés. On ne connaît
pas encore tous les détails. Il semble y avoir eu moins de bombardements
par Antonov en Août, mais nos sources parlent d’une recrudescence
d’attaques par hélicoptères.
Selon IRIN (réseau d’information régional des Nations
Unies) du 6 août, l’accès humanitaire aux populations frappées
du Sud Soudan a été de plus en plus refusé et Béchir
a déclaré que les groupes d’aides étrangers
encouragent la sédition (AFP) et installent la colonisation (AFP).
Selon l’UNICEF, des 3 351 enfants soldats relâchés par
l’ALPS tous sont retournés dans leur communauté d’origine,
sauf 70 venus de régions trop instables qui sont toujours dans un
camp près de Rumbek, dirigé par l’ONG Samaritan Purse
tandis que 4 000 autres attendraient encore la démobilisation. Parmi
les enfants retournés chez eux 200 des mieux éduqués
ont été formés pour être instituteurs assistants
ou travailler à la campagne de prise de conscience du sida (IRIN,
Reuters).
Au Nord
La détention de Tourabi a été à nouveau
prolongée de deux semaines (Reuters).
Six membres des forces de sécurité devaient être
jugés à partir du 20 Août par une cour criminelle
pour le meurtre d’un opposant partisan de Tourabi. Si le fait était
confirmé ce serait une première en douze ans de régime
dont le gouvernement soudanais devrait être félicité.
Nous n’en avons plus entendu parler depuis une dépêche de
l’AFP datée du 12 Août. A l’occasion de la fête de l’armée,
Béchir a gracié 22 prisonniers qui avaient été
jugés par des cours militaires. Aucune indication n’a été
donnée sur les raisons de leurs condamnations (AFP).
Béchir a demandé aux Soudanais d’avoir
plusieurs épouses pour doubler la population du pays
(Reuters).
La police a utilisé gaz lacrymogènes et matraques
pour disperser une manifestation de milliers d’étudiants qui
protestaient à Khartoum contre le doublement de leurs tarifs de
transport par bus (Reuters).
L’unique quotidien de langue anglaise, Khartoum Monitor, a été
suspendu pour trois jours sur décision du Conseil National de la
Presse (organe dépendant directement du chef de l’Etat et habilité
à suspendre les journaux, les interdire et condamner leur éditeur
à des amendes). Khartoum Monitor avait notamment publié les
déclarations d’une personnalité sudiste accusant «
les Nordistes d’avoir pillé les richesses du Sud », propos
jugés nuisibles aux relations Nord-Sud. Les journalistes Alfred
Taban, et Albino Okany respectivement directeur et rédacteur en
chef du quotidien, ont été arrêtés plusieurs
fois en 2001, et Taban n’a pas eu l’autorisation de quitter le pays pour
une rencontre internationale en Tanzanie (Reporters sans frontières).
Propagande: Le mois dernier l’UNICEF et le gouvernement soudanais
ont organisé une marche des enfants qui disent être fatigués
de la guerre de Wad Médani à Khartoum (150 kilomètres).
Les 25 000 enfants au départ abandonnèrent la marche épuisés.
A l’arrivée 32 personnes se présentèrent la plupart
étant des leaders politiques gouvernementaux qui entamèrent
la marche à Khartoum. Il furent reçu par Béchir qui
dit son amour pour les enfants et le soin qu’il a de leur santé:
« Il n’y a pas eu un cas de poliomyélite durant les trois
dernières années ». La veille même de ce discours,
UNICEF et OMS demandait aux combattants de laisser passer une équipe
médicale pour mener une investigation sur des cas de poliomyélite
dans le Haut-Nil (AfricaNews Nairobi).
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