Numéro 105-106 - août - septembre 2001

Au Sud - Esclavage
 

A la Commission des Droits de l’Homme des Nations-Unies

A nouveau, le représentant du gouvernement soudanais a affirmé aux Nations-Unies qu’il n’y avait pas d’esclavage au Soudan, mais des cas d’abductions. Il a également parlé du travail du Comité contre les abductions des femmes et des enfants, (en anglais CEAWC), établi en 1999, travail limité, dit-il, par les contraintes financières. Dans son rapport publié par le Conseil Economique et Social des Nations Unies, l’association Citoyens du Monde rappelle que le CEAWC a reçu un million d’Euros, et n’a pas encore publié de comptes vérifiés. Elle ajoute qu’entre décembre 1999 et mai 2000 le CEAWC a renvoyé chez eux 155 esclaves libérés, femmes et enfants non accompagnés, sans guide, sans nourriture et sans eau à travers des terrains minés depuis la ville d’Aweil. Seuls 22 sont arrivés à bon port, 133 ont complètement disparu. Le 10 janvier 2001 le représentant de l’UNICEF à Khartoum a annoncé que pendant les six derniers mois aucun enfant « enlevé » n’avait été remis à sa famille. De plus M. Aguer, qui représente la communauté Dinka victime des « enlèvements » auprès du CEAWC, est périodiquement arrêté et harcelé par les forces de sécurité, selon le Rapporteur Spécial des Nations-Unies pour les Droits de l’homme.
L’ONG Citoyens du Monde demande notamment que soit mise à exécution la suggestion du Haut Commissaire pour les Droits de l’Homme, à savoir le désarmement des milices; elle demande également que les responsables soient amenés devant un tribunal pour crimes de guerre, et que l’UNICEF renvoie par avion les esclaves libérés vers le terrain d’atterrissage le plus proche de chez eux.
David Littman de l’Union Mondiale pour le Judaïsme Libéral a déclaré que Christian Solidarity International a aidé à libérer 54 426 esclaves. Les femmes libérées le mois dernier ont été interviewées par des spécialistes en droits de l’homme, ajoute-t-il; elles ont témoigné: 82% ont été violées plusieurs fois par des soldats « arabes » après le raid sur leur village, 47% ont été victimes de viols de groupes, alors que  les soldats les obligeaient à marcher après la destruction de leurs villages, 16% ont été excisées. M. Littman explique que les esclaves sont capturés dans le contexte du djihad; et que le djihad comporte l’esclavage traditionnel, comme l’a expliqué l’ancien premier ministre Sadek el Mahdi dans une lettre du 24 Mars 1999 au Haut-Commissaire, lettre qui a circulé à la Commission.

A l’Institut de Recherche des Nations-Unies
pour le Développement Social

Cet Institut a émis un document intitulé « Race, discrimination, esclavage et citoyenneté », où on lit notamment, « nulle part dans les régions frontières arabo-africaines le problème de race, de classe et de citoyenneté n’a atteint un aussi haut degré de tension qu’au Soudan et en Mauritanie ». La guerre civile au Soudan a conduit à un nombre croissant de témoignages et de rapports montrant la mise en esclavage d’Africains par des Arabes, de génocide dans les Monts Nouba et de nettoyage ethnique dans le Nil Bleu ».
 
 

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